Tunis Stock Exchange
- TUNINDEX 19 150,58
- Day Change -0,93 %
- YTD +43,54 %
- Capitaux séance 5,99 MD
L’évolution récente de BNA mérite une attention particulière. Après plusieurs semaines d’hésitation autour des 23–24 DT, le titre vient finalement de rompre sa dynamique de consolidation et d’entrer dans une phase de baisse plus franche. L’analyse à travers l’Ichimoku permet de mieux comprendre cette dégradation progressive de la structure technique. Une première alerte avec le croisement Chikou / Tenkan Le premier élément à surveiller a été le croisement de la Chikou Span avec la Tenkan Sen. Ce croisement est intervenu dans une zone où acheteurs et vendeurs se livraient déjà une véritable bataille pour le contrôle de la tendance à court terme. Pendant plusieurs séances, le cours a évolué dans une configuration relativement hésitante, avec une succession de réactions autour des niveaux 23–24 DT. Cette phase traduisait une perte progressive de momentum après la forte progression enregistrée depuis le début de l’année. Le croisement de la Chikou avec la Tenkan constituait donc un premier signal de fragilisation de la dynamique haussière. Mais à ce stade, le signal ne suffisait pas encore à lui seul pour conclure à un retournement majeur. La bataille entre acheteurs et vendeurs La période qui a suivi a parfaitement illustré cette phase d’indécision. Les acheteurs ont tenté à plusieurs reprises de préserver la structure haussière et de maintenir le titre au-dessus des supports intermédiaires. De leur côté, les vendeurs ont progressivement augmenté leur pression. Cette confrontation s’est matérialisée par une succession de mouvements courts, de rebonds et de rejets autour de la zone des 23–24 DT. Puis, finalement, l’équilibre s’est rompu. Une accélération baissière désormais clairement visible La cassure récente marque un changement beaucoup plus important dans la dynamique. Le mouvement baissier s’est accéléré et le cours est désormais revenu vers 21,44 DT, avec une séance particulièrement marquée par la pression vendeuse. Mais surtout, la dégradation ne concerne plus uniquement le prix. La Chikou Span vient également de franchir la Kijun Sen à la baisse, ce qui constitue un signal supplémentaire de détérioration de la structure Ichimoku. Nous avons donc désormais une succession de signaux qui vont dans le même sens : Chikou / Tenkan → fragilisation⬇️Pression vendeuse croissante⬇️Accélération baissière du prix⬇️Chikou / Kijun → confirmation supplémentaire de la faiblesse Cette synchronisation des signaux mérite d’être surveillée. Prochaine zone clé : 18 DT Dans cette configuration, la zone située autour de 18 DT devient particulièrement importante. Elle correspond à une ancienne zone de réaction du marché et constitue actuellement le principal niveau technique à surveiller. Le scénario baissier pourrait donc conduire progressivement le titre vers cette zone. 18 DT n’est toutefois pas un niveau où il faudrait automatiquement acheter. C’est avant tout une zone d’observation. La question essentielle sera de savoir comment le marché réagira lorsqu’il atteindra cette zone. Un simple contact avec 18 DT ne constitue pas une confirmation de retournement. Ce que nous chercherons avant d’envisager un achat L’approche Ichimoku impose ici de rester patient. Avant d’envisager un repositionnement à l’achat, il faudra observer un changement de dynamique. Plusieurs éléments pourraient constituer des signes intéressants : Stabilisation du cours autour de la zone des 18 DT ; Apparition d’une réaction acheteuse significative ; Capacité du titre à construire un nouveau support ; Amélioration du Momentum ; Reprise de la Tenkan ; Évolution favorable de la Chikou Span ; Et surtout, confirmation que la pression vendeuse est réellement en train de s’épuiser. L’objectif n’est donc pas de « rattraper la baisse », mais d’attendre que le marché nous donne un signal permettant de construire un scénario haussier avec un rapport risque/rendement intéressant. En conclusion, BNA traverse actuellement une phase de correction technique après une importante séquence haussière. Le croisement Chikou/Tenkan avait constitué une première alerte. La bataille entre acheteurs et vendeurs qui a suivi s’est finalement soldée par une prise de contrôle des vendeurs, accompagnée d’une accélération baissière. Le récent croisement baissier de la Chikou avec la Kijun renforce cette lecture négative à court terme. À présent, la zone des 18 DT constitue le principal niveau technique à surveiller. C’est autour de cette zone que nous chercherons à déterminer si le marché est simplement en train de poursuivre sa correction ou s’il prépare progressivement une nouvelle phase d’accumulation. Pour l’instant, la prudence reste donc de mise. Le prochain signal intéressant ne sera pas forcément la baisse vers 18 DT, mais le changement de dynamique qui pourrait éventuellement apparaître autour de ce niveau. Par Tera Finance Research en collaboration avec Tera Training Analyse technique basée sur l’Ichimoku. Cette analyse constitue une lecture graphique du marché et ne représente pas une recommandation d’investissement.
Le prix du Brent a franchi, mercredi 9 septembre 2026, la barre symbolique des 100 dollars le baril, dans un contexte de forte aggravation des tensions au Moyen-Orient. Le contrat de référence a atteint un plus haut intrajournalier de 100,19 dollars, un niveau qu’il n’avait plus enregistré depuis le 24 juillet, avant de repasser momentanément sous ce seuil. Cette hausse ne résulte pas uniquement d’un mouvement spéculatif. Elle traduit les inquiétudes croissantes concernant la continuité des approvisionnements pétroliers en provenance du Moyen-Orient, alors que les attaques touchent désormais plusieurs voies et installations stratégiques. Les infrastructures saoudiennes sous pression Le nouveau mouvement haussier intervient après des attaques menées par les Houthis contre des installations énergétiques en Arabie saoudite, dont certaines ont été incendiées. Ces opérations font craindre un élargissement du conflit et une perturbation supplémentaire des exportations de brut. Les tensions concernent désormais à la fois le détroit d’Ormuz et les routes maritimes passant par la mer Rouge. Cette dernière constituait pourtant l’un des itinéraires alternatifs permettant aux producteurs du Golfe de contourner partiellement les difficultés rencontrées dans le détroit d’Ormuz. Selon Reuters, les flux transitant récemment par Ormuz seraient tombés sous les 2 millions de barils par jour, contre environ 8 à 9 millions avant la reprise des combats à la fin du mois d’août. Ces estimations reposent toutefois sur les données de sociétés spécialisées dans le suivi maritime et restent entourées d’incertitudes. Une facture énergétique tunisienne plus vulnérable Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse le franchissement ponctuel d’un seuil psychologique sur les marchés internationaux. À fin juin 2026, le taux d’indépendance énergétique du pays s’établissait à seulement 34 %, contre 38 % un an auparavant, selon le ministère chargé de l’Énergie. La Tunisie demeure ainsi fortement tributaire des importations pour satisfaire ses besoins en produits pétroliers et en gaz. Un Brent durablement supérieur à 100 dollars pourrait alourdir le déficit commercial énergétique, accroître les besoins en devises et augmenter le coût budgétaire des subventions aux carburants. L’incidence effective dépendra néanmoins des prix réellement payés par les opérateurs tunisiens, des contrats d’approvisionnement, du calendrier des cargaisons et de l’évolution du dinar face au dollar. Dans sa dernière évaluation de la Tunisie, Fitch Ratings prévoit déjà un déficit budgétaire de 6,4 % du PIB en 2026. L’agence estime que l’augmentation du coût des subventions aux carburants représente environ 0,8 point de PIB supplémentaire. Une nouvelle hausse durable du pétrole pourrait donc accentuer la pression sur les finances publiques ou conduire les autorités à réexaminer les mécanismes de compensation et les prix administrés. Le seuil de 100 dollars doit-il inquiéter ? Le dépassement intrajournalier des 100 dollars ne signifie pas encore que le Brent s’installera durablement au-dessus de ce niveau. La trajectoire dépendra principalement de l’ampleur des perturbations physiques, de la capacité des pays producteurs à utiliser des routes alternatives et de l’éventuelle détente du conflit. Pour l’économie tunisienne, le risque deviendrait nettement plus important si le choc se prolongeait plusieurs semaines. Le véritable indicateur à surveiller n’est donc pas seulement le cours quotidien du Brent, mais sa moyenne sur plusieurs mois, celle-ci déterminant progressivement le coût réel des importations, la charge de compensation et l’effet sur la balance commerciale.
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