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La Direction générale des impôts a annoncé l’ajout, à partir de septembre 2026, de nouvelles fonctionnalités à la plateforme d’échange à des fins fiscales « TEJ ». Cette mise à jour doit notamment permettre aux contribuables de consulter leur situation fiscale, de déléguer certaines opérations à d’autres utilisateurs et de gérer l’ensemble des certificats de retenue à la source sur la plateforme. Les changements annoncés concernent directement les entreprises, leurs directions financières, les professionnels de la comptabilité ainsi que les établissements publics qui vérifient la situation fiscale de leurs fournisseurs. Une consultation instantanée de la situation fiscale La première évolution porte sur l’accès des contribuables à leur situation fiscale relative au dépôt des déclarations. Les entreprises pourront désormais vérifier directement sur TEJ si leurs déclarations fiscales ont été enregistrées par l’administration. Cette fonctionnalité devrait faciliter la détection des déclarations manquantes ou non prises en compte et réduire le recours aux démarches administratives pour obtenir ces informations. La plateforme permet également de consulter le taux de l’avance applicable aux importations de produits de consommation. Cette évolution ne signifie pas qu’un nouveau taux a été instauré : elle donne aux contribuables concernés un accès direct à l’information enregistrée par l’administration fiscale. Le communiqué de la Direction générale des impôts ne modifie donc pas les règles de calcul de l’avance sur les importations. Il annonce la numérisation de sa consultation à travers TEJ. Des droits d’accès pouvant être délégués Les entreprises inscrites sur la plateforme pourront par ailleurs déléguer certaines fonctionnalités à d’autres utilisateurs. Les droits accordés pourront être adaptés à la nature des missions confiées à chaque personne. Cette possibilité répond à l’organisation habituelle des entreprises, dans lesquelles la gestion fiscale peut être répartie entre plusieurs intervenants : responsables financiers, comptables, fiscalistes ou prestataires externes. La délégation devrait permettre de limiter l’accès de chaque utilisateur aux seules opérations nécessaires à l’exercice de ses fonctions. Les modalités détaillées de création des profils, d’attribution des droits et de révocation des délégations n’ont toutefois pas été précisées dans le communiqué. Les entreprises publiques pourront vérifier leurs fournisseurs La mise à jour de TEJ permettra également aux entreprises publiques de consulter la situation fiscale de leurs fournisseurs de biens et de services. Cette fonction vise à faciliter les vérifications effectuées avant certaines opérations avec les prestataires et fournisseurs. Elle pourrait notamment réduire les échanges de documents papier et accélérer le contrôle de la régularité fiscale des entreprises concernées. La Direction générale des impôts invite, dans ce cadre, les entreprises publiques qui utilisent encore le système « e-sit-fisc », sans être inscrites sur TEJ, à adhérer à la plateforme afin de continuer à consulter la situation fiscale de leurs fournisseurs. La formulation du communiqué correspond à une demande de migration opérationnelle. Elle ne précise cependant ni date limite d’adhésion ni sanction applicable en cas de non-inscription. Tous les certificats de retenue à la source intégrés à TEJ La plateforme TEJ a également été actualisée afin de prendre en charge l’ensemble des certificats de retenue à la source. Les contribuables qui établissent ces certificats par dépôt d’un fichier électronique sont invités par la Direction générale des impôts à télécharger et à utiliser le schéma XSD actualisé disponible sur le site Jibaya. Ce fichier, proposé sous la forme d’une archive ZIP, définit la structure informatique que doivent respecter les fichiers transmis à TEJ. Sa mise à jour concerne particulièrement les éditeurs de logiciels de gestion, les équipes informatiques, les cabinets comptables et les entreprises qui produisent automatiquement leurs certificats de retenue à la source. Il est ainsi recommandé aux entreprises concernées de vérifier la compatibilité de leurs logiciels avec le nouveau schéma avant tout prochain dépôt électronique. L’utilisation d’une ancienne structure XSD pourrait entraîner le rejet du fichier ou l’apparition d’erreurs lors de son importation sur la plateforme. Une mise à jour opérationnelle, sans nouvelle imposition Le communiqué annonce des services numériques effectivement ajoutés à TEJ à partir de septembre 2026. Il ne crée toutefois ni nouvel impôt, ni nouvelle retenue à la source, ni nouveau taux fiscal. Sa portée est principalement administrative et opérationnelle. Les entreprises doivent surtout vérifier leurs accès à la plateforme, organiser les délégations entre utilisateurs et mettre à jour, lorsque cela est nécessaire, les interfaces servant à générer les certificats de retenue à la source. Cette évolution s’inscrit dans la poursuite de la numérisation de l’administration fiscale et de la dématérialisation des échanges avec les contribuables. Son efficacité dépendra désormais de la disponibilité technique de ces fonctionnalités, de leur intégration dans les logiciels utilisés par les entreprises et de la capacité de l’administration à accompagner les utilisateurs pendant la transition. Pour obtenir des précisions supplémentaires, la Direction générale des impôts invite les contribuables à contacter le centre d’information fiscale à distance au 81 100 400.
Fitch Ratings a confirmé, mardi 8 septembre 2026, les notes de défaut émetteur à long terme de la Tunisie à « B- », en monnaies étrangère et locale, avec une perspective stable. L’agence maintient également à « B » les notes à court terme et à « B- » le plafond souverain du pays. La décision ne constitue ni un relèvement ni une dégradation. Elle prolonge la note accordée en septembre 2025, lorsque Fitch avait relevé la Tunisie de « CCC+ » à « B- ». Cette notation demeure classée dans la catégorie spéculative et traduit un risque de crédit élevé, même si la perspective stable indique que l’agence n’anticipe pas actuellement de changement de note. Une économie diversifiée, mais des finances publiques vulnérables Fitch estime que la Tunisie bénéficie d’un PIB par habitant et d’indicateurs de développement humain supérieurs à ceux de plusieurs pays comparables. L’agence cite également la diversification de l’économie, le niveau de qualification de la main-d’œuvre et la résistance de la position extérieure malgré les chocs successifs. Ces points forts restent contrebalancés par le niveau élevé de la dette publique, la persistance des déficits budgétaires, l’importance des besoins de financement et la vulnérabilité du budget aux variations des prix internationaux, notamment en raison du poids des subventions énergétiques. Selon les projections de Fitch, le déficit budgétaire tunisien devrait atteindre 6,4 % du PIB en 2026*, contre une médiane de 3,3 % pour les pays appartenant à la catégorie « B ». L’agence attribue notamment cette détérioration à une augmentation équivalente à 0,8 point de PIB du coût des subventions aux carburants. Fitch n’anticipe pas de réforme budgétaire majeure à court terme. Elle considère également que la consolidation des autres dépenses courantes, particulièrement de la masse salariale publique, a pris fin. Le déficit devrait diminuer progressivement jusqu’en 2028, tout en demeurant fortement exposé à l’évolution des cours du pétrole. L’agence estime ainsi que le déficit budgétaire de 2028 dépasserait de 1,4 point de PIB sa prévision actuelle si le prix du pétrole se maintenait à 87 dollars le baril jusqu’à cette date. Une dette publique attendue à 85 % du PIB La dette publique devrait augmenter légèrement pour atteindre 85 % du PIB en 2026, puis rester globalement stable jusqu’en 2028. Ce niveau demeure très supérieur à la médiane de 55 % anticipée pour les autres émetteurs souverains notés dans la catégorie « B ». Environ 40 % de la dette tunisienne est libellée en devises, ce qui expose les finances publiques au risque de change. Une dépréciation importante du dinar augmenterait mécaniquement la valeur, exprimée en monnaie locale, de cette partie de l’endettement. Les besoins de financement de l’État devraient diminuer, mais resteraient élevés. Hors renouvellement de la dette à court terme, Fitch les estime à 13,5 % du PIB en 2028, contre une médiane de 8,9 % pour les pays comparables. Pour répondre à ces besoins, la Banque centrale de Tunisie a accordé au Trésor des financements sans intérêt de 7 milliards de dinars en 2024, puis d’un montant identique en 2025. Un prêt de 11 milliards de dinars, représentant environ 6,1 % du PIB attendu, est prévu en 2026. Fitch anticipe l’arrêt de ce mode de financement en 2027, en raison de l’absence d’importants remboursements extérieurs cette année-là. Cette évolution pourrait cependant provoquer une forte hausse du recours au marché domestique : les emprunts intérieurs nets passeraient, selon l’agence, de 1,7 % du PIB en 2026 à 6,5 % en 2027, accentuant la pression sur le système financier tunisien. Le choc pétrolier creuserait temporairement le déficit courant Fitch prévoit un élargissement du déficit courant à 3,9 % du PIB en 2026, principalement sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et de son incidence sur le déficit commercial. Cette détérioration interviendrait malgré la hausse de 44 % sur un an des recettes d’exportation d’huile d’olive au premier semestre 2026 et la bonne performance des échanges de services. Sous l’hypothèse d’une baisse des cours internationaux du pétrole, le déficit courant devrait revenir sous 2,5 % du PIB en 2027 et 2028. L’agence souligne toutefois que les comptes extérieurs restent très sensibles à un choc pétrolier prolongé. Les réserves internationales devraient diminuer en 2026 pour représenter 3,3 mois de paiements extérieurs courants, avant de remonter progressivement à 3,7 mois en 2028. Cette dernière prévision resterait inférieure à la médiane de 4,1 mois associée à la catégorie « B ». Les flux nets d’investissements directs étrangers ont atteint 2 % du PIB en 2025, portés notamment par les énergies renouvelables et les activités manufacturières. Fitch considère que ces investissements ont jusqu’à présent résisté aux tensions politiques et aux chocs extérieurs. L’Eurobond de 700 millions d’euros intégralement remboursé La Tunisie a intégralement remboursé en juillet 2026 son dernier Eurobond en circulation, d’un montant de 700 millions d’euros. Fitch précise que ce remboursement a notamment été facilité par les financements accordés par la Banque centrale à l’État. L’agence prévoit une diminution des sorties nettes liées au financement extérieur, de 3,6 % du PIB en 2024 à 1,4 % en 2026, puis leur stabilisation autour de 1 % en 2027 et 2028. Cette évolution reposerait sur la baisse des amortissements de dette publique extérieure et le maintien des décaissements provenant des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Un accès au financement commercial extérieur plus important que prévu pourrait encore réduire ces sorties. Fitch s’attend d’ailleurs à une reprise des emprunts commerciaux en 2026, sans toutefois annoncer une opération précise. Une croissance limitée à 2 % Fitch prévoit une croissance réelle moyenne de seulement 2 % entre 2026 et 2028. L’inflation moyenne devrait atteindre 5,7 % en 2026, avant de revenir autour de 5 % au cours des deux années suivantes, contre une moyenne de 8,3 % entre 2022 et 2024. La hausse des prix internationaux de l’énergie serait principalement absorbée par les subventions publiques, limitant sa transmission directe à l’inflation, mais augmentant en contrepartie la pression exercée sur le budget de l’État. L’agence signale également un risque de tensions sociales lié au chômage ainsi qu’aux perturbations de l’approvisionnement en eau et en électricité provoquées par les récentes vagues de chaleur. Elle estime que ce contexte pourrait inciter les autorités à augmenter les aides sociales ou les recrutements publics, avec une incidence supplémentaire sur les dépenses budgétaires. Quelles conditions pour une amélioration de la note ? Une amélioration de la notation tunisienne nécessiterait, selon Fitch, une réduction durable du déficit budgétaire et du ratio d’endettement, accompagnée d’une plus grande crédibilité des politiques publiques et de progrès dans l’application des réformes. Une augmentation marquée des réserves en devises, soutenue par la réduction du déficit courant et par un accès durable aux financements extérieurs, pourrait également favoriser un relèvement de la note. À l’inverse, une augmentation persistante de la dette publique, l’incapacité à réduire les déficits, une dégradation importante des comptes extérieurs, une baisse plus forte que prévu des réserves en devises ou une dépréciation désordonnée du dinar pourraient conduire Fitch à abaisser la notation souveraine. Le maintien de la note à « B- » traduit ainsi une stabilisation du risque souverain tunisien, mais pas un retour à une situation financière confortable. La résistance des comptes extérieurs et le remboursement de l’Eurobond de juillet constituent des facteurs favorables. Ils restent cependant confrontés à une dette élevée, à des besoins de financement considérables et à une dépendance budgétaire accrue envers les prix de l’énergie. Source : Fitch Ratings — « Fitch Affirms Tunisia at ‘B-’; Outlook Stable », publié le 8 septembre 2026 à 9 h 33, heure de New York, soit 14 h 33 à Tunis. (www.fitchratings.com) * contre 5,1 % selon les Résultats provisoires de l'exécution du budget de l'État à fin décembre 2025
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