L’Union générale tunisienne du travail a déposé un préavis de grève sectorielle dans le transport des carburants pour les 23 et 24 septembre 2026. Le mouvement pourrait perturber l’approvisionnement des stations-service s’il est effectivement exécuté, mais le délai de près d’un mois doit permettre la poursuite des négociations.
Le préavis de grève dans le secteur du transport routier des carburants a été officiellement déposé jeudi 27 août 2026, au lendemain d’une réunion réunissant les représentants des travailleurs, la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques et la direction de l’Union générale tunisienne du travail.
Le mouvement est programmé pour les mercredi 23 et jeudi 24 septembre dans les entreprises concernées sur l’ensemble du territoire. Le préavis a été adressé aux ministères des Affaires sociales, de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, de l’Intérieur, du Commerce et du Transport, ainsi qu’à l’Utica, à la Chambre nationale du transport des matières dangereuses et aux représentants légaux des entreprises de transport de marchandises et de carburants.
Le périmètre annoncé concerne donc le transport des carburants. Il ne constitue pas un appel à l’arrêt de l’ensemble des activités pétrolières, du raffinage ou des stations-service.
Deux principales revendications
Selon le document syndical, les travailleurs réclament principalement la régularisation de leur couverture sociale auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale et l’application de l’accord conclu le 2 mai 2019.
Les représentants syndicaux évoquent également des difficultés relatives aux conditions de travail, à la santé et à la sécurité, aux vêtements professionnels ainsi qu’à l’application d’augmentations salariales déjà décidées.
Le préavis intervient après l’arrêt de travail inopiné observé le 20 août par des conducteurs de camions-citernes. Ce mouvement avait perturbé l’approvisionnement de plusieurs stations-service avant la reprise du transport dans la soirée.
Un mois pour trouver un accord
Le secrétaire général de la Fédération, Slim S’himi, a expliqué que le choix de dates éloignées vise à laisser davantage de temps aux négociations. Le délai accordé approche un mois, alors que le délai minimal habituellement évoqué pour ce type de préavis est de dix jours.
La grève est ainsi programmée, mais son exécution n’est pas encore certaine. Selon Slim S’himi, une grande partie des préavis déposés par la Fédération est finalement annulée lorsqu’un accord est trouvé avant la date prévue.
D’ici au 23 septembre, des réunions de conciliation pourraient donc conduire à l’annulation, au report ou au maintien du mouvement.
Si la grève est exécutée pendant deux jours, elle pourrait ralentir les livraisons entre les dépôts pétroliers et les stations-service. Son incidence dépendra toutefois du nombre d’entreprises et de chauffeurs participants, des stocks disponibles dans les stations et des éventuelles mesures de continuité mises en place.
Le dépôt du préavis ne signifie donc ni que les stations sont actuellement menacées de fermeture, ni qu’une pénurie de carburants est déjà engagée. Les prochains développements devront porter sur l’ouverture effective des négociations, les réponses des employeurs et l’issue des éventuelles séances de conciliation.


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