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BOURSE, ECONOMIE

Balance courante aux 4 premiers mois 2026 : décryptage des composantes qui ont réduit le déficit à 2,7 milliards de dinars

Balance courante aux 4 premiers mois 2026 : décryptage des composantes qui ont réduit le déficit à 2,7 milliards de dinars

Les comptes extérieurs de la Tunisie ont affiché une amélioration appréciable au terme des quatre premiers mois de 2026. Selon les données de la Banque centrale de Tunisie, le déficit courant s'est établi à 2 731 millions de dinars, contre 2 957 millions de dinars un an auparavant, soit une réduction de 226 millions de dinars ou de 7,6 %. Rapporté au PIB, le déficit courant est revenu de 1,7 % à 1,5 %.

Cette amélioration mérite toutefois d'être analysée dans le détail. L'évolution en cascade des différentes composantes de la balance courante montre que le rééquilibrage observé ne résulte pas d'une amélioration du commerce des biens, mais essentiellement de la bonne tenue des services et des revenus de travail des Tunisiens résidant à l'étranger.

Un déficit commercial FOB-FOB toujours lourd

La principale source de déséquilibre demeure le commerce des biens. Calculé selon les normes de la sixième édition du Manuel de la balance des paiements du FMI (BPM6), le solde des biens — exprimé en FOB-FOB — affiche un déficit de 6,0 milliards de dinars à fin avril 2026.

À ce déficit commercial s'ajoute un solde négatif des revenus d'investissement de 1,5 milliard de dinars, reflétant notamment les paiements d'intérêts sur la dette extérieure et les revenus rapatriés par les investisseurs étrangers. Le déficit du transport, de 1,0 milliard de dinars, accentue encore le déséquilibre.

À eux seuls, ces trois postes portent le déficit cumulé aux 4 premiers mois 2026 à 8,6 milliards de dinars.

Les services et les transferts des TRE jouent leur rôle d'amortisseur.

Face à ces sorties nettes de devises, plusieurs composantes de la balance courante viennent toutefois atténuer le déficit.

Les autres services dégagent un excédent de 0,9 milliard de dinars, réduisant le déficit cumulé à 7,7 milliards de dinars.

Le poste voyages (solde), qui reflète essentiellement les recettes touristiques nettes, apporte un excédent supplémentaire de 1,3 milliard de dinars et ramène le déficit à 6,4 milliards de dinars.

Mais le principal facteur de soutien reste, comme souvent, le revenu du travail des Tunisiens résidant à l'étranger (TRE). Avec un solde positif de 3,7 milliards de dinars, les transferts des expatriés compensent à eux seuls près de 43 % du déficit généré par les biens, les revenus d'investissement et le transport.

Sans cette contribution, le déficit courant aurait dépassé 6 milliards de dinars au lieu des 2,7 milliards constatés.

Une amélioration fragile

Si la réduction du déficit courant constitue une évolution favorable, sa solidité apparaît aujourd'hui incertaine.

En effet, les statistiques du commerce extérieur publiées pour les cinq premiers mois de 2026 montrent un creusement de 24,5 % du déficit commercial FOB-CAF, lequel atteint 10,4 milliards de dinars. Cette détérioration résulte d'une progression des importations (+9,6 %) nettement plus rapide que celle des exportations (+5,0 %).

Certes, le déficit commercial FOB-CAF publié par l'INS n'est pas directement comparable au solde des biens FOB-FOB utilisé dans la balance des paiements. Les deux indicateurs reposent sur des méthodologies différentes, notamment concernant l'intégration des coûts de transport et d'assurance. Néanmoins, ils évoluent généralement dans la même direction et constituent tous deux des indicateurs pertinents de la pression exercée par les échanges de marchandises sur les comptes extérieurs.

Le risque d'un retournement au second semestre

L'amélioration du déficit courant observée à fin avril pourrait ainsi n'être qu'une parenthèse si la dégradation du commerce extérieur se poursuit.

Pour que le déficit courant continue de se réduire, il faudrait que les excédents du tourisme, des autres services et des transferts des TRE progressent suffisamment vite pour compenser l'aggravation du déficit des biens. Or, même si la saison touristique s'annonce favorable, la dynamique récente des importations suggère que cet exercice sera de plus en plus difficile.

Les données des cinq premiers mois de l'année envoient donc un signal de prudence : l'amélioration du déficit courant enregistrée au premier quadrimestre est réelle, mais elle repose encore largement sur des facteurs compensateurs plutôt que sur une correction du principal déséquilibre structurel de l'économie tunisienne, à savoir son déficit commercial.

La publication des chiffres du deuxième trimestre permettra de vérifier si la tendance à l'amélioration se confirme ou si, au contraire, le creusement du déficit commercial commence déjà à effacer les gains obtenus grâce au tourisme et aux transferts des Tunisiens de l'étranger.

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