La Bourse de Tunis a vécu, ce mercredi 29 juillet 2026, l'une des séances les plus mouvementées de ces dernières années. Après un début de journée marqué par une vague de ventes d'une rare intensité, le marché est parvenu à effacer l'intégralité de ses pertes avant de terminer en territoire positif, illustrant la rapidité avec laquelle les facteurs psychologiques peuvent amplifier, puis inverser, les mouvements de marché.
Dès les premiers échanges, les ordres de vente se sont multipliés, entraînant le TUNINDEX dans une chute de 3,16 % à 9h16. Conformément au règlement de parquet de la Bourse de Tunis, ce repli a déclenché le mécanisme d'interruption de cotation (« coupe-circuit »), suspendant les échanges pendant une heure afin de permettre au marché de retrouver un fonctionnement plus ordonné.
À la reprise de la cotation, à 10h16, les pressions vendeuses se sont poursuivies. L'indice a alors inscrit un point bas de séance à 18 826,39 points, soit une baisse de 4,63 %. Le marché s'est ainsi approché du seuil critique de 5 %, dont le franchissement aurait entraîné la suspension des échanges pour le reste de la journée.
Mais ce scénario ne s'est finalement pas matérialisé.
À partir de ce point bas enregistré à 10h45, le comportement des investisseurs a progressivement changé. Les ventes de panique ont laissé place à des achats opportunistes, favorisés par le retour d'une lecture plus rationnelle de la situation. Au fil de la séance, le TUNINDEX a regagné l'ensemble du terrain perdu, avant d'accélérer en fin de journée pour clôturer à 19 996,91 points, en progression de 1,30 % par rapport à la veille.
Ce spectaculaire retournement illustre le caractère essentiellement émotionnel de la correction observée en début de séance. Après plusieurs mois d'une progression quasi ininterrompue, le marché tunisien avait accumulé des performances exceptionnelles, rendant une phase de consolidation non seulement prévisible, mais également saine sur le plan technique.
Il convient également de rappeler que les éléments ayant alimenté les inquiétudes de certains investisseurs, notamment le dispositif des microfinancements d'honneur, ne constituent pas une information nouvelle. Le principe de cette réforme est connu depuis près de deux ans, et le récent décret d'application est essentiellement venu préciser les modalités opérationnelles d'un mécanisme déjà largement intégré par le marché.
Surtout, les niveaux de valorisation de la cote ne traduisent pas une situation d'excès manifeste. Sur la base des bénéfices réalisés en 2025, les sociétés cotées affichent un ratio cours/bénéfice (PER) d'environ 16 fois. Ce multiple ressort à près de 15 fois les bénéfices attendus pour 2026, un niveau qui demeure compatible avec les standards observés sur de nombreux marchés émergents et qui ne traduit pas une surévaluation généralisée.
Dans ce contexte, les épisodes de correction doivent être analysés avec discernement. Après un rallye boursier de grande ampleur depuis le début de l'année, des phases de respiration sont inévitables. Elles participent au bon fonctionnement du marché en permettant une réévaluation progressive des cours et en créant de nouvelles opportunités d'investissement, sans remettre en cause, à ce stade, la tendance haussière de fond.


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