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Monoprix : une année 2025 de forte accélération, analyse
BOURSE

Monoprix : une année 2025 de forte accélération, analyse

10/06/2026 12:07 1 vue Par Moez Hadidane

Un chiffre d'affaires qui franchit le cap des 854 millions de dinars La croissance commerciale du groupe est la première bonne nouvelle de l'exercice. Les revenus consolidés atteignent 854,3 MDT en 2025, contre 754,0 MDT un an plus tôt, soit une progression de +13,3 % en un seul exercice. En y ajoutant les autres produits d'exploitation — produits des activités connexes, vente d'emballages et de déchets valorisables —, le total des produits d'exploitation s'élève à 875,9 MDT. Cette croissance est intégralement organique : le périmètre de consolidation n'a pas changé par rapport à 2024. Elle reflète à la fois l'expansion du réseau de distribution et la dynamique de consommation qui, malgré un contexte macroéconomique sous tension en Tunisie, continue de soutenir la grande distribution. La maison mère SNMVT porte à elle seule 831,3 MDT de ventes, soit 97,3 % du chiffre d'affaires consolidé. Les filiales commerciales — MONOGROS (7,1 MDT), SGS (11,8 MDT), MMT (3,6 MDT) — contribuent de façon modeste mais progressent dans l'ensemble. Une marge commerciale solide à 21,7 %, légèrement en retrait Le coût des ventes — achats de marchandises et approvisionnements consommés nets des variations de stocks — ressort à 690,2 MDT, laissant une marge commerciale brute de 164,1 MDT sur les seuls revenus, soit un taux de marge commerciale de 19,2 %. En intégrant les autres produits d'exploitation dans la base de calcul telle que présentée dans le tableau des soldes intermédiaires de gestion (875,9 MDT de produits totaux), la marge commerciale au sens du SIG s'établit à 185,7 MDT, représentant 21,2 % des produits d'exploitation totaux, contre 22,0 % en 2024. Cette légère érosion de 80 points de base traduit la difficulté à préserver intégralement les marges dans un environnement d'inflation des coûts d'achat. Elle reste cependant contenue, ce qui témoigne du pouvoir de négociation fournisseur du groupe et d'une gestion active des assortiments. Pour un distributeur généraliste de cette taille en Tunisie, maintenir un taux de marge commerciale au-dessus de 21 % dans un tel contexte n'est pas un acquis. La valeur ajoutée et l'EBE tirent vers le haut Une fois déduites les charges externes — loyers et charges locatives (13,6 MDT), entretiens (7,3 MDT), honoraires, publicité, transport sur achats, frais de télécommunication et charges diverses, pour un total de 44,1 MDT —, la valeur ajoutée brute du groupe s'élève à 141,6 MDT, en progression de +14,5 % par rapport aux 123,6 MDT de 2024. C'est un signal positif : la croissance des produits l'emporte sur la croissance des charges externes. Le poste qui pèse davantage cette année est celui des charges de personnel, qui passent de 76,1 MDT à 86,7 MDT (+13,9 %), reflétant les revalorisations salariales dans le secteur et l'élargissement des effectifs liés à l'extension du réseau. Ce poste représente désormais 10,1 % des revenus. Malgré cette pression, l'excédent brut d'exploitation (EBE) progresse à 50,6 MDT, contre 43,4 MDT en 2024, soit une hausse de +16,8 %. Le taux d'EBE s'améliore légèrement, de 5,8 % à 5,9 % des produits d'exploitation, signe que le groupe génère ses flux opérationnels avec une efficience croissante. Un résultat d'exploitation en bond de +44,8 % Les dotations aux amortissements et provisions s'inscrivent en baisse à 22,4 MDT (vs 23,9 MDT en 2024), sous l'effet de la fin d'amortissement de certains actifs incorporels et d'une politique d'investissement plus sélective. Ce phénomène mécanique amplifie la progression du résultat d'exploitation, qui s'établit à 28,2 MDT contre 19,5 MDT en 2024, soit une progression de +44,8 %. Le taux de marge opérationnelle passe ainsi de 2,5 % à 3,2 % des revenus, une amélioration structurelle significative pour un distributeur généraliste dont les marges sont par nature étroites. Un résultat net pratiquement doublé En descendant dans le compte de résultat, les charges financières nettes reculent de 9,1 MDT à 7,9 MDT, reflet du désendettement bancaire court terme opéré sur l'exercice. Les produits financiers progressent à 2,9 MDT (vs 2,5 MDT), portés par les revenus de placements et les produits des comptes courants bancaires. En revanche, les autres pertes ordinaires nettes se dégradent sensiblement, passant de 0,9 MDT à 2,9 MDT, sans que les notes annexes n'apportent d'explication détaillée sur cette évolution — un point à surveiller. Au final, le résultat des activités ordinaires avant impôts atteint 20,3 MDT (+69,7 %). Après impôt sur les bénéfices (4,4 MDT), contribution sociale de solidarité (0,6 MDT) et effet légèrement négatif de l'impôt différé, le résultat net consolidé s'établit à 15,3 MDT. La part revenant au groupe ressort à 14,0 MDT, contre 6,9 MDT en 2024 — soit une progression de +104 %. La marge nette consolidée passe de 0,9 % à 1,6 % des revenus, un niveau qui reste modeste en valeur absolue mais dont la dynamique est indéniable. Trésorerie : un retournement spectaculaire Le tableau des flux de trésorerie est sans doute l’élément le plus éloquent de cet exercice. Les flux opérationnels atteignent 72,7 MDT — contre seulement 27,8 MDT en 2024 —, portés par un fort encaissement client (935,8 MDT) et une maîtrise relative des décaissements fournisseurs et de personnel. C'est la démonstration que la rentabilité opérationnelle se traduit désormais en cash réel. Après les flux d'investissement (-25,7 MDT, dont -19,6 MDT d'acquisitions d'immobilisations) et les flux de financement (-8,7 MDT, solde net de remboursements et de nouveaux tirages d'emprunts), la variation de trésorerie positive de +38,3 MDT porte la trésorerie nette de clôture à +33,0 MDT, contre -5,4 MDT fin 2024. Ce retournement de près de 38 MDT en un seul exercice constitue le signal le plus fort de l'amélioration de la santé financière du groupe. Endettement : désendettement marqué, rééquilibrage structurel La lecture du bilan révèle un rééquilibrage important de la structure de financement. Les emprunts bancaires à long terme progressent de 37,3 MDT à 44,6 MDT, traduisant le recours à un financement long plus adapté aux cycles d'investissement du groupe. En contrepartie, les concours bancaires et passifs financiers courants chutent de 64,7 MDT à 39,3 MDT (-25,4 MDT), grâce notamment au remboursement quasi-intégral des concours bancaires court terme (de 29,7 MDT à 0,6 MDT). La dette financière nette — emprunts court et long terme diminués de la trésorerie — passe ainsi de 77,2 MDT à 35,4 MDT, soit un allègement de plus de 40 MDT en un an. Le ratio dette nette sur EBE s'améliore de 1,8x à 0,7x, plaçant le groupe dans une zone de confort financier qu'il n'avait sans doute pas connue depuis plusieurs exercices. Une rentabilité financière qui retrouve de l'éclat Le ROE — retour sur capitaux propres part du groupe — calculé en rapportant le résultat net part du groupe (14,04 MDT) aux capitaux propres moyens consolidés, ressort à 26,7 %, contre environ 15 % en 2024. Ce niveau est remarquable pour un distributeur généraliste tunisien, même s'il convient de le nuancer : il est en partie amplifié par l'effet de levier financier, les capitaux propres restant relativement modestes (59,6 MDT) face à un bilan total de 418,6 MDT. Ce que ces résultats révèlent — et ce qu'ils laissent en suspens L'exercice 2025 confirme que SNMVT-Monoprix a franchi un palier. La croissance est soutenue, les marges s'améliorent progressivement, le cash opérationnel est au rendez-vous et l'endettement se résorbe. Ce sont les quatre conditions nécessaires à une trajectoire financière saine, et le groupe les réunit simultanément pour la première fois depuis plusieurs années. Plusieurs points méritent néanmoins d'être suivis de près. La masse salariale croît au même rythme que le chiffre d'affaires, ce qui limitera mécaniquement les gains de marge si la dynamique commerciale venait à ralentir. Le gonflement spectaculaire des effets à payer fournisseurs — de 58,0 MDT à 89,9 MDT — soulève des questions sur l'allongement éventuel des délais de règlement, un indicateur de tension sur le besoin en fonds de roulement à surveiller. La dégradation des autres pertes ordinaires (de 1,4 MDT à 3,8 MDT) reste inexpliquée dans les notes annexes. Enfin, les commissaires aux comptes relèvent une irrégularité formelle persistante : la filiale MONOGROS détient 1,49 % du capital de la société mère SNMVT, en contravention avec l'article 466 du Code des sociétés commerciales — une situation que la gouvernance du groupe devra régulariser. L'assemblée générale ordinaire, convoquée pour le 17 juin 2026, disposera d'une image financière consolidée en nette amélioration. Elle devra aussi tracer les contours de la prochaine étape de développement d'un groupe qui, au-delà de la grande distribution alimentaire, porte des actifs immobiliers, agroalimentaires et logistiques dont la valorisation consolidée reste à optimiser.  

Groupe TELNET Holding — Exercice 2025 : une dynamique commerciale solide portée par l'export
BOURSE

Groupe TELNET Holding — Exercice 2025 : une dynamique commerciale solide portée par l'export

09/06/2026 19:43 127 vues Par Moez Hadidane

Le groupe TELNET Holding publie ses états financiers consolidés arrêtés au 31 décembre 2025. L'exercice se distingue par une progression remarquable du chiffre d'affaires, une trésorerie saine et un bilan sans endettement significatif, confirmant la solidité du modèle économique du groupe malgré un contexte de montée en charge des coûts liée à l'expansion de ses activités. L’exercice 2024 avait bénéficié d'éléments exceptionnels importants, notamment une reprise sur provisions de 10,65 MDT (enregistrée en autres gains ordinaires) qui avait artificiellement gonflé le résultat, en contrepartie d'une pénalité douanière de 7,40 MDT. Retraités de ces effets, les performances 2025 reflètent une rentabilité nette sous-jacente plus stable. Un chiffre d'affaires en forte croissance : +16,9 % Le groupe enregistre des revenus consolidés de 80,53 millions de dinars (MDT) au 31 décembre 2025, en progression de +16,9 % par rapport aux 68,91 MDT de 2024. Cette performance, portée à 93,7 % par l'activité export (75,47 MDT), confirme le rayonnement international du groupe comme principal levier de croissance. Le chiffre d'affaires local contribue pour 5,06 MDT, en bond de +77,6 % sur un an, signe d'une dynamique locale également en réveil. Le total des produits d'exploitation s'établit à 81,39 MDT (+17,4 %), intégrant une production immobilisée de 0,37 MDT au titre des investissements de développement internalisés. L'EBE sous pression, reflet d'un investissement massif dans le capital humain L'excédent brut d'exploitation (EBE) s'établit à 12,06 MDT, en retrait par rapport aux 13,80 MDT de 2024. Cette évolution s'explique principalement par la forte progression de la masse salariale, qui atteint 52,19 MDT contre 45,33 MDT en 2024 (+15,1 %), représentant 73,1 % des charges d'exploitation. Loin d'être un signal d'alerte, cette dynamique traduit un choix stratégique assumé : le groupe a significativement renforcé ses équipes pour accompagner sa croissance commerciale, notamment à l'international. Dans un modèle de services à forte intensité humaine, la masse salariale constitue avant tout un investissement productif, directement corrélé à la capacité de génération de revenus futurs. Un résultat d'exploitation résilient à 10,01 MDT Après dotations aux amortissements et aux provisions (2,04 MDT), le résultat d'exploitation s'établit à 10,01 MDT, dans la continuité des 10,72 MDT de 2024. La marge opérationnelle reste solide à 12,4 % des revenus, un niveau tout à fait honorable pour un groupe de services technologiques en phase d'expansion internationale. Cette résilience démontre la capacité du groupe à absorber la montée en charge de ses coûts tout en préservant un niveau de profitabilité opérationnelle consistant. Un résultat net part du groupe de 8,43 MDT, à lire au-delà des effets de base Le résultat net de l'ensemble consolidé s'établit à 9,07 MDT, dont 8,43 MDT revenant à la part du groupe après déduction de la quote-part des minoritaires (0,65 MDT). Ce résultat part du groupe, malgré qu'il affiche une baisse de 11,7 %, s'inscrit dans la continuité de la performance structurelle du groupe, dans un contexte de normalisation des éléments non récurrents. En effet, l'exercice 2024 avait bénéficié d'une reprise sur provisions exceptionnelle de 10,65 MDT, sans équivalent en 2025 — ce qui rend la comparaison brute peu pertinente. À périmètre normatif, la rentabilité nette sous-jacente du groupe reste parfaitement stable. La quote-part dans le résultat des sociétés mises en équivalence contribue positivement à hauteur de 0,99 MDT, portée par ATC (0,57 MDT) et TITAN France (0,42 MDT), deux participations stratégiques dont la valorisation progresse. La charge fiscale se réduit à 2,26 MDT (contre 3,17 MDT en 2024), pour un taux effectif d'impôt de 19,9 %, reflétant une gestion fiscale efficiente. Un bilan sans endettement et des capitaux propres en progression La structure financière du groupe demeure exemplaire. L'endettement financier est quasi inexistant : les emprunts non courants se limitent à 0,31 MDT et les concours bancaires à 0,28 MDT, soit une dette financière totale inférieure à 0,6 MDT pour un groupe dont les capitaux propres consolidés (part du groupe) progressent de 29,69 MDT à 31,84 MDT avant affectation. Ce niveau de désendettement confère au groupe une capacité de financement intacte pour accompagner ses ambitions de développement, notamment à l'international et dans les activités spatiales. Une trésorerie abondante malgré un effort de distribution significatif Les liquidités et équivalents de liquidités s'établissent à 17,62 MDT au 31 décembre 2025. La légère contraction par rapport aux 19,18 MDT de 2024 (-1,56 MDT) s'explique intégralement par un effort de distribution aux actionnaires : 5,32 MDT de dividendes ont été versés en 2025, dont 4,25 MDT aux actionnaires de TELNET Holding, contre seulement 3,26 MDT en 2024 — signal fort d'une politique de retour à l'actionnaire en nette accélération. Les flux opérationnels restent solides à +5,62 MDT (contre +4,84 MDT en 2024), confirmant la robustesse du cycle d'exploitation. Les investissements nets s'élèvent à 1,60 MDT, orientés vers le développement nanosatellite, le renouvellement informatique et l'accompagnement des nouvelles filiales. Le groupe conserve ainsi une trésorerie nette confortable, gage de sérénité pour financer ses projets de croissance organique. Perspectives L'exercice 2025 conforte la trajectoire de TELNET Holding comme acteur technologique régional de référence, combinant une croissance commerciale soutenue, un bilan solide et une politique de distribution généreuse. La montée en puissance de TELNET MENA, TELNET SMART et des activités spatiales (TELNET SPACE), conjuguée à la première démarche ESG formalisée conformément aux recommandations du Conseil du Marché Financier, dessine les contours d'un groupe en pleine maturité stratégique, bien positionné pour franchir un nouveau cap de développement en 2026.

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