La Banque européenne pour la reconstruction et le développement relève de 20 à 70 millions d’euros le plafond de son mécanisme de partage des risques avec Attijari Bank Tunisie. Les deux institutions mettent également en place une facilité de 10 millions de dollars destinée aux investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance des entreprises. Ces montants représentent des capacités de financement et de couverture du risque, et non des décaissements immédiats.
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) renforce son partenariat avec Attijari Bank Tunisie. La banque multilatérale a annoncé, le 28 août 2026, le relèvement de 20 à 70 millions d’euros de sa facilité de partage des risques avec l’établissement tunisien.
Cette extension doit permettre à Attijari Bank d’accroître les financements accordés aux entreprises appartenant à différents secteurs de l’économie. Elle porte à 70 millions d’euros le plafond du dispositif, soit une augmentation de 50 millions d’euros par rapport au mécanisme initial conclu en 2021.
Il ne s’agit toutefois pas d’un prêt de 70 millions d’euros versé directement à Attijari Bank. Dans le cadre d’une facilité de partage des risques, la banque tunisienne continue d’accorder les crédits à ses clients, tandis que la BERD assume une partie du risque associé à certaines opérations répondant aux critères convenus.
Le dispositif peut ainsi permettre à Attijari Bank de financer des projets plus importants, de diversifier ses engagements ou de soutenir des entreprises dont le profil de risque serait difficile à porter seule. La part exacte du risque prise en charge par la BERD sera déterminée pour chaque opération éligible.
Vingt-cinq projets déjà financés
Selon la BERD, le mécanisme existant a permis aux deux institutions de soutenir 25 projets, représentant environ 400 millions de dinars, soit l’équivalent de 118 millions d’euros.
Ce montant correspond au volume cumulé des financements accordés aux projets concernés. Il ne doit pas être comparé directement au précédent plafond de 20 millions d’euros, qui représentait une capacité de partage des risques et non la valeur totale des crédits octroyés.
Ce mécanisme produit un effet de levier : la couverture apportée par la BERD peut soutenir des financements d’un montant supérieur à son propre engagement, puisqu’elle ne porte généralement qu’une partie du risque attaché aux prêts.
La BERD n’a pas publié la liste des 25 bénéficiaires, leur répartition sectorielle, la part de risque assumée sur chaque opération ou le niveau des engagements encore en cours. Ces informations permettraient de mesurer plus précisément les effets du partenariat sur le financement des entreprises tunisiennes.
Une enveloppe distincte de 10 millions de dollars pour les investissements ESG
Parallèlement au relèvement du plafond principal, la BERD met en place une nouvelle facilité de 10 millions de dollars, présentée comme équivalant à 8,6 millions d’euros, pour soutenir les investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance des entreprises clientes d’Attijari Bank.
Les projets éligibles pourront notamment porter sur l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’installation d’équipements utilisant les énergies renouvelables ou la réduction des déchets.
Le volet social pourra couvrir des actions liées à la formation des salariés, aux pratiques équitables en matière de travail, à la gestion des risques ou à l’égalité entre les femmes et les hommes.
Cette enveloppe de 10 millions de dollars est distincte de la facilité de partage des risques portée à 70 millions d’euros. Elle ne correspond pas non plus à des investissements déjà réalisés : les fonds seront mobilisés au fur et à mesure de la sélection et du financement des projets admissibles.
Les investissements retenus pourront bénéficier de subventions financées par le Royaume-Uni à travers le programme High-Impact Partnership on Climate Action (HIPCA), partenariat multidonateur géré par la BERD. Le communiqué ne précise pas encore le taux de ces aides, leur plafond par bénéficiaire ou les conditions détaillées d’éligibilité.
Un levier supplémentaire pour le financement des entreprises
L’élargissement de la facilité intervient dans un contexte où l’accès au crédit demeure déterminant pour l’investissement privé en Tunisie. Le partage du risque avec une institution internationale peut augmenter la capacité d’intervention de la banque locale, en particulier pour des opérations exigeant des financements importants ou de longue durée.
L’incidence réelle du nouveau plafond dépendra cependant des conditions appliquées : secteurs admissibles, taille minimale des projets, garanties demandées, maturité des crédits, coût du financement et pourcentage du risque effectivement supporté par la BERD.
Il faudra également distinguer le plafond annoncé des montants réellement engagés. Une facilité de 70 millions d’euros constitue une capacité maximale mobilisable ; elle ne signifie pas que cette somme a déjà été affectée à des entreprises tunisiennes.
Depuis le démarrage de ses activités en Tunisie en 2012, la BERD indique avoir investi plus de 3,1 milliards d’euros dans 97 projets, dont 66 % au profit du secteur privé. Le renforcement de son partenariat avec Attijari Bank s’inscrit dans une stratégie consistant à utiliser les établissements financiers locaux pour orienter davantage de ressources vers les entreprises et les investissements durables.


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