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Pétrole : l’AIE, repousse à 2027 la normalisation des approvisionnements du Golfe
ECONOMIE

Pétrole : l’AIE, repousse à 2027 la normalisation des approvisionnements du Golfe

11/09/2026 15:41 8 vues Par Tera Finances

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) anticipe désormais un choc pétrolier plus durable qu’initialement prévu. Dans son rapport mensuel publié vendredi 11 septembre, l’organisation repousse à 2027 le rétablissement complet des approvisionnements des producteurs du Golfe, toujours affectés par les tensions géopolitiques et les perturbations des routes maritimes. L’offre mondiale de pétrole devrait ainsi reculer de 5,7 millions de barils par jour en 2026, soit environ 6 %, pour s’établir en moyenne à 100,7 millions de barils par jour. Cette prévision a été abaissée de 1,3 million de barils par rapport au précédent rapport de l’AIE. Pour 2027, l’agence table cependant sur un rebond de la production mondiale de 8 millions de barils par jour. La contraction est déjà visible dans les données d’août. La production mondiale a diminué de 1,6 million de barils par jour en un mois, à 100,1 millions, alors que plus de 10 millions de barils de capacités du Golfe demeuraient à l’arrêt. L’offre saoudienne serait notamment tombée à environ 6 millions de barils par jour, son niveau le plus faible depuis plus de trente ans. Des stocks fortement sollicités Jusqu’à présent, la baisse des stocks a permis de compenser une partie de l’insuffisance de l’offre. Les réserves pétrolières observées dans le monde ont chuté de 95 millions de barils en août. Depuis février, leur diminution cumulée atteint 507 millions de barils, soit un rythme moyen de 2,8 millions de barils par jour. Cette capacité d’amortissement s’affaiblit donc progressivement. Les volumes de pétrole transportés par mer ont également diminué, tandis que les risques sécuritaires ont fortement renchéri le fret et les assurances. Les tensions sont encore plus prononcées sur les produits raffinés. Les exportations de gazole en provenance du Golfe se sont limitées à 390 000 barils par jour en août, soit un peu plus du quart de leur niveau antérieur à la crise. Parallèlement, les perturbations touchant les raffineries russes ont accentué la pénurie. Aux États-Unis, les prix du diesel ont dépassé l’équivalent de 200 dollars le baril au début de septembre, selon l’AIE. La flambée des prix détruit une partie de la demande Face au renchérissement de l’énergie et à la raréfaction de certains produits, l’AIE prévoit désormais une baisse de la demande mondiale de 2,5 millions de barils par jour en 2026. Cette contraction est supérieure de 940 000 barils à sa précédente estimation. Les pertes devraient principalement concerner les distillats moyens, dont le diesel, ainsi que les matières premières utilisées par la pétrochimie, particulièrement en Asie. L’agence prévoit néanmoins un redressement de la consommation de 2,6 millions de barils par jour en 2027. Cette reprise compenserait de justesse le recul enregistré cette année. Les perspectives restent cependant très incertaines, comme le montre l’écart avec les prévisions de l’Opep. Cette dernière anticipe encore une augmentation de la demande mondiale de 380 000 barils par jour en 2026, malgré cinq révisions baissières consécutives. Le marché entre ainsi dans une phase où la diminution de la consommation ne suffit pas à neutraliser celle, plus rapide, de l’offre. Sans amélioration durable des flux provenant du Golfe et sans détente sur les routes maritimes, l’érosion des stocks et les difficultés du raffinage pourraient prolonger les tensions bien au-delà de la flambée actuelle des cours.

LAND’OR : un premier semestre 2026 porté par l’export et l’effet de ciseau sur les marges
BOURSE

LAND’OR : un premier semestre 2026 porté par l’export et l’effet de ciseau sur les marges

11/09/2026 14:51 7 vues Par Tera Finances

La Société LAND’OR publie des états financiers intermédiaires qui traduisent une nette amélioration de la performance semestrielle : le chiffre d’affaires progresse de 14,6% sur un an, porté par un rebond spectaculaire de l’export vers la Libye, tandis que la marge brute, l’EBITDA et le résultat net affichent tous des croissances à deux chiffres, le résultat net bondissant de 81,2%. Le groupe poursuit par ailleurs son désendettement et dégage davantage de trésorerie d’exploitation, tout en continuant de soutenir sa filiale marocaine, dont la situation reste sous surveillance. Chiffre d’affaires : l’export prend le relais Les revenus de LAND’OR s’établissent à 110,6 MDT au premier semestre 2026, contre 96,4 MDT un an plus tôt, soit une progression de 14,6%. Cette accélération ne doit toutefois pas grand-chose à l’activité domestique : le chiffre d’affaires local, qui reste la composante dominante, croît de façon plus modeste, de 87,4 MDT à 82,6 MDT, en hausse de 5,8%, quand le chiffre d’affaires à l’export bondit de 13,9 MDT à 23,2 MDT, soit +67,1%. La part de l’export dans le chiffre d’affaires total passe ainsi de 14,4% à 21,0% en l’espace d’un an, un vrai changement de structure pour un industriel agroalimentaire tunisien, et non un simple effet conjoncturel. La société l’explique elle-même dans ses faits marquants de la période : l’ouverture de nouvelles lignes de lettres de crédit entre la Libye et la Tunisie a permis de fluidifier et de sécuriser les paiements sur ce marché d’exportation historique pour LAND’OR, débloquant des volumes qui étaient jusque-là contraints par le risque de règlement. Les autres produits d’exploitation, plus accessoires, progressent de 25% (1,0 MDT contre 0,8 MDT), portant le total des produits d’exploitation à 111,6 MDT (+14,7%). Achats consommés : une progression contenue Les achats consommés — achats de matières premières et d’emballages, nets de la variation des stocks de matières, augmentés des autres achats et de la variation de stocks des produits finis — s’élèvent à 72,4 MDT au 30 juin 2026, contre 67,2 MDT au 30 juin 2025, en hausse de 7,7% seulement. Le point clé est que cette progression reste très inférieure à celle du chiffre d’affaires (+14,6%) : LAND’OR consomme proportionnellement moins de matière et de production stockée pour produire davantage de revenus, un signe de stabilisation des prix d’achat et/ou d’un meilleur mix de vente sur la période. Marge brute : une nette expansion Mécaniquement, la marge brute — revenus diminués des achats consommés — ressort à 38,1 MDT au 30 juin 2026, contre 29,2 MDT un an plus tôt, en progression de 30,5%. Le taux de marge brute gagne 4,2 points, de 30,3% à 34,5% des revenus. Cette nette expansion de la rentabilité brute, conjuguée à la forte croissance du chiffre d’affaires, constitue le principal moteur de l’amélioration des résultats du semestre. EBITDA : un effet de ciseau très favorable Les charges de personnel progressent de manière plus soutenue, de 8,6 MDT à 10,7 MDT (+24,5%), tandis que les autres charges d’exploitation restent contenues, de 9,4 MDT à 10,1 MDT (+6,7%). Malgré l’accélération de la masse salariale, l’EBITDA ressort en forte hausse à 17,3 MDT, contre 11,2 MDT au 30 juin 2025, soit +55,2%, et le taux de marge sur EBITDA progresse de 4,1 points, de 11,6% à 15,7% des revenus. L’effet de ciseau est donc très favorable à tous les étages : la croissance des charges reste, à chaque niveau, nettement inférieure à celle de la marge qui la précède. Résultat d’exploitation : une marge qui dépasse déjà le rythme de 2025 Les dotations aux amortissements et aux provisions augmentent nettement, de 3,0 MDT à 5,0 MDT, un poste qui intègre notamment une dépréciation complémentaire de 1 000 KDT constatée sur les titres de participation de la filiale marocaine Land’Or Maroc (voir plus loin). Le résultat d’exploitation s’établit ainsi à 13,4 MDT au 30 juin 2026, contre 9,0 MDT au 30 juin 2025, en hausse de 47,9%. Rapporté au total des produits d’exploitation, le taux de marge d’exploitation atteint 12,0% au premier semestre 2026, contre 9,3% un an plus tôt, et contre 10,5% sur l’ensemble de l’exercice 2025. La rentabilité d’exploitation du semestre dépasse ainsi, en taux, celle réalisée sur les douze mois de 2025 — et en valeur, les 13,4 MDT de résultat d’exploitation engrangés en six mois représentent déjà près des deux tiers (63%) des 21,4 MDT générés sur l’ensemble de l’exercice précédent, ce qui traduit une dynamique de marge plus favorable qu’en 2025. Résultat financier : charges allégées, placements plus rémunérateurs Les charges financières nettes reculent de 3,4 MDT à 2,8 MDT, soit un allègement de 19,2%. Cette amélioration provient essentiellement d’une forte réduction de la perte de change nette (0,1 MDT contre 0,8 MDT), les intérêts bancaires sur les lignes BT et UBCI diminuant également légèrement. À l’inverse, les intérêts sur crédits de gestion et autres frais financiers progressent (1,8 MDT contre 1,6 MDT), une évolution cohérente avec un recours plus soutenu aux financements courants pour accompagner la croissance de l’activité. Les produits des placements bondissent de 0,3 MDT à 0,9 MDT (+238,5%), portés par un encours de placements bancaires élevé sur la période (24,0 MDT au 30 juin 2026). Les autres gains ordinaires reculent en revanche fortement, de 0,8 MDT à 0,2 MDT, principalement du fait de moindres plus-values de cession d’immobilisations ; les autres pertes ordinaires, marginales (0,1 MDT en 2025), sont nulles en 2026. Résultat avant impôt et charge d’impôt Porté par l’amélioration conjointe du résultat d’exploitation et du résultat financier, le résultat des activités ordinaires avant impôt s’envole à 11,6 MDT au 30 juin 2026, contre 6,6 MDT au 30 juin 2025, en progression de 76,3%. La charge d’impôt sur les sociétés augmente à due proportion de l’amélioration du résultat, de 2,0 MDT à 3,3 MDT (+65,2%). Elle se décompose, en 2,9 MDT d’impôt sur les bénéfices et 0,4 MDT au titre de la contribution de sécurité sociale instaurée par l’article 53 de la loi de finances 2018. Le taux d’imposition effectif ressort ainsi à 28,5% au 30 juin 2026, en léger repli par rapport aux 30,4% du 30 juin 2025. Résultat net : une rentabilité qui accélère Le résultat net de la période atteint 8,3 MDT, contre 4,6 MDT au 30 juin 2025, soit une progression de 81,2%. Le taux de marge nette gagne 2,7 points, de 4,7% à 7,5% du total des produits d’exploitation. Rentabilité financière (ROE) Rapporté aux capitaux propres avant affectation du résultat, le ROE non annualisé du semestre s’établit à 7,4% au 30 juin 2026, contre 4,4% au 30 juin 2025, soit un gain de 3,0 points en un an — une amélioration cohérente avec la forte progression du résultat net, la base de capitaux propres n’ayant que peu varié. En annualisant simplement ce rythme semestriel, le ROE ressortirait à 14,8% pour l’exercice 2026 en cours, à comparer aux 12,4% effectivement réalisés sur l’ensemble de l’exercice 2025, soit un gain potentiel de 2,4 points. Cet exercice reste une simple projection arithmétique — la performance du second semestre n’est pas acquise — mais il confirme une trajectoire de rentabilité des fonds propres orientée à la hausse. Besoin en fonds de roulement : une légère détente, en partie liée au calendrier des dividendes Le besoin en fonds de roulement (stocks, créances clients et autres actifs courants nets, diminués des provisions pour risques et charges, des fournisseurs et des autres passifs courants) recule de 15,3 MDT au 31 décembre 2025 à 14,2 MDT au 30 juin 2026, soit -1,1 MDT (-7,1%). Ce recul intervient pourtant alors que les stocks nets et surtout les créances clients nettes progressent sensiblement sur la période (respectivement +2,5 MDT et +5,3 MDT), portés par la croissance de l’activité. La détente du BFR s’explique en réalité par une progression encore plus marquée des passifs d’exploitation, notamment des autres passifs courants (+4,6 MDT). Le tableau de mouvement des capitaux propres révèle qu’une distribution de dividendes de 5,5 MDT a été votée lors de l’assemblée générale ordinaire du 29 juin 2026, mais n’avait pas encore été décaissée à la date de clôture intermédiaire (le flux « paiement de dividendes » de l’état des flux de trésorerie est nul au 30 juin 2026). Cette dette de dividende à payer, temporairement logée dans les autres passifs courants, allège mécaniquement le BFR affiché à la clôture et devrait se résorber lors de son règlement effectif au second semestre. Placements et liquidités : une mobilisation modérée Les placements et autres actifs financiers, intégralement composés de placements bancaires, reculent légèrement de 25,5 MDT au 31 décembre 2025 à 24,0 MDT au 30 juin 2026, soit -5,9%. Les liquidités et équivalents de liquidités suivent une trajectoire similaire, de 11,6 MDT à 10,9 MDT, soit -5,8%. Ce léger recul conjoint traduit une mobilisation mesurée des excédents de trésorerie pour financer l’activité et l’investissement du semestre, sans remettre en cause le confort global de la position de liquidité du groupe. Dette financière : un désendettement net marqué La dette financière brute (emprunts, autres passifs financiers et concours bancaires) recule de 42,8 MDT au 31 décembre 2025 à 37,1 MDT au 30 juin 2026, soit -13,2%, portée à la fois par le remboursement des emprunts à moyen et long terme (14,5 MDT contre 16,7 MDT) et par la baisse des concours bancaires et autres passifs financiers (22,6 MDT contre 26,1 MDT). Compte tenu du niveau élevé de placements et de liquidités disponibles, la dette financière nette fond de 5,7 MDT à 2,2 MDT, soit un recul de 60,9% en six mois. LAND’OR se rapproche ainsi d’une quasi-neutralité financière, une situation qui lui laisse une marge de manœuvre significative pour poursuivre ses investissements, notamment le soutien apporté à sa filiale marocaine. Flux de trésorerie : un semestre nettement plus générateur de cash Le flux de trésorerie provenant des activités d’exploitation progresse de 7,3 MDT à 8,7 MDT, soit +18,3%, dans le sillage de la hausse du résultat net. Le flux affecté aux activités d’investissement s’accroît en revanche fortement, de 2,7 MDT à 4,4 MDT de sorties nettes (+63,3%), principalement du fait d’un décaissement de 3,0 MDT au titre de l’acquisition d’immobilisations financières — la participation de LAND’OR à l’augmentation de capital de sa filiale marocaine Land’Or Maroc— auquel s’ajoutent 1,5 MDT d’investissements industriels courants (immobilisations corporelles et incorporelles). Le flux affecté aux activités de financement s’allège au contraire très nettement, de 9,7 MDT à 2,9 MDT de sorties nettes, soit -70,0% : l’exercice précédent supportait un remboursement ponctuel de 7,6 MDT lié au financement de stock, qui ne se reproduit pas cette année, tandis que le remboursement récurrent des emprunts à moyen et long terme progresse modérément (2,9 MDT contre 2,6 MDT). Au total, la variation de trésorerie de la période redevient largement positive, à +1,4 MDT contre -5,1 MDT un an plus tôt, un retournement de près de 6,5 MDT. La trésorerie à la clôture de la période intermédiaire s’établit à 16,2 MDT au 30 juin 2026, contre 14,8 MDT au 31 décembre 2025, en progression de 9,3% sur le semestre — une performance d’autant plus notable qu’elle intègre l’effort d’investissement consenti au profit de la filiale marocaine. Conclusion Le premier semestre 2026 marque une inflexion nette dans la trajectoire de LAND’OR. La croissance du chiffre d’affaires, tirée par la réouverture du marché libyen à l’export, se conjugue à une discipline de coûts qui produit un effet de ciseau favorable à chaque étage du compte de résultat : la marge brute, l’EBITDA, le résultat d’exploitation et le résultat net progressent tous plus vite que les revenus, et ce dernier bondit de 81,2% sur un an. La rentabilité des fonds propres suit la même dynamique ascendante, tandis que la structure financière se renforce, avec une dette nette quasiment résorbée et une trésorerie de clôture en hausse malgré un effort d’investissement accru. Un point de vigilance mérite néanmoins d’être suivis. La situation de la filiale marocaine Land’Or Maroc reste sous surveillance : les créances et titres de participation la concernant demeurent largement provisionnés, une dépréciation complémentaire de 1 000 KDT a été constatée sur la période, et LAND’OR reste caution solidaire, aux côtés de sa filiale industrielle Land’Or Maroc Industries, d’un financement BERD dont l’encours restant à rembourser s’élève à 14,9 MDT au 30 juin 2026 — un engagement hors bilan qui n’affecte pas la lecture des comptes intermédiaires mais qui constitue un facteur de risque à intégrer dans l’appréciation d’ensemble du groupe.

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