Vendue au début de 2026, la participation de la BTE dans la BNA a dégagé une plus-value conséquente. Cette opération a fortement soutenu le produit net bancaire, facilité le retour aux bénéfices et contribué au renforcement des fonds propres. Elle ne suffit toutefois pas à résoudre les déséquilibres prudentiels relevés par les commissaires aux comptes.
Une plus-value supérieure à la moitié de la valeur comptable
Au 31 décembre 2025, la Banque de Tunisie et des Émirats détenait une participation dans la BNA comptabilisée dans son portefeuille-titres d’investissement pour une valeur de 10,095 MDT.
Sur la base du prix moyen de cession publié, la participation vendue peut être estimée à environ 1,166 million d’actions BNA, représentant près de 1,82 % du capital de la banque.
La BTE a cédé cette participation au début de 2026 à un prix unitaire moyen de 13,662 dinars. L’opération lui a permis de dégager une plus-value de cession de 5,840 MDT, équivalant à environ 57,8 % de la valeur comptable des titres.
À cette plus-value s’est ajouté un produit de placement de 83 689,867 dinars. Celui-ci correspond à la rémunération du produit de la cession durant la période précédant son encaissement par la BTE auprès des deux intermédiaires en Bourse, compte tenu des jours de valeur et de règlement.
La banque indique ainsi que le montant total généré par l’opération s’établit à 5,923 MDT au 30 juin 2026.
Une contribution déterminante au retour aux bénéfices
L’incidence de cette opération est particulièrement importante au regard des performances semestrielles de la BTE. Au premier semestre 2026, les revenus du portefeuille d’investissement ont plus que doublé, passant de 9,004 MDT à 19,122 MDT.
À l’intérieur de cette rubrique, les « revenus des titres d’investissement » ont atteint 9,397 MDT, contre 3,390 MDT un an auparavant, soit une progression de 6,007 MDT. La proximité entre cette hausse et le montant généré par la cession permet de considérer que l’opération sur les titres BNA en explique l’essentiel.
La plus-value et les produits associés représentent également près des deux tiers de l’augmentation de 8,8 MDT du produit net bancaire, lequel a progressé de 25,3 % pour atteindre 43,635 MDT.
Cette contribution a été déterminante dans le retour de la BTE aux bénéfices. La banque a dégagé un résultat net positif de 1,408 MDT au 30 juin 2026, contre une perte de 5,453 MDT un an auparavant. Le produit de l’opération sur les titres BNA représente plus de quatre fois le bénéfice net semestriel. Toutes choses égales par ailleurs, la BTE serait donc restée déficitaire sans cette contribution exceptionnelle.
Cette cession doit ainsi être considérée comme un soutien ponctuel particulièrement important à la rentabilité, plutôt que comme le résultat d’une amélioration structurelle de l’exploitation bancaire.
Des fonds propres renforcés, mais toujours insuffisants
En alimentant le résultat de la période, la cession a également contribué au renforcement des fonds propres comptables et des fonds propres nets de base de la BTE. Les états financiers ne permettent toutefois pas d’isoler précisément son incidence prudentielle après prise en compte des retraitements réglementaires.
Les capitaux propres comptables ont atteint 29,125 MDT au 30 juin 2026, contre 27,694 MDT à fin décembre 2025, soit une progression de 1,431 MDT ou 5,2 %. Cette amélioration reste néanmoins très insuffisante au regard des exigences applicables à la banque.
Dans le fondement de leur conclusion avec réserve, les commissaires aux comptes soulignent que les ratios prudentiels de la BTE demeurent inférieurs aux seuils réglementaires. Au 30 juin 2026, le ratio de solvabilité et le ratio Tier I s’établissent tous deux à −0,21 %, contre des minima respectifs de 10 % et 7 %.
Les fonds propres nets de base restent ainsi négatifs à hauteur de 2,705 MDT. Les commissaires aux comptes relèvent également que les fonds propres comptables de 29,125 MDT demeurent très inférieurs au capital minimum de 50 MDT prévu par la législation bancaire. Selon leur rapport, ces insuffisances pourraient conduire à considérer la situation de la banque comme compromise et l’exposer aux sanctions prévues par la réglementation.
La cession des titres BNA a donc offert à la BTE un apport financier décisif au premier semestre 2026 : elle a favorisé le retour aux bénéfices et atténué la faiblesse de ses fonds propres. Elle n’a cependant pas permis de rétablir la solvabilité de la banque, dont le redressement nécessitera des mesures structurelles et un renforcement beaucoup plus substantiel de la base de capital.
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