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ECONOMIE

Céréales : la BCT relève jusqu’à 11,1 % les plafonds des crédits accordés aux exploitants

Céréales : la BCT relève jusqu’à 11,1 % les plafonds des crédits accordés aux exploitants

La Banque centrale de Tunisie a actualisé les barèmes d’intervention applicables au financement des cultures céréalières et fourragères. Les nouveaux plafonds atteignent notamment 1 930 dinars par hectare pour le blé et les légumineuses en irrigué, 1 415 dinars pour ces mêmes cultures en sec dans la zone 1 et 940 dinars pour l’orge dans la zone 1. Les relèvements varient de 1,4 % à 11,1 %, tandis que le plafond destiné aux fourrages d’hiver demeure inchangé. Ces montants constituent toutefois des plafonds bancaires et non des crédits automatiquement accordés aux agriculteurs.

La Banque centrale de Tunisie a révisé les plafonds des crédits bancaires destinés au financement des cultures céréalières et fourragères.

La circulaire aux banques n° 2026-7 du 7 août 2026 modifie les dispositions du paragraphe « a » de l’annexe I à la circulaire n° 87-47 du 23 décembre 1987 relative aux modalités d’octroi, de contrôle et de refinancement des crédits.

Le nouveau barème couvre le blé dur, le blé tendre, les légumineuses, l’orge ainsi que les fourrages d’hiver et d’été. Les montants sont exprimés en dinars par hectare et différenciés selon la culture, la zone de production et, pour certaines spéculations, le mode d’exploitation en sec ou en irrigué.

La circulaire est entrée en vigueur à compter de sa publication.

Les nouveaux plafonds en dinars par hectare

Pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses cultivés en sec, le plafond passe de 1 395 à 1 415 dinars par hectare dans la zone 1, soit une augmentation de 20 dinars ou 1,4 %.

Dans la zone 2, il progresse de 1 150 à 1 175 dinars par hectare, ce qui correspond à une hausse de 25 dinars ou 2,2 %.

Pour ces mêmes cultures en irrigué, le plafond est relevé de 1 865 à 1 930 dinars par hectare, soit 65 dinars supplémentaires et une augmentation de 3,5 %.

Les revalorisations les plus importantes concernent proportionnellement l’orge. Le plafond augmente de 9,3 % dans la zone 1, de 8,5 % dans la zone 2 et de 11,1 % dans la zone 3.

Ainsi, les nouveaux plafonds s’échelonnent de 350 dinars par hectare pour l’orge en sec dans la zone 3 à 1 930 dinars par hectare pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses en irrigué.

L’orge bénéficie des relèvements les plus importants

En valeur absolue, la plus forte augmentation concerne l’orge cultivée en sec dans la zone 1. Le plafond progresse de 80 dinars par hectare, passant de 860 à 940 dinars.

Dans la zone 2, il augmente de 70 dinars, à 890 dinars par hectare, contre 820 dinars précédemment.

Dans la zone 3, le relèvement est limité à 35 dinars par hectare en valeur absolue. Il représente cependant la plus forte progression relative du nouveau barème : 11,1 %, puisque le plafond passe de 315 à 350 dinars par hectare.

La revalorisation accordée à l’orge est donc proportionnellement plus importante que celle retenue pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses.

Une hausse plus limitée pour le blé et les légumineuses

Les plafonds applicables au blé dur, au blé tendre et aux légumineuses augmentent plus modérément.

En culture sèche, les relèvements se limitent à 20 dinars par hectare dans la zone 1 et à 25 dinars dans la zone 2. Ils correspondent respectivement à des progressions de 1,4 % et de 2,2 %.

En irrigué, le plafond atteint désormais 1 930 dinars par hectare, contre 1 865 dinars dans l’ancien barème. La hausse s’établit ainsi à 65 dinars ou 3,5 %.

Le plafond applicable à l’irrigué demeure nettement supérieur à ceux retenus pour les cultures en sec. Cet écart reflète notamment les dépenses supplémentaires liées à l’irrigation, à l’énergie et aux équipements nécessaires.

Le plafond des fourrages d’hiver reste inchangé

La révision ne se traduit pas par une hausse généralisée de tous les montants.

Pour les fourrages d’hiver cultivés en sec, le plafond reste fixé à 1 030 dinars par hectare. Il est donc identique à celui de l’ancien barème.

En revanche, le plafond applicable aux fourrages d’été en irrigué passe de 1 205 à 1 260 dinars par hectare. L’augmentation atteint 55 dinars, soit 4,6 %.

Les échéances restent fixées au 31 août pour les céréales, l’orge et les fourrages d’hiver. Celle des fourrages d’été demeure arrêtée au 30 septembre, conformément à leur calendrier de production.

Des plafonds, et non des crédits garantis

La principale précaution concerne la portée exacte des montants publiés par la BCT.

La note accompagnant le tableau précise explicitement que le barème constitue un plafond. Les montants indiqués ne correspondent donc ni à une subvention ni à une somme automatiquement accordée à chaque agriculteur.

La banque doit moduler le crédit en fonction de trois critères mentionnés par la circulaire :

  • la taille de l’exploitation ;
  • les dépenses à engager ;
  • les rendements réalisés au cours des dernières campagnes.

Un exploitant ne recevra donc pas nécessairement le montant maximal multiplié par le nombre d’hectares cultivés. Le financement effectivement accordé restera soumis à l’examen du dossier par la banque, notamment à l’évaluation de la capacité de remboursement, de l’historique bancaire et des garanties disponibles.

Un agriculteur peut ainsi obtenir un montant inférieur au plafond ou voir sa demande refusée si son dossier est considéré comme trop risqué.

Pourquoi cette révision est importante

Le crédit de campagne doit permettre à l’exploitant de financer les dépenses précédant la récolte : préparation du sol, semences, engrais, produits de traitement, carburant, irrigation, main-d’œuvre et prestations de mécanisation.

Lorsque le plafond bancaire reste inférieur au coût réel de ces opérations, l’agriculteur doit mobiliser davantage de fonds propres, différer certaines dépenses ou rechercher d’autres sources de financement.

Il peut également être conduit à réduire l’utilisation des intrants, avec des conséquences possibles sur les rendements et la qualité de la récolte.

La révision décidée par la BCT augmente donc la capacité réglementaire d’intervention des banques. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer si les nouveaux plafonds couvrent effectivement l’évolution des coûts de production.

À cet égard, les hausses limitées à 1,4 % et 2,2 % pour le blé et les légumineuses cultivés en sec devront notamment être rapprochées de l’évolution réelle du coût des semences, des engrais, du carburant, de la main-d’œuvre et des travaux mécanisés.

Le risque climatique continue de peser sur le financement

Le remboursement des crédits de campagne intervient généralement après la récolte, alors que les rendements restent fortement dépendants de la pluviométrie.

Cette exposition au risque climatique peut conduire les banques à maintenir une politique prudente, même lorsque les plafonds réglementaires sont relevés.

Pour un agriculteur déjà endetté, la possibilité d’emprunter davantage ne constitue pas nécessairement une solution suffisante. Une mauvaise récolte peut réduire les recettes attendues et rendre le remboursement plus difficile.

L’efficacité de la mesure dépendra donc aussi des mécanismes de couverture du risque agricole, des possibilités de rééchelonnement après une calamité naturelle et de la capacité des exploitants à accéder à une nouvelle campagne de financement.

Les petits exploitants restent les plus difficiles à financer

Le relèvement des plafonds ne supprime pas les obstacles rencontrés par les petits céréaliers.

Une partie de ces exploitants ne dispose pas de garanties réelles suffisantes, de titres fonciers régularisés ou d’informations financières permettant aux banques d’évaluer précisément leur capacité de remboursement.

Le nouveau barème pourrait ainsi profiter principalement aux exploitations déjà bancarisées et disposant d’un historique satisfaisant.

L’enjeu consiste donc à transformer les plafonds réglementaires en financements effectivement accessibles, notamment pour les petites exploitations économiquement viables mais insuffisamment couvertes par des garanties classiques.

Un enjeu pour la production nationale et les importations

L’accès au financement de campagne influence directement la capacité des agriculteurs à emblaver les superficies prévues et à utiliser les intrants au moment opportun.

Une insuffisance de financement peut entraîner une réduction des superficies cultivées ou des rendements. Une récolte nationale plus faible augmente ensuite les besoins d’importation de blé tendre, de blé dur ou d’orge.

L’incidence sur les comptes extérieurs dépend alors des volumes importés, des cours internationaux, du coût du fret et du taux de change du dinar face aux devises de règlement.

Le financement des céréaliers constitue ainsi un enjeu qui dépasse la relation entre l’agriculteur et sa banque. Il touche également la sécurité alimentaire et la facture d’importation du pays.

L’efficacité devra être mesurée sur les crédits réellement débloqués.

La circulaire n° 2026-7 apporte une réponse réglementaire à l’évolution des besoins de financement des cultures céréalières et fourragères.

Son impact ne devra cependant pas être apprécié à partir des seuls plafonds affichés. Il faudra suivre :

  • le nombre d’exploitants ayant effectivement obtenu un crédit ;
  • les montants réellement débloqués ;
  • les superficies financées ;
  • les délais de traitement des dossiers ;
  • les taux d’intérêt et les commissions appliqués ;
  • la répartition des financements entre petites et grandes exploitations.

Le véritable indicateur sera donc la capacité du système bancaire à transformer les nouveaux barèmes en crédits accessibles avant le démarrage des opérations culturales.

La révision autorise désormais des financements pouvant atteindre 1 930 dinars par hectare pour le blé et les légumineuses en irrigué. Mais son efficacité dépendra du montant effectivement accordé à chaque exploitant, du coût total du crédit et, surtout, de la capacité de la prochaine récolte à générer les revenus nécessaires au remboursement.

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