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CITY CARS : Analyse des performances financières au 30 juin 2026

CITY CARS : Analyse des performances financières au 30 juin 2026

Au 30 juin 2026, les revenus de City Cars se sont établis à 165,3 MDT, en recul de 8,6% par rapport aux 180,8 MDT enregistrés un an plus tôt. Les ventes de véhicules neufs, qui représentent à elles seules près de 97% des revenus, reculent de 9,1% à 160,0 MDT ; ce total recouvre trois composantes d'évolution contrastée. Les véhicules neufs classiques, qui en constituent l'essentiel, chutent de 13,2% à 129,2 MDT. Les véhicules populaires, un segment moins exposé à la conjoncture, progressent au contraire de 24,7% à 29,7 MDT et limitent d'autant le repli d'ensemble. Les ventes de véhicules neufs en hors taxe, plus marginales et plus volatiles, chutent quant à elles de 66,8% à 1,2 MDT.

En dehors du véhicule neuf, l'activité après-vente (pièces de rechange, main d'œuvre, garanties) affiche une bonne tenue, en hausse de 11,2% à 5,2 MDT, ce qui vient partiellement compenser, au niveau du groupe, le repli du marché du véhicule neuf.

Les achats de véhicules neufs - en cumulant les véhicules déjà réceptionnés, les véhicules encore en transit et les frais accessoires d'achat qui leur sont rattachés (droits de douane, fret, assurances, transit) - reculent de 14,6% à 116,8 MDT contre 136,8 MDT, en ligne avec le repli des ventes de véhicules neufs. En contrepartie, la société a davantage puisé dans ses stocks pour approvisionner ses ventes, la variation des stocks passant de 9,8 MDT à 18,3 MDT. Les achats de pièces de rechange auprès des sociétés du groupe restent quasiment stables (3,1 MDT), et les autres composantes (travaux extérieurs, approvisionnements, pièces de rechange locales, lubrifiants, peintures) demeurent marginales. Au final, ce déstockage plus marqué fait reculer les achats consommés moins vite que les revenus (-7,6%, à 140,6 MDT contre 152,1 MDT). Il en résulte un effet ciseau sur la marge brute, qui s'établit à 24,7 MDT contre 28,7 MDT (-13,9%), le taux de marge brute perdant près d'un point à 14,9% contre 15,8%.

L'EBITDA ressort à 17,5 MDT, en baisse de 18,7% par rapport aux 21,6 MDT du premier semestre 2025, sous l'effet conjugué du repli de la marge brute et de charges de personnel en hausse de 20,5% (2,8 MDT), portées par les révisions salariales et une provision pour prime de rendement. Le taux de marge sur EBITDA recule ainsi à 10,6% contre 11,9%. Le résultat d'exploitation suit la même trajectoire, à 17,1 MDT contre 21,1 MDT au 30 juin 2025 (-19,1%) et 45,0 MDT sur l'ensemble de l'exercice 2025. Le taux de marge sur EBIT ressort à 10,3% au 30 juin 2026, contre 11,7% aussi bien au 30 juin 2025 que sur l'exercice 2025 complet, une dégradation propre au semestre écoulé.

Les charges financières nettes progressent de 12,6% (1,3 MDT contre 1,2 MDT), tirées par la hausse des intérêts sur effets escomptés, en lien avec un recours accru à l'escompte commercial. Les produits des placements reculent de 8,7% à 5,7 MDT, la forte baisse des intérêts sur placements monétaires n'étant que partiellement compensée par des produits de participations en hausse de 16,9%. Au final, le résultat des activités ordinaires avant impôt s'établit à 21,3 MDT, en repli de 18,2% par rapport aux 26,0 MDT du 30 juin 2025.

La charge d'impôt (impôt sur les sociétés, contribution sociale de solidarité et nouvelle taxe permanente de 4% instituée par la loi de finances 2026 pour les concessionnaires automobiles) s'élève à 7,3 MDT contre 8,7 MDT. Le taux statutaire cumulé de ces trois prélèvements atteint désormais 43% (35% + 4% + 4%), contre un taux de 39% (qui ne comportait pas encore cette taxe permanente) un an plus tôt. Rapportée au résultat avant impôt, la charge effectivement constatée représente toutefois un taux de 34,4% au 30 juin 2026 (contre 33,6% au 30 juin 2025), l'écart avec le taux statutaire tenant notamment à une fiscalité plus favorable sur une partie des produits de participations.

Au final, le résultat net se replie de 19,2% à 14,0 MDT contre 17,3 MDT, avec un taux de marge nette de 8,5% contre 9,6% au 30 juin 2025 (8,4% sur l'ensemble de l'exercice 2025).

Rapportée aux capitaux propres avant affectation, la rentabilité financière (ROE) semestrielle, non annualisée, recule à 15,4% au 30 juin 2026 contre 20,5% au 30 juin 2025. Annualisé, ce ROE ressortirait à environ 30,7%, un niveau qui reste proche de la rentabilité de 32,7% dégagée sur l'ensemble de l'exercice 2025.

Le besoin en fonds de roulement, qui constituait une ressource nette de 44,7 MDT au 31 décembre 2025 (les fournisseurs finançant alors largement le cycle d'exploitation), devient quasiment nul au 30 juin 2026 (0,4 MDT). Ce basculement s'explique avant tout par le désendettement fournisseurs, ramené de 163,0 MDT à 90,3 MDT en six mois, seulement partiellement compensé par la hausse des créances clients (21,8 MDT contre 12,0 MDT en fin d'année 2025).

Les placements et autres actifs financiers chutent de 82,6 MDT à 2,6 MDT entre le 31 décembre 2025 et le 30 juin 2026, tandis que les liquidités et équivalents de liquidités bondissent de 1,9 MDT à 36,7 MDT sur la même période. Ce mouvement ne traduit pas un enrichissement de la société mais surtout un reclassement : les placements monétaires à terme logés en fin d'année (80,4 MDT) ont été quasiment dénoués et redéployés en soldes bancaires disponibles, en partie pour financer le remboursement massif des fournisseurs évoqué plus haut. Au global, la trésorerie disponible (placements et liquidités confondus) recule de 53,5%, à 39,3 MDT contre 84,5 MDT six mois plus tôt.

La dette financière brute (uniquement des concours bancaires, aucun emprunt ni autre passif financier n'étant recensé) passe de 0 à 13,3 MDT entre le 31 décembre 2025 et le 30 juin 2026. La dette financière nette demeure néanmoins largement négative, à -25,9 MDT (soit une trésorerie nette positive), contre -84,5 MDT fin 2025, une dégradation de 58,5 MDT qui reflète la consommation de trésorerie du semestre, sans remettre en cause la solidité financière du groupe.

Le flux de trésorerie d'exploitation ressort fortement négatif, à -53,6 MDT au 30 juin 2026 contre -12,8 MDT un an plus tôt, sous le seul effet du désendettement fournisseurs. Le flux d'investissement, également négatif, s'élargit légèrement à -5,5 MDT contre -4,0 MDT, tandis qu'aucun flux de financement n'est enregistré sur les deux semestres, les dividendes n'étant distribués qu’au second semestre. La variation de trésorerie de la période s'établit ainsi à -58,5 MDT contre -16,2 MDT au 30 juin 2025. En conséquence, la trésorerie de clôture recule de 70,7%, à 24,3 MDT au 30 juin 2026 contre 82,8 MDT au 31 décembre 2025.

Conclusion

Le premier semestre 2026 marque un net ralentissement de la performance opérationnelle de City Cars : chiffre d'affaires, marges et résultat net sont orientés à la baisse, dans un marché du véhicule neuf moins porteur, partiellement compensé par l'après-vente et les véhicules populaires. Sur le plan financier, la période se caractérise surtout par un désendettement fournisseurs de grande ampleur, qui a fortement sollicité la trésorerie du groupe et conduit à un premier recours à des concours bancaires. Cette tension reste néanmoins à relativiser : la structure financière demeure solide, avec des capitaux propres proches de 91,0 MDT et une trésorerie nette positive de près de 26 MDT, qui offre à la société une marge de manœuvre confortable pour absorber ce choc ponctuel de trésorerie.

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