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STA : la circulaire de la BCT conduit au placement de 52,5 millions de dinars en couverture des lettres de crédit
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STA : la circulaire de la BCT conduit au placement de 52,5 millions de dinars en couverture des lettres de crédit

28/08/2026 12:36 100 vues Par Moez Hadidane

Au 30 juin 2026, les états financiers de la Société Tunisienne d’Automobiles (STA_P/E 2026e : 15,1x) font apparaître un poste entièrement nouveau : 52,52 millions de dinars de fonds bloqués en couverture de lettres de crédit. Comptabilisée parmi les placements à court terme et autres actifs financiers, cette somme était inexistante au 31 décembre 2025. Cette évolution ne traduit ni un placement financier classique ni une perte de trésorerie. Elle constitue l’une des premières manifestations comptables de la circulaire de la Banque centrale de Tunisie n° 2026-04 du 26 mars 2026, qui modifie les conditions de financement de certaines importations, dont celles des véhicules de tourisme. Lire notre article : “STA : la croissance de l’activité améliore les marges, tandis que le financement des importations recompose le bilan”   Une nouvelle condition imposée aux importateurs La circulaire concerne le financement des importations de produits considérés comme non prioritaires. Son annexe vise expressément les voitures de tourisme et les autres véhicules automobiles principalement conçus pour le transport de personnes. Le texte ne supprime pas formellement les concours financiers accordés aux importateurs. Il impose toutefois une condition préalable particulièrement contraignante : les banques ne peuvent mettre ces concours à la disposition de leurs clients que si les importateurs constituent des dépôts couvrant la totalité de la valeur des importations envisagées. L’obligation s’applique indépendamment du mode de règlement utilisé. Elle couvre notamment les crédits documentaires, les remises documentaires, les virements bancaires et les traites, ainsi que les crédits, les avances et les garanties bancaires. Concrètement, pour obtenir l’ouverture d’une lettre de crédit ou une garantie bancaire relative à l’importation de véhicules de tourisme, l’importateur doit préalablement déposer auprès de sa banque l’équivalent en numéraire de la totalité de l’opération. Des « fonds propres » qui ne correspondent pas aux capitaux propres comptables L’expression « sur leurs fonds propres », employée par la circulaire, peut prêter à confusion. Elle ne signifie pas que l’importateur doit augmenter son capital social ou mobiliser exclusivement ses réserves et ses bénéfices accumulés. L’article 2 définit les fonds propres, pour l’application de cette réglementation, comme les fonds déposés en numéraire par l’importateur auprès de l’intermédiaire agréé. Il s’agit donc d’une exigence de couverture monétaire préalable. La banque doit constater que l’importateur a effectivement mis à sa disposition les fonds nécessaires avant de lui accorder le concours financier ou la garantie sollicitée. Il est par conséquent normal de ne pas retrouver une augmentation de 52,52 millions de dinars dans les capitaux propres comptables de STA. Entre le 31 décembre 2025 et le 30 juin 2026, les capitaux propres de la société sont passés de 36,92 à 43,12 millions de dinars, soit une progression de 6,20 millions correspondant au résultat net du semestre. Il n’y a eu ni augmentation du capital ni apport nouveau des actionnaires. Un transfert de trésorerie à l’intérieur de l’actif Le blocage des fonds ne crée pas automatiquement une dette nouvelle au passif. Sur le plan comptable, STA transforme une trésorerie libre en une trésorerie affectée. Avant leur affectation, les sommes sont disponibles sur les comptes bancaires de la société. Lorsqu’elles sont déposées en couverture des lettres de crédit, elles quittent les comptes de trésorerie libre pour être enregistrées parmi les placements à court terme et autres actifs financiers. Les fonds restent la propriété de STA et demeurent inscrits à son actif. Ils sont toutefois affectés à la couverture des opérations d’importation correspondantes et ne peuvent pas être utilisés simultanément pour d’autres dépenses tant que l’engagement bancaire subsiste. Cette opération ne nécessite donc pas l’apparition d’une dette de même montant. Sa contrepartie comptable immédiate se trouve dans le mouvement entre deux rubriques de l’actif : une diminution des liquidités et une augmentation équivalente des fonds affectés. Le tableau des flux de trésorerie de STA confirme cette lecture. Il isole une sortie de 52,52 millions de dinars intitulée « Variation blocage de fonds en couverture des LC ». Cette présentation ne signifie pas que les fonds ont disparu du patrimoine de la société. Elle traduit leur reclassement hors des liquidités et équivalents de liquidités. D’où viennent alors les 52,52 millions de dinars ? La réponse ne se trouve pas dans une seule ligne du passif. Les fonds proviennent de la trésorerie globale constituée par STA à travers son activité, le crédit accordé par ses fournisseurs, les avances de ses clients et ses différentes opérations de financement. Avant la constitution des dépôts, l’exploitation avait généré 47,39 millions de dinars de trésorerie. Ce montant ne correspond pas uniquement au bénéfice réalisé. Il résulte surtout de l’évolution du besoin en fonds de roulement. La principale ressource provient des fournisseurs et comptes rattachés. Leur montant est passé de 46,30 millions de dinars au 31 décembre 2025 à 87,51 millions au 30 juin 2026, procurant à STA une ressource supplémentaire de 41,21 millions de dinars. Cette progression est presque entièrement imputable aux fournisseurs étrangers, dont les créances sur STA sont passées de 45,59 à 85,96 millions de dinars. Leur augmentation atteint ainsi 40,37 millions de dinars. STA a donc bénéficié d’une forte progression du crédit commercial accordé par ses fournisseurs étrangers. Les véhicules et autres produits importés peuvent être comptabilisés dans les stocks ou en stock sous douane alors qu’une partie importante de leur prix demeure due aux fournisseurs. Tant que ces dettes ne sont pas réglées, elles constituent une ressource de trésorerie pour la société. Les avances et acomptes reçus des clients ont également progressé de 0,56 à 5,87 millions de dinars, apportant 5,31 millions de dinars supplémentaires. La réduction des créances clients a, de son côté, libéré 4,89 millions de dinars. Ces ressources ont toutefois été partiellement absorbées par l’augmentation des stocks, qui a consommé 13,29 millions de dinars au cours du semestre. Près de 16 millions de dinars de financements nets supplémentaires Les opérations de financement ont également contribué à la constitution de la trésorerie nécessaire. Entre janvier et juin 2026, STA a encaissé 33,74 millions de dinars de financements à court et moyen terme et en a remboursé 17,84 millions. Le financement net reçu atteint ainsi 15,90 millions de dinars. Cette évolution se retrouve dans les autres passifs financiers, passés de 11,76 millions de dinars au 31 décembre 2025 à 27,68 millions au 30 juin 2026. À la clôture du semestre, ce poste comprend notamment 11,45 millions de dinars de financements de lettres de crédit, 10 millions de dinars de billets de trésorerie et 6,17 millions de dinars de crédits d’exploitation. La présence de 11,45 millions de dinars de financements de lettres de crédit ne suffit pas à conclure à une contradiction avec la circulaire. Celle-ci ne prohibe pas les crédits documentaires : elle subordonne leur octroi à la constitution préalable d’un dépôt couvrant la totalité de la valeur de l’importation. La circulaire exclut également de son champ certaines opérations, notamment celles ayant fait l’objet d’engagements bancaires antérieurs à son entrée en vigueur et dont l’exécution avait déjà commencé. Les états financiers ne permettent pas de distinguer la date, le produit importé et le régime réglementaire correspondant à chaque financement. Une trésorerie qui augmente malgré le transfert vers les fonds affectés STA disposait de 11,34 millions de dinars de trésorerie au début de l’exercice. Au cours du premier semestre, la société a dégagé 47,39 millions avant le blocage des fonds et reçu 15,90 millions de financements nets. Elle a parallèlement consacré 2,48 millions de dinars à ses investissements. Ces mouvements lui ont permis d’affecter 52,52 millions de dinars à la couverture des lettres de crédit tout en portant ses liquidités et équivalents de liquidités à 19,64 millions de dinars au 30 juin 2026. L’amélioration des liquidités comptabilisées au bilan est donc bien réelle : elles ont progressé de 8,29 millions de dinars par rapport au 31 décembre 2025, malgré le transfert de 52,52 millions vers les fonds affectés. Une nouvelle composition des ressources de trésorerie Au 30 juin 2026, les placements à court terme et les liquidités représentent ensemble 72,17 millions de dinars, contre 11,34 millions de dinars de liquidités au 31 décembre 2025. Sur ce total, 52,52 millions de dinars ont été transférés vers des comptes bloqués en couverture de lettres de crédit, tandis que 19,64 millions demeurent comptabilisés parmi les liquidités et équivalents de liquidités. Les intérêts courus sur les placements ne représentent que 14 mille dinars. Le blocage n’a donc pas fait disparaître ces ressources et ne constitue pas une perte de trésorerie pour STA. Il en a modifié l’affectation et la présentation comptable. Les sommes concernées restent inscrites à l’actif de la société et sont destinées à couvrir le dénouement des opérations d’importation correspondantes. Le tableau des flux de trésorerie présente néanmoins ce mouvement comme un décaissement de 52,52 millions de dinars, car les fonds transférés ne répondent plus aux critères de classement parmi les liquidités et équivalents de liquidités. Ils sont dès lors enregistrés séparément dans les placements à court terme et autres actifs financiers. En l’absence de ce transfert, et toutes choses étant égales par ailleurs, ces 52,52 millions de dinars seraient demeurés dans les comptes de liquidités. La trésorerie de clôture aurait alors atteint approximativement 72,16 millions de dinars, au lieu des 19,64 millions effectivement présentés parmi les liquidités et équivalents de liquidités. La circulaire de la Banque centrale n’a donc pas réduit le montant total des ressources monétaires détenues par STA. Elle a conduit à en affecter une partie importante à la couverture préalable des lettres de crédit nécessaires aux importations. Une situation de trésorerie financière nette positive Au 30 juin 2026, la dette financière brute de STA atteint environ 27,80 millions de dinars. Elle comprend principalement les autres passifs financiers de 27,68 millions de dinars et des emprunts non courants de 127 mille dinars. Aucun concours bancaire n’apparaît à la date de clôture. En intégrant les placements à court terme de 52,54 millions de dinars et les liquidités de 19,64 millions, STA présente une trésorerie financière nette positive d’environ 44,37 millions de dinars. Ce calcul reste cohérent avec la présentation comptable du bilan puisque les fonds placés en couverture des lettres de crédit appartiennent toujours à STA et figurent parmi ses actifs financiers. Il convient néanmoins de compléter cet indicateur par une distinction entre les liquidités non affectées et les sommes destinées à couvrir les opérations d’importation. Cette information permet d’apprécier la composition de la trésorerie sans remettre en cause le calcul principal de la dette financière nette. Une recomposition profonde du financement des importations La circulaire de la Banque centrale n’a pas seulement déplacé 52,52 millions de dinars d’une rubrique à une autre. Elle a modifié l’organisation financière du cycle d’importation de STA. Pour maintenir ses commandes et ses dispositifs de garanties bancaires, la société a dû affecter une somme représentant plus de la moitié du total de son bilan au 31 décembre 2025. Elle a pu répondre à cette exigence grâce, principalement, à la progression du crédit accordé par ses fournisseurs étrangers, aux avances reçues de ses clients, aux flux générés par son activité et à des financements supplémentaires. Le bilan au 30 juin 2026 porte ainsi la marque directe de la nouvelle réglementation : à l’actif, l’apparition de 52,52 millions de dinars de fonds placés en couverture des lettres de crédit ; au passif, une forte progression des dettes fournisseurs et des autres passifs financiers. Cette situation ne traduit pas une dégradation de la solvabilité de STA. Elle montre surtout une modification de la composition de ses ressources monétaires. La société affiche à la fois une progression de ses liquidités non affectées et la constitution d’un volume important de dépôts destinés à sécuriser ses importations. Pour les importateurs automobiles, le principal effet de la circulaire réside ainsi dans l’obligation de constituer préalablement une couverture en numéraire équivalente à la totalité des opérations concernées. Cette exigence accroît les ressources financières à mobiliser pour chaque nouvelle importation et transforme sensiblement la structure de la trésorerie et du besoin en fonds de roulement.

STA : la croissance de l’activité améliore les marges, tandis que le financement des importations recompose le bilan
BOURSE

STA : la croissance de l’activité améliore les marges, tandis que le financement des importations recompose le bilan

27/08/2026 15:48 75 vues Par Moez Hadidane

La Société Tunisienne d’Automobiles (STA_P/E 2026e : 15,1x) a clôturé le premier semestre 2026 sur une nette progression de son activité et de ses résultats. L’amélioration des marges et la forte baisse des charges financières ont soutenu la rentabilité, tandis que le nouveau cadre de financement des importations automobiles a profondément modifié la structure du bilan et de la trésorerie. Le chiffre d’affaires progresse de 18,4 % Au 30 juin 2026, les revenus cumulés de STA ont atteint 87,1 millions de dinars, contre 73,6 millions un an auparavant, soit une progression de 18,4 %. Cette croissance intervient dans un contexte commercial favorable. Au terme du premier semestre, la marque Chery s’est positionnée au quatrième rang du marché tunisien des véhicules particuliers, avec une part de marché de 6,86 %. La société a également enrichi son offre avec le lancement de cinq modèles hybrides, quatre véhicules hybrides rechargeables et un modèle hybride non rechargeable, ainsi que son premier véhicule entièrement électrique. STA a parallèlement poursuivi le renforcement de son réseau de distribution avec l’ouverture d’un nouveau showroom à Aïn Zaghouan. Ces développements ont accompagné la croissance du chiffre d’affaires, même si les états financiers ne fournissent pas une ventilation des revenus par modèle ou par catégorie de véhicules. Les achats consommés augmentent moins rapidement que les ventes Les achats consommés se sont élevés à 74,6 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 64,5 millions au 30 juin 2025. Leur progression ressort à 15,7 %, soit un rythme inférieur à la hausse de 18,4 % du chiffre d’affaires. Les achats de véhicules, de pièces de rechange et d’autres approvisionnements ont fortement augmenté, mais leur incidence a été partiellement atténuée par l’évolution des stocks. Le stock brut est passé de 53,4 millions de dinars au 31 décembre 2025 à 66,7 millions au 30 juin 2026. Cette augmentation provient essentiellement des véhicules neufs en douane, dont la valeur a progressé de 28,5 millions de dinars. Dans le même temps, le stock de véhicules déjà disponibles a diminué de 15,1 millions, tandis que celui des pièces de rechange est resté quasiment stable. Cette évolution suggère que STA a renforcé ses approvisionnements en prévision de ses ventes futures, mais qu’une partie importante des véhicules importés se trouvait encore en douane à la clôture du semestre. La marge brute progresse de près de 38 % La marge brute a atteint 12,6 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 9,1 millions un an auparavant. Elle progresse ainsi de 37,9 %, soit plus du double du rythme de croissance du chiffre d’affaires. Le taux de marge brute s’améliore sensiblement, passant de 12,36 % à 14,40 %. STA gagne ainsi 2,04 points de marge en un an. Cette progression montre que la croissance des ventes s’est accompagnée d’une amélioration de la rentabilité commerciale. Elle peut notamment refléter une évolution plus favorable du mix de produits, une meilleure maîtrise des conditions d’approvisionnement ou une politique de prix plus avantageuse. L’EBITDA augmente de 36,1 % L’EBITDA ressort à 8,4 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 6,2 millions au 30 juin 2025, soit une hausse de 36,1 %. Cette progression a été réalisée malgré une augmentation importante des charges de personnel, qui passent de 1,2 à 2 millions de dinars, en hausse de 63,9 %. Les autres charges d’exploitation ont également progressé de 25,5 %, pour atteindre 2,1 millions de dinars. L’amélioration de la marge brute a néanmoins permis d’absorber cette hausse des coûts opérationnels. Le taux de marge sur EBITDA s’établit ainsi à 9,62 %, contre 8,37 % un an auparavant, soit un gain de 1,25 point. La marge d’exploitation atteint 9,7 % Le résultat d’exploitation s’est établi à 8,5 millions de dinars, contre 6,9 millions au premier semestre 2025. Sa progression atteint 23 %. Cette croissance est moins rapide que celle de l’EBITDA. Les autres produits d’exploitation ont reculé de 1,4 million à 986 mille dinars, tandis que les dotations aux amortissements et aux provisions ont augmenté de 34,7 %, pour atteindre 821 mille dinars. Le taux de marge sur résultat d’exploitation ressort à 9,70 % au 30 juin 2026, contre 9,26 % au 30 juin 2025, soit une amélioration de 0,43 point. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, cette marge s’était établie à 9,35 %. La performance du premier semestre 2026 dépasse donc également celle de l’exercice précédent de 0,35 point. En valeur absolue, le résultat d’exploitation réalisé sur les six premiers mois de 2026 représente déjà 52,6 % des 16,2 millions de dinars enregistrés sur l’ensemble de 2025. Les charges financières reculent fortement Les charges financières nettes ont été ramenées de 1,1 million de dinars au premier semestre 2025 à 295 mille dinars au 30 juin 2026. Elles enregistrent ainsi une baisse de 74,3 %. Cet allègement a largement contribué à l’amélioration du résultat courant. Il devra toutefois être apprécié avec prudence au cours des prochains mois, car la dette financière brute a sensiblement augmenté depuis le début de l’exercice. Une partie du coût des nouveaux financements à court terme pourrait devenir plus visible au second semestre. Les produits des placements sont, pour leur part, restés relativement stables, à 243 mille dinars contre 233 mille un an auparavant. Le résultat avant impôt progresse de 42,1 % Le résultat des activités ordinaires avant impôt a atteint 8,5 millions de dinars, contre 6 millions au 30 juin 2025. Sa progression ressort à 42,1 %, soit une performance nettement supérieure à celle du chiffre d’affaires. Cette accélération traduit à la fois l’amélioration des résultats opérationnels et la diminution des charges financières. Les autres gains et pertes ordinaires sont restés peu significatifs et n’ont exercé qu’une incidence limitée sur la performance du semestre. La fiscalité absorbe une part plus importante du résultat La charge fiscale comptabilisée s’est élevée à 2,3 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 1,4 million un an auparavant, soit une hausse de 62,1 %. Elle comprend 1,7 million de dinars d’impôt sur les sociétés, 255 mille dinars de contribution sociale de solidarité et 340 mille dinars au titre de la nouvelle contribution au profit du fonds de diversification des sources de financement de la sécurité sociale. Cette dernière contribution, fixée à 4 % des bénéfices servant de base au calcul de l’impôt sur les sociétés, s’applique aux déclarations intervenant à partir de 2026. La charge fiscale totale représente ainsi 27 % du résultat avant impôt, contre 23,7 % au premier semestre 2025. L’alourdissement du taux effectif d’imposition a donc partiellement absorbé l’amélioration du résultat courant. Le résultat net augmente de 35,9 % Malgré cette hausse de la fiscalité, le résultat net du premier semestre 2026 s’est établi à 6,2 millions de dinars, contre 4,6 millions au 30 juin 2025. Le bénéfice progresse ainsi de 35,9 %, soit près de deux fois plus rapidement que les revenus. Le taux de marge nette s’améliore également, passant de 6,20 % à 7,11 %. STA gagne ainsi 0,91 point de marge nette en un an. Cette évolution résulte principalement de l’amélioration de la marge commerciale, du renforcement de l’EBITDA et de la forte baisse des charges financières. Le besoin en fonds de roulement devient négatif Le besoin en fonds de roulement est passé d’un montant positif de 20,7 millions de dinars au 31 décembre 2025 à un montant négatif de 19,9 millions au 30 juin 2026. L’amélioration atteint ainsi 40,6 millions de dinars en six mois. Cette transformation provient principalement de la forte augmentation des dettes fournisseurs, qui sont passées de 46,3 à 87,5 millions de dinars. À eux seuls, les fournisseurs d’exploitation étrangers représentent près de 86 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 45,6 millions à la fin de 2025. Les avances et acomptes reçus des clients ont parallèlement progressé de 561 mille dinars à 5,9 millions. Les créances clients nettes ont, quant à elles, diminué de 13,2 à 8,3 millions de dinars, tandis que les autres actifs courants nets ont reculé de 5,5 à 4,3 millions. Ces évolutions ont largement compensé la hausse des stocks. STA bénéficie désormais d’un financement d’exploitation important accordé par ses fournisseurs et, dans une moindre mesure, par ses clients. Un besoin en fonds de roulement négatif soutient la trésorerie, mais implique également une forte dépendance au maintien des délais de règlement obtenus auprès des fournisseurs. Les placements atteignent 52,5 millions de dinars Les placements à court terme et autres actifs financiers sont passés d’un montant nul au 31 décembre 2025 à 52,5 millions de dinars au 30 juin 2026. La quasi-totalité de cette somme, soit 52,52 millions de dinars, correspond à des fonds bloqués en couverture de lettres de crédit. Les intérêts courus ne représentent que 14 mille dinars. Cette évolution s’explique par la circulaire de la Banque centrale de Tunisie n° 2026-04 du 26 mars 2026. Ce texte impose que les importations de certains produits considérés comme non prioritaires, notamment les véhicules particuliers, soient couvertes intégralement par les ressources des importateurs. Les banques ne peuvent plus accorder directement de crédits, d’avances ou d’autres facilités pour financer ces opérations. Voir aussi notre article : ENNAKL anticipe les nouvelles contraintes réglementaires STA a donc dû mobiliser et bloquer une part importante de ses ressources pour sécuriser ses importations. L’augmentation du poste des placements ne doit ainsi pas être interprétée comme une progression équivalente de la liquidité librement disponible. Les liquidités disponibles progressent de 73,1 % Les liquidités et équivalents de liquidités ont atteint 19,6 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 11,3 millions au 31 décembre 2025. Cette amélioration de 8,3 millions de dinars, soit 73,1 %, provient principalement de la hausse des avoirs bancaires en dinars, passés de 10,9 à près de 17 millions. Les chèques à l’encaissement ont atteint 1,5 million, contre un montant nul à la fin de 2025, tandis que les effets à l’encaissement ont progressé de 86 mille à 689 mille dinars. À la différence des fonds bloqués en couverture des lettres de crédit, ces liquidités constituent la trésorerie immédiatement ou rapidement mobilisable par la société. La dette financière brute atteint 27,8 millions de dinars La dette financière brute est passée de 11,9 millions de dinars au 31 décembre 2025 à 27,8 millions au 30 juin 2026. Elle augmente de 15,9 millions, soit 133,8 %. Cette hausse provient essentiellement de l’apparition de 11,4 millions de dinars de financements de lettres de crédit et de 10 millions de dinars de billets de trésorerie. Dans le même temps, les crédits d’exploitation ont diminué de 11,7 à 6,2 millions de dinars. Les emprunts non courants sont restés stables à 127 mille dinars et aucun concours bancaire n’était enregistré au 30 juin 2026. La structure de l’endettement s’est donc déplacée vers des ressources financières à court terme destinées à accompagner les besoins liés aux importations et au cycle d’exploitation. STA affiche comptablement un excédent financier net Après prise en compte des placements et des liquidités, la dette financière nette ressort à -44,4 millions de dinars au 30 juin 2026. À la fin de 2025, elle était encore positive à hauteur de 548 mille dinars. STA affiche ainsi comptablement un excédent financier net de 44,4 millions de dinars. Cette situation doit toutefois être interprétée avec prudence. Les 52,5 millions de dinars de placements comprennent presque exclusivement des fonds bloqués et indisponibles pour les besoins ordinaires de la société. En neutralisant ces fonds, la dette financière nette ajustée serait proche de 8,2 millions de dinars. La situation financière demeure donc globalement maîtrisée, mais l’excédent apparent ne correspond pas intégralement à une réserve de liquidités librement utilisable. La trésorerie bénéficie des nouveaux financements La trésorerie figurant au bilan et dans le tableau des flux est passée de 11,3 millions de dinars au 31 décembre 2025 à 19,6 millions au 30 juin 2026. Les activités d’exploitation ont généré un flux négatif de 5,1 millions de dinars au 30 juin 2026, contre un flux négatif de 8,3 millions au premier semestre 2025. Cette sortie de trésorerie s’explique avant tout par le blocage (Variation blocage de fonds en couverture des LC de -52,5 millions d edinars) de 52,5 millions de dinars en couverture des lettres de crédit. En dehors de cette immobilisation particulière, le cycle d’exploitation aurait dégagé une ressource importante, principalement grâce à la hausse des dettes fournisseurs, aux avances reçues des clients et à la diminution des créances. Les investissements ont absorbé 2,5 millions de dinars, contre seulement 220 mille dinars au premier semestre 2025. Les flux de financement ont, en revanche, apporté 15,9 millions, grâce à 33,7 millions de nouveaux emprunts, partiellement compensés par 17,8 millions de remboursements. La nette amélioration de la trésorerie résulte donc principalement des nouveaux financements à court terme et du soutien du crédit fournisseur, malgré les investissements réalisés et l’importante mobilisation de fonds pour couvrir les importations. Une rentabilité financière semestrielle de 14,4 % La rentabilité financière s’est établie à 14,37 % au 30 juin 2026, contre 14,46 % un an auparavant. Elle demeure ainsi pratiquement stable, malgré la progression de 35,9 % du résultat net. Cette stabilité s’explique par la hausse parallèle des capitaux propres, qui sont passés de 31,5 à 43,1 millions de dinars (non distribution de divodendes en 2026). Le niveau atteint reste élevé pour une période de six mois. Il doit néanmoins être interprété comme une rentabilité semestrielle et non comme un rendement annuel. Une croissance rentable, accompagnée de nouveaux équilibres financiers Le premier semestre 2026 confirme la bonne dynamique commerciale et opérationnelle de STA. La société a enregistré une croissance à deux chiffres de ses revenus, tout en améliorant sa marge brute, sa marge sur EBITDA, sa marge d’exploitation et sa marge nette. La progression du résultat net est d’autant plus significative qu’elle intervient malgré la hausse des charges de personnel et l’alourdissement de la fiscalité. La baisse des charges financières a constitué un soutien important à la performance du semestre. La lecture du bilan appelle toutefois davantage de prudence. L’amélioration du besoin en fonds de roulement et de la trésorerie repose en grande partie sur la hausse des dettes fournisseurs, les avances des clients et les nouveaux financements à court terme. Parallèlement, plus de 52 millions de dinars ont été bloqués pour couvrir les lettres de crédit, limitant la disponibilité réelle d’une part importante des actifs financiers. Au cours du second semestre, l’enjeu pour STA sera donc double : préserver la dynamique des ventes et des marges, tout en maîtrisant le financement des importations, la rotation des stocks et le coût des nouvelles ressources à court terme.

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