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La métamorphose de la structure du PNB des banques tunisiennes
BOURSE, ECONOMIE

La métamorphose de la structure du PNB des banques tunisiennes

31/05/2026 22:49 107 vues Par Tera Finances

Au cours des cinq dernières années, la physionomie et la structure du Produit Net Bancaire (PNB) des 22 banques tunisiennes résidentes ont subi une transformation radicale, marquant une rupture nette avec les équilibres qui prévalaient jusqu'en 2020. Une structure stable entre 2015 et 2020 Jusqu'en 2020, la composition du PNB affichait une relative stabilité. La marge d'intérêt (MIF) en constituait le pilier dominant, accaparant 55,2% du PNB en 2015, puis 55,8% en 2020. Elle était secondée par la marge sur commissions, qui représentait respectivement 22,2% puis 21,2% du PNB, suivie des revenus du portefeuille titres (banking et trading book) à hauteur de 16,0% puis 15,6%, et enfin des gains de la salle des changes, contribuant à hauteur de 6,6% en 2015, avant de progresser légèrement à 7,4% en 2020. Cette légère montée des gains de change s'est faite essentiellement au détriment des commissions, sans pour autant bouleverser les grands équilibres structurels. Un basculement structurel majeur entre 2020 et 2025 En revanche, la rupture structurelle s'est cristallisée entre 2020 et 2025, redessinant en profondeur le visage du PNB bancaire tunisien. L'effondrement de la marge d'intérêt constitue le fait marquant de cette période : sa part est passée de 55,8% en 2020 à seulement 38,6% en 2025, soit une contraction de plus de 17 points de pourcentage en l'espace de cinq ans. Ce recul traduit les effets conjugués de la pression sur les taux d'intérêt, d'une intermédiation classique sous tension et d'une réallocation progressive des bilans bancaires vers des actifs moins consommateurs de liquidités.     La montée en puissance des revenus du portefeuille titres constitue la contrepartie directe de cet effondrement. Leur part dans le PNB a bondi de 15,6% en 2020 à 35,6% en 2025, soit plus du double en cinq ans, faisant de cette composante le deuxième contributeur au PNB, quasiment à égalité avec la marge d'intérêt. Cette dynamique s'explique principalement par l'essor du portefeuille titres d'investissement, lui-même dominé par les Bons du Trésor Assimilables (BTA), les emprunts nationaux, les titres de participation et les fonds gérés en capital-risque. L'explosion des BTA dans les bilans bancaires Les données de la Banque Centrale de Tunisie illustrent avec éloquence cette financiarisation croissante des bilans bancaires : En valeur absolue, les encours de BTA détenus par les banques sont passés de 6 273,3 millions de dinars en 2015 à 10 043,4 millions de dinars en 2020 (+60,1%), avant d'exploser à 26 150,6 millions de dinars en 2025, soit une hausse de +160,4% entre 2020 et 2025. En proportion du total des actifs bancaires, le poids des BTA est passé de 7,0% en 2015 à 7,6% en 2020, puis a quasiment doublé pour atteindre 13,9% en 2025 — et ce, sans même comptabiliser les emprunts obligataires nationaux. Ce phénomène de financiarisation des bilans bancaires prend une dimension encore plus saisissante lorsqu'on l'examine à travers le prisme des banques publiques.

ENNAKL anticipe les nouvelles contraintes réglementaires
BOURSE

ENNAKL anticipe les nouvelles contraintes réglementaires

27/05/2026 16:42 24 vues Par Tera Finances

ENNAKL Automobiles a clôturé l'exercice 2025 sur des résultats solides, confirmant la résilience de son modèle économique et la robustesse de sa structure financière. Le concessionnaire automobile a réalisé un chiffre d'affaires de 615 millions de dinars, en progression de 3,4 % par rapport à l'exercice précédent. Pour générer ce niveau d'activité, la société a supporté un coût des ventes de 506,4 millions de dinars, dégageant ainsi une marge brute de 108,7 millions de dinars. Cette performance se traduit par un taux de marge de 21,5 % et un taux de marque de 17,7 %, des niveaux qui demeurent satisfaisants dans un secteur fortement concurrentiel et dépendant des conditions d'importation. Une structure financière particulièrement saine La solidité financière d'ENNAKL ressort clairement à travers son faible niveau d'endettement. À fin 2025, la dette financière brute ne représente que 0,7 % des capitaux propres, contre 5,4 % un an auparavant. Cette situation contraste avec celle de nombreuses entreprises du secteur qui recourent davantage au financement bancaire. Avec des capitaux propres atteignant 221,4 millions de dinars, la société dispose d'une base financière confortable et d'une capacité significative de mobilisation de ressources supplémentaires en cas de besoin. Un besoin en fonds de roulement sous contrôle L'analyse du cycle d'exploitation montre toutefois une augmentation du besoin en fonds de roulement (BFR) au cours de l'exercice. Le BFR s'établit à 82,6 millions de dinars, soit l'équivalent de 49 jours de chiffre d'affaires, contre 47,9 millions de dinars et 29,4 jours de chiffre d'affaires en 2024. Cette évolution s'explique principalement par : la hausse des stocks liée au volume d'activité ; l'augmentation des créances clients ; un délai moyen de recouvrement des créances d'environ 56 jours. Cette situation demeure néanmoins maîtrisée grâce à un délai fournisseur particulièrement favorable de 111 jours, qui constitue une source importante de financement du cycle d'exploitation. Une trésorerie limitée au regard des volumes d'importation Au 31 décembre 2025, les liquidités et équivalents de liquidités inscrits au bilan s'élèvent à 10,2 millions de dinars. Ce montant peut paraître relativement faible au regard d'un volume annuel d'achats supérieur à 500 millions de dinars. Cette situation est toutefois classique dans le secteur automobile où les importations sont généralement sécurisées par des mécanismes de financement du commerce international et des garanties bancaires. Parmi ces instruments figurent notamment les Standby Letters of Credit (SBLC), ou lettres de crédit stand-by, qui constituent des garanties bancaires irrévocables par lesquelles une banque s'engage à indemniser un fournisseur étranger en cas de défaillance de son client. Ces mécanismes permettent aux concessionnaires automobiles de sécuriser leurs approvisionnements tout en optimisant l'utilisation de leur trésorerie. Un changement réglementaire majeur intervenu après la clôture de l'exercice Quelques mois après la clôture des comptes 2025, le cadre réglementaire applicable aux importations a connu une évolution importante. La Banque Centrale de Tunisie a publié le 26 mars 2026 la circulaire n°2026-04 relative au financement des importations de produits considérés comme non prioritaires. Cette circulaire impose désormais aux importateurs concernés de constituer, sur leurs propres fonds, des dépôts en numéraire couvrant la totalité des opérations bénéficiant de concours financiers ou de garanties bancaires. Les crédits documentaires ainsi que les garanties bancaires, quelle qu'en soit la nature, sont expressément visés par cette disposition. Les véhicules de tourisme figurent parmi les produits concernés par cette nouvelle réglementation, ce qui affecte directement les opérateurs du secteur automobile. Cette mesure a pour conséquence d'accroître significativement les besoins de trésorerie des importateurs, qui doivent désormais immobiliser des fonds propres auprès de leurs banques pour maintenir les dispositifs de garanties nécessaires à leurs opérations d'importation. ENNAKL anticipe ses futurs besoins de financement C'est dans ce contexte réglementaire nouveau que la société a informé ses actionnaires et le public que son Conseil d'administration, réuni le 25 mai 2026, a examiné et validé deux opérations de financement : une Convention d'Avance en Compte Courant d'Associé pour un montant de 50 millions de dinars ; une émission d'emprunts obligataires ordinaires, sans recours à l'appel public à l'épargne, pour un montant pouvant atteindre 100 millions de dinars. Selon la société, ces deux instruments ont vocation à permettre la constitution des dépôts en numéraire qui seront exigés pour le renouvellement des Standby Letters of Credit (SBLC) déjà mises en place auprès des intermédiaires agréés, conformément aux nouvelles dispositions de la circulaire de la Banque Centrale. Afin de concrétiser cette opération, le Conseil d'administration a décidé de convoquer une Assemblée Générale Ordinaire le 24 juin 2026, appelée à autoriser l'émission de l'emprunt obligataire envisagé. Une démarche d'anticipation plus qu'un besoin de refinancement L'annonce de ces opérations ne traduit pas une dégradation de la situation financière d'ENNAKL Automobiles. Les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025 montrent au contraire une société rentable, faiblement endettée et disposant d'un niveau élevé de fonds propres. Les financements envisagés apparaissent davantage comme une réponse stratégique à l'évolution du cadre réglementaire qu'à une contrainte de liquidité. Ils permettront à la société de préserver sa capacité d'importation, de sécuriser ses relations avec ses fournisseurs internationaux et de poursuivre son développement dans un environnement devenu plus exigeant en matière de financement du commerce extérieur.

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