Tunis Stock Exchange
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Le RBE du secteur progresse de 84 MDT (+4,4 %), mais le coût net du risque augmente de 76 MDT (+13,0 %) à 662 MDT et en absorbe presque tout : le résultat d'exploitation n'augmente que de 8 MDT (+0,6 %). Le résultat net cumulé atteint 891 MDT (+2,7 %), un gain qui tient au solde des gains sur éléments ordinaires. Trois banques, l'ATB, la BH Bank et la STB, perdent 83 MDT de résultat net à elles seules, alors que les neuf autres l'améliorent de 106 MDT (+13,4 %). L'ATB est la seule des douze banques cotées à afficher une perte, de 28 MDT. Le ROE du semestre recule à 6,43 %, contre 6,65 % un an plus tôt. Le point de départ : un RBE de 1 980 MDT Rappelons le point de départ. Le résultat brut d'exploitation du secteur atteint 1 980 MDT, en hausse de 84 MDT (+4,4 %) sur un an, avec un taux de marge de 28,5 % des produits d'exploitation bancaire (+93 pb). Ce gain est très inégalement réparti. Amen Bank (+44 MDT, +23,3 %, à 235 MDT), la BT (+20 MDT, +11,9 %, à 192 MDT), Attijari Bank (+14 MDT, +8,0 %, à 193 MDT) et l'UIB (+13 MDT, +11,6 %, à 126 MDT) tirent la progression. La BIAT reste la première banque avec 436 MDT, soit 22 % du RBE du secteur, mais recule de 0,8 % (-4 MDT), tandis que la STB perd 49 MDT (-27,9 %) et tombe à 127 MDT. C'est de ce point de départ que se joue la suite : sept banques sur douze voient leur RBE croître de plus de 10 %, mais c'est le coût du risque qui déterminera ce qu'il en reste. Coût du risque : +76 MDT, dont 106 MDT pour la seule BH Bank et l'ATB. Le coût net du risque (CNR), somme des dotations aux provisions sur créances et sur titres, atteint 662 MDT, en hausse de 76 MDT (+13,0 %). Les dotations sur créances, la charge de couverture des créances saines ou classées, augmentent de 64 MDT (+11,4 %) à 628 MDT, et celles sur le portefeuille d'investissement de 12 MDT (+50,9 %) à 34 MDT. Le CNR absorbe 33,5 % du RBE contre 30,9 % un an plus tôt, et 91 % du gain de RBE du semestre. Cette moyenne masque deux camps. La BH Bank et l'ATB portent la dégradation à elles seules : le CNR de la BH Bank passe de 87 MDT à 158 MDT (+71 MDT, +81,3 %), dont 67 MDT de dotations sur créances (+83,9 %), et celui de l'ATB de 37 MDT à 72 MDT (+35 MDT, +95,1 %), dont des dotations sur créances plus que doublées (+109,5 %). À elles deux, elles ajoutent 106 MDT de coût du risque, plus que la hausse du secteur. Le CNR de la BH Bank représente désormais 86 % de son RBE (50 % un an plus tôt), et celui de l'ATB dépasse son RBE, à 150 %. La hausse de l'UBCI (+7 MDT, de 4 MDT à 11 MDT, +161,9 %) et celle d'Attijari Bank (+10 MDT, +91,4 %), spectaculaires en pourcentage, restent modérées à l'échelle de leurs RBE (16 % et 11 %). La WIB (+3 MDT, +43,0 %) voit en revanche son CNR de 11 MDT atteindre 75 % de son RBE. Amen Bank ajoute 10 MDT (+20,1 %). Dans l'autre camp, la BIAT réduit son CNR de 31 MDT (-54,6 %) à 25 MDT, ses dotations sur créances chutant de 62,0 %, à 18 MDT. Le CNR de la STB baisse de 24 MDT (-15,4 %) mais reste lourd, à 130 MDT, soit 103 % de son RBE. La BNA le stabilise (-1 MDT, -1,3 %, à 106 MDT), la BT (-3 MDT, -8,3 %), l'UIB (-2 MDT, -7,7 %) et la BTE (-0,2 MDT, -3,4 %) le réduisent légèrement. Sur le portefeuille-titres, les hausses de dotations les plus sensibles sont celles d'Amen Bank (+5 MDT, qui repasse de -2 MDT à +3 MDT) et de la BH Bank (+4 MDT, +53,3 %). Résultat d'exploitation : un secteur à l'arrêt, des banques qui se croisent Avec 1 317 MDT, le résultat d'exploitation (REX), c'est-à-dire le résultat de l'activité après coût du risque, ne progresse que de 8 MDT (+0,6 %). Le chiffre sectoriel est le solde de mouvements de grande ampleur : huit banques gagnent 123 MDT, quatre en perdent 115 MDT. Amen Bank mène le groupe des gagnantes : son REX augmente de 34 MDT (+24,4 %) à 175 MDT, son coût du risque n'ayant absorbé que 10 MDT d'un RBE en hausse de 44 MDT. La BIAT ajoute 27 MDT (+7,0 %) pour atteindre 411 MDT, le plus haut niveau du secteur, grâce à la baisse de son coût du risque qui compense un RBE en légère baisse. La BT (+24 MDT, +17,6 %, à 157 MDT) et l'UIB (+15 MDT, +17,7 %, à 101 MDT) progressent de plus de 17 %, la BNA de 11 MDT (+4,8 %, à 242 MDT), Attijari Bank de 4 MDT (+2,3 %, à 171 MDT) et l'UBCI de 2 MDT (+3,3 %, à 58 MDT). La BTE repasse en territoire positif, de -5 MDT à +1 MDT. Les perdantes sont trois banques dont l'exploitation se dégrade fortement. Le REX de la BH Bank chute de 60 MDT (-69,4 %) à 26 MDT, son RBE en hausse de 11 MDT ne compensant pas un CNR alourdi de 71 MDT. Celui de l'ATB passe de +6 MDT à -24 MDT et celui de la STB de +22 MDT à -4 MDT : ces deux banques enregistrent une perte d'exploitation, c'est-à-dire que le coût du risque dépasse leur RBE. La WIB recule de 8 % (-0,3 MDT), à 4 MDT. Entre le REX et le résultat net : l'impôt monte, les éléments ordinaires compensent. Entre le résultat d'exploitation et le résultat net, trois lignes jouent : l'impôt sur les bénéfices (IS), le solde des gains et pertes sur autres éléments ordinaires (GPO) et celui sur éléments extraordinaires (GPEXT). L'IS augmente de 8 MDT (+1,9 %), de 424 MDT à 432 MDT, dans le sillage de résultats d'exploitation en légère hausse. Le GPEXT est stable, à -16 MDT dans les deux périodes. C'est le GPO qui fait la différence : de -1 MDT au premier semestre 2025, il passe à +22 MDT, soit un gain de 23 MDT. L'IS net, qui regroupe l'impôt et ces deux soldes, baisse ainsi de 15 MDT (-3,5 %) à 426 MDT : cette baisse est comptable, et non fiscale. C'est chez Attijari Bank que le GPO joue le plus, avec un solde passant de -1 MDT à +12 MDT (+13 MDT). Il en explique l'écart : son IS augmente de 10 MDT (+20,6 %) à 60 MDT, alors que son IS net baisse de 3 MDT (-5,9 %) à 48 MDT. La BNA voit son GPO passer de -8 MDT à zéro, tandis que son GPEXT reste à -8 MDT, et son IS net recule de 8 MDT (-8,4 %) à 86 MDT pour un IS quasi stable (+1 %). La STB affiche un GPO de +15 MDT (contre +12 MDT), et son IS net devient négatif, à -13 MDT, ce qui signifie que ses gains ordinaires dépassent son impôt (2 MDT). Pour le reste, l'impôt suit le résultat d'exploitation. Il grimpe là où l'activité progresse : la BT (+16 MDT, +34,5 %, à 60 MDT), l'UIB (+7 MDT, +17,7 %, à 44 MDT), Amen Bank (+2 MDT, +21,7 %, à 11 MDT). Il s'effondre là où les résultats se dégradent : la BH Bank (-18 MDT, -65,9 %, à 9 MDT), la STB (-8 MDT, -77,2 %, à 2 MDT) et l'ATB (-3 MDT, à 1 MDT). Amen Bank se distingue par une charge d'impôt très faible, de 6 % de son résultat d'exploitation, contre 33 % pour le secteur. La BIAT reste le premier contributeur, avec 139 MDT d'IS (+1,1 %). Le GPEXT concerne surtout la BNA (-8 MDT) et l'UIB (-5 MDT, un solde nouveau), la BT passant de -5 MDT à zéro. Résultat net : 891 MDT, trois banques qui pèsent sur les neuf autres Le résultat net cumulé des douze banques cotées atteint 891 MDT, contre 868 MDT au premier semestre 2025 (+23 MDT, +2,7 %). La décomposition est nette : +8 MDT de résultat d'exploitation, +23 MDT de solde sur éléments ordinaires, -8 MDT d'impôt et -0,1 MDT de solde sur éléments extraordinaires. Le taux de marge nette, qui rapporte le résultat net aux produits d'exploitation bancaire, s'améliore de 21 pb, de 12,6 % à 12,8 %. Derrière cette hausse modeste se cache une opposition. Neuf banques améliorent leur résultat de 106 MDT au total (+13,4 %), tandis que trois, l'ATB, la BH Bank et la STB, le dégradent de 83 MDT. La BIAT reste la première banque avec 271 MDT (30 % du total), en hausse de 25 MDT (+10,3 %). Amen Bank (162 MDT, +31 MDT, +23,7 %), la BNA (156 MDT, +19 MDT, +13,8 %) et la BT (96 MDT, +11 MDT, +12,5 %) progressent plus vite que le secteur. La BIAT, Amen Bank et la BNA réalisent à elles trois 66 % du résultat net sectoriel. Attijari Bank (123 MDT, +7 MDT, +5,9 %), l'UIB (52 MDT, +6,6 %), l'UBCI (30 MDT, +9,7 %) et la WIB (2 MDT, stable) suivent des trajectoires plus modestes. La BTE revient à l'équilibre, de -5 MDT à +1 MDT. Du côté des banques en difficulté, la BH Bank voit son résultat net fondre de 39 MDT (-72,0 %) à 15 MDT, l'envol de son coût du risque annulant un RBE pourtant en hausse. La STB perd 13 MDT (-59,4 %) et tombe à 9 MDT : son résultat d'exploitation est négatif (-4 MDT), et c'est le solde de gains ordinaires de 15 MDT qui maintient son résultat net dans le positif. L'ATB, enfin, passe d'un bénéfice de 3 MDT à une perte de 28 MDT, seule perte des douze banques cotées, après un CNR presque doublé (72 MDT) qui dépasse son RBE (48 MDT). Le taux de marge nette dessine la même hiérarchie. Amen Bank affiche le meilleur, à 24,2 % (+333 pb), devant la BIAT (21,4 %, +156 pb), Attijari Bank (20,1 %, +20 pb) et la BT (20,1 %, +152 pb). La BNA (12,7 %, +141 pb), l'UIB (11,6 %, +81 pb) et l'UBCI (9,8 %, stable) se situent autour de la moyenne. À l'autre bout, la BH Bank (2,2 %, -560 pb), la WIB (2,1 %), la BTE (1,5 %, +788 pb) et la STB (1,4 %, -170 pb) conservent moins de 3 dinars de résultat net pour 100 dinars de produits, et l'ATB affiche un taux négatif de -7,6 % (-827 pb). ROE : 6,43 % sur le semestre, 12,9 % en rythme annuel La rentabilité financière, qui rapporte le résultat net aux capitaux propres moyens, recule pour le secteur. Le ROE non annualisé s'établit à 6,43 % au 30 juin 2026 contre 6,65 % au 30 juin 2025 (-22 pb) : les capitaux propres moyens augmentent de 6,2 % (13 858 MDT), plus de deux fois plus vite que le résultat net (+2,7 %). En doublant le ROE du semestre, on obtient un ROE annualisé de 12,9 %, contre 12,0 % pour l'exercice 2025 (+85 pb). Comme nous l'avons indiqué dans le premier article, cette annualisation simple est à lire avec prudence : en 2025, le premier semestre n'a fourni que 55 % du résultat annuel. Au niveau des banques, le ROE du semestre distingue trois profils. En tête, la BIAT (12,1 %, +39 pb) et Attijari Bank (12,0 %, +42 pb) affichent des rentabilités près de deux fois supérieures à la moyenne, devant Amen Bank (9,9 %, +122 pb). Suivent la BNA (6,7 %, +24 pb), la BT (6,6 %, +32 pb), l'UBCI (5,2 %, +10 pb) et l'UIB (4,9 %, stable), proches ou légèrement inférieures à la moyenne. En bas de classement, la WIB (1,3 %), la BH Bank (1,1 %, -294 pb) et la STB (0,7 %, -106 pb) sont proches de zéro, alors que l'ATB affiche un ROE négatif de -4,5 % (-495 pb). La BTE (5,1 %) affiche la plus forte hausse (+1 934 pb) parce qu'elle revient à l'équilibre, mais sur des fonds propres de 28 MDT seulement, en recul de plus d'un quart. En rythme annuel (le ROE du semestre multiplié par deux), la BIAT ressort à 24,2 % contre 18,3 % en 2025, Attijari Bank à 24,0 % contre 23,1 %, Amen Bank à 19,7 % contre 16,4 %, la BNA à 13,4 % contre 12,9 % et la BT à 13,1 % contre 14,0 %. La lecture de la BIAT appelle une réserve : sa hausse annualisée provient en partie du fait que son premier semestre 2025 avait concentré 64 % de son résultat annuel. À l'inverse, l'UBCI (10,4 % contre 12,3 %), l'UIB (9,9 % contre 10,2 %), la WIB (2,6 % contre 4,9 %), la BH Bank (2,2 % contre 3,0 %) et la STB (1,4 % contre 5,1 %) sont en retrait, l'ATB étant à -9,0 % contre -5,1 %. Un semestre à deux vitesses Le semestre bancaire se résume à une phrase : le secteur gagne 84 MDT de RBE, en perd 76 MDT en coût du risque, et doit sa hausse de résultat net à des éléments ordinaires. Cette moyenne recouvre deux groupes. Les grandes banques rentables, la BIAT, Amen Bank, la BNA et la BT, améliorent leur résultat de 10 % à 24 %, tandis que la BH Bank, l'ATB et la STB voient le leur s'effondrer ou passer en perte, sous le poids d'un coût du risque en forte hausse (BH Bank et ATB) ou d'un RBE en recul (STB). Le ROE du secteur recule de 22 pb sur le semestre, et le rythme annuel de 12,9 % ne doit pas faire oublier que sept banques sur douze restent sous 6 % de rentabilité semestrielle. Le dernier article de la série change d'angle : au-delà du résultat comptable, il examinera la capacité des banques à générer du cash, à travers leurs flux de trésorerie d'exploitation, d'investissement et de financement.
Le PNB du secteur progresse de 5,6 % à 3 810 MDT, mais la composition de la croissance change : les revenus du portefeuille-titres (+20,1 %) pèsent désormais 43,8 % du PNB, contre 30,9 % pour la marge nette d'intérêt, qui recule de 8,6 %. Onze banques sur douze augmentent leur PNB ; seule la STB recule (-10,5 %), sous l'effet d'une marge d'intérêt quasi effacée. Les charges opératoires, portées par les salaires, augmentent plus vite que le PNB (+6,7 %), et le coefficient d'exploitation s'établit à 48,6 % (+54 pb). Le résultat brut d'exploitation gagne 4,4 % et atteint 1 980 MDT, soit un taux de marge de 28,5 % des produits d'exploitation bancaire (+93 pb). Des charges qui reculent, un PNB qui s'appuie sur elles Le semestre se lit d'abord dans l'écart entre produits et charges. Les produits d'exploitation bancaire (PEB) du secteur n'augmentent que de 1,0 % (+69 MDT) à 6 938 MDT, alors que les charges d'exploitation bancaire (CEB) reculent de 4,0 % (-132 MDT) à 3 127 MDT. Le produit net bancaire (PNB) qui en résulte gagne 201 MDT (+5,6 %) et atteint 3 810 MDT : la hausse tient davantage à la baisse du coût des ressources qu'à la croissance des produits. La dispersion entre banques est forte. C'est Amen Bank qui signe la plus belle progression en valeur, avec un PNB en hausse de 54 MDT (+17,7 %) à 362 MDT, alors que ses PEB ne progressent que de 6,7 % : ses CEB reculent de 3,9 %. Les petites banques affichent les plus fortes variations en pourcentage : la BTE (+25,3 %, +9 MDT) et la WIB (+19,3 %, +10 MDT). La BT (+31 MDT, +11,8 %), l'UBCI (+19 MDT, +10,9 %), l'ATB (+16 MDT, +9,2 %) et la BH Bank (+28 MDT, +8,7 %) progressent au-dessus du secteur. La BNA (+23 MDT, +4,3 %), Attijari Bank (+18 MDT, +5,1 %) et l'UIB (+15 MDT, +5,9 %) restent en retrait, et la BIAT, première banque avec 21 % du PNB sectoriel, ne progresse que de 1,9 % (+15 MDT), ses produits augmentant de 2,2 % et ses charges de 2,9 %. L'ATB illustre le mécanisme des charges. Ses PEB reculent de 8,9 % (-35 MDT), mais ses CEB chutent de 22,6 % (-51 MDT), de sorte que son PNB augmente de 9,2 %. La BH Bank (CEB -8,1 %), l'UIB (-9,7 %) et la BT (-6,5 %) bénéficient du même effet. Seule la STB voit son PNB reculer : -37 MDT (-10,5 %) à 314 MDT, ses produits (-8,8 %, -64 MDT) baissant plus vite que ses charges (-7,3 %, -27 MDT). Seules quatre banques voient leurs charges d'exploitation bancaire augmenter : l'UBCI (+6,9 %), la WIB (+5,0 %), Attijari Bank (+4,5 %) et la BIAT (+2,9 %). Les composantes du PNB : la marge d'intérêt cède 111 MDT, le portefeuille en apporte 280 Le PNB de 3 810 MDT se décompose en quatre sources, dont les évolutions se compensent. La marge nette d'intérêt (MNI) perd 111 MDT (-8,6 %) à 1 179 MDT : les intérêts reçus reculent de 255 MDT (-5,7 %) à 4 226 MDT, tandis que les intérêts versés ne diminuent que de 145 MDT (-4,5 %) à 3 047 MDT. La marge sur commissions n'ajoute que 9 MDT (+1,3 %, à 689 MDT), les gains de change 23 MDT (+9,1 %, à 272 MDT) et les revenus du portefeuille-titres 280 MDT (+20,1 %, à 1 670 MDT), soit 139 % de la hausse totale du PNB. Le recul de la marge d'intérêt est très concentré. La STB à elle seule en explique 64 % : sa MNI s'effondre de 80 MDT à 9 MDT (-71 MDT, -88,5 %), ses intérêts reçus chutant de 100 MDT (-22,2 %) quand ses intérêts versés ne baissent que de 29 MDT (-7,7 %). Attijari Bank perd 36 MDT (-22,3 %) et la BNA 19 MDT (-22,5 %), la BIAT 27 MDT (-9,5 %). Pour Attijari Bank et la BIAT, le problème vient autant des intérêts versés, en hausse de 4,1 % et de 2,9 %, que des intérêts reçus, en baisse de 7,1 % et de 1,9 %. À l'inverse, la BT gagne 26 MDT de MNI (+18,5 %) parce que ses intérêts reçus augmentent (+3,2 %) alors que ses intérêts versés reculent de 8,0 %. La WIB (+8 MDT, +22,9 %), l'UIB (+5 MDT, +3,2 %), l'ATB (+4 MDT, +4,9 %) et la BH Bank (+4 MDT, +3,7 %) progressent aussi : l'ATB y parvient bien que ses intérêts reçus chutent de 15,7 %, parce que ses intérêts versés reculent encore plus (-23,6 %). Les revenus du portefeuille-titres, eux, progressent dans les douze banques, ce qui montre que le mouvement est général. Attijari Bank (+52 MDT, +54,1 %) et Amen Bank (+49 MDT, +31,8 %) prennent la tête en valeur, suivies de la BNA (+44 MDT, +12,3 %), première banque du secteur avec 403 MDT de revenus de portefeuille, et de la STB (+37 MDT, +19,7 %). La BIAT (+23 MDT, +8,4 %), l'UBCI (+22 MDT, +63,0 %) et la BH Bank (+20 MDT, +14,2 %) suivent. En pourcentage, la BTE (+73,4 %), l'UBCI (+63,0 %) et l'UIB (+47,9 %) affichent les plus fortes progressions. La marge sur commissions et les gains de change jouent un rôle d'appoint. La BIAT gagne 10 MDT de commissions (+7,7 %) et concentre 39 % des gains de change du secteur (105 MDT, +8,7 %), l'UBCI (+9,6 %) et la WIB (+9,3 %) augmentent aussi leur marge sur commissions, tandis que la BNA (-5,8 %) et Attijari Bank (-3,6 %) reculent. Sur le change, Amen Bank (+34,6 %), l'ATB (+33,1 %), la BNA (+28,1 %) et la BH Bank (+26,2 %) progressent fortement, quand l'UBCI (-32,6 %) et la BTE (-18,1 %) reculent. Deux familles de banques : celles du crédit et celles du portefeuille Pour le secteur, la marge nette d'intérêt ne représente plus que 30,9 % du PNB contre 35,7 % un an plus tôt (-479 pb) et 35,2 % en 2025. Les revenus du portefeuille-titres en représentent 43,8 %, contre 38,5 % (+531 pb) et 38,3 % en 2025. La marge sur commissions pèse 18,1 % (-76 pb) et les gains de change 7,1 % (+23 pb). Cette moyenne recouvre deux modèles. D'un côté, les banques dont le métier reste l'intermédiation : la WIB (MNI à 69,7 % du PNB), la BT (57,1 %, +320 pb, seule banque avec la WIB à voir ce poids augmenter), l'UIB (53,6 %), l'UBCI (48,6 %, -602 pb) et l'ATB (46,8 %). Le portefeuille-titres n'y compte que pour 1,2 % du PNB de la WIB (banque n'ayant pas accès aux BTA), 11,7 % pour l'UIB, 24,9 % pour la BT (seule banque du secteur à voir ce poids reculer, de 104 pb), 29,2 % pour l'UBCI et 29,3 % pour l'ATB. De l'autre, les banques dont le PNB repose sur le portefeuille : la BNA (72,0 %, +512 pb), la STB (71,9 %) et Amen Bank (55,6 %, +598 pb). Chez la BNA, la marge d'intérêt ne pèse plus que 11,6 % du PNB (-403 pb). Les basculements les plus spectaculaires sont ceux de la STB et d'Attijari Bank. Le poids de la MNI dans le PNB de la STB s'effondre de 22,9 % à 3,0 % (-2 000 pb), tandis que celui du portefeuille passe de 53,8 % à 71,9 % (+1 814 pb). Chez Attijari Bank, la MNI cède 1 179 pb, de 45,2 % à 33,4 %, et le portefeuille en gagne 1 247, de 26,8 % à 39,3 %. La BTE (portefeuille à 47,5 %, +1 318 pb) et l'UBCI (29,2 %, +935 pb) opèrent des glissements comparables. La BIAT (MNI 32,2 %, portefeuille 36,6 %) et la BH Bank (30,8 % et 46,5 %) sont plus équilibrées. Les commissions restent la spécialité des petites structures : elles pèsent 28,1 % du PNB de l'UIB, 27,0 % de celui de la WIB et 25,4 % de celui de la BTE, mais seulement 14,0 % de celui de la BT et 14,1 % de celui de la BNA. Le change, enfin, est important pour la BIAT (13,1 % du PNB) et Attijari Bank (10,3 %). Charges opératoires : les salaires font 80 % de la hausse. Les charges opératoires (COP), qui regroupent les salaires, les charges générales d'exploitation (CGE) et les dotations aux amortissements sur immobilisations propres, augmentent de 117 MDT (+6,7 %) à 1 850 MDT, un rythme supérieur à celui du PNB (+5,6 %). Les salaires, qui pèsent près des deux tiers du total (66,8 %), progressent de 93 MDT (+8,1 %) à 1 236 MDT et expliquent 80 % de la hausse. Les CGE n'augmentent que de 11 MDT (+2,1 %) à 501 MDT, et les dotations aux amortissements de 13 MDT (+13,4 %) à 113 MDT. Trois banques s'éloignent nettement de la moyenne du secteur à la hausse. La WIB voit ses charges bondir de 17,4 % (+7 MDT), portées par des salaires en hausse de 20,4 %. La BT (+11,7 %, +11 MDT) et la BH Bank (+11,2 %, +17 MDT) augmentent leurs charges de plus de 11 %, mais pour des raisons différentes : la BH Bank voit ses salaires (+11,4 %, +11 MDT) et ses CGE (+12,3 %, +5 MDT) augmenter de concert, alors que la BT contient ses CGE (+3,9 %) et voit ses dotations aux amortissements doubler (+99 %, +5 MDT) pour atteindre 9 MDT. L'UBCI (+8,9 %, avec des salaires en hausse de 13,2 %) et Amen Bank (+8,5 %) se situent légèrement au-dessus de la moyenne. À l'autre extrémité, l'UIB (+1,6 %) et Attijari Bank (+2,6 %) maîtrisent remarquablement leurs charges, leurs salaires n'augmentant que de 1,6 % et 1,2 %. La BIAT, dont les charges sont les plus lourdes du secteur (372 MDT), les contient à +5,0 % grâce à une légère baisse de ses CGE (-1,7 %), malgré des salaires en hausse de 8,5 % (+17 MDT). La STB fait presque jeu égal avec le secteur (+7,1 %), mais avec une composition atypique : des salaires en hausse de 14,6 % (+17 MDT), compensés par une baisse de 10,0 % de ses CGE. La BNA, enfin, reste proche de la moyenne (+6,6 %), avec des CGE en hausse de 11,0 %. Coefficient d'exploitation : huit banques s'améliorent, mais pas les plus grosses Le coefficient d'exploitation mesure le poids des charges opératoires dans le PNB, et un niveau plus bas signale une meilleure productivité. Précisons que les charges opératoires comprennent les salaires, les charges générales d'exploitation et les dotations aux amortissements sur immobilisations propres de la banque. Pour le secteur, ce coefficient passe de 48,0 % à 48,6 % (+54 pb), pour 48,1 % sur l'ensemble de 2025 : les charges (+6,7 %) ont augmenté plus vite que le PNB (+5,6 %). Cette dégradation d'ensemble masque un paysage contrasté. Huit banques sur douze améliorent leur coefficient, mais les quatre qui le dégradent, la BNA, la BIAT, la BH Bank et la STB, réalisent à elles seules 53 % du PNB du secteur. La STB est en première ligne : son coefficient bondit de 982 pb, de 50,1 % à 60,0 %, un PNB en baisse de 10,5 % rencontrant des charges en hausse de 7,1 %. La BIAT passe de 45,0 % à 46,4 % (+138 pb), la BH Bank de 46,1 % à 47,2 % (+109 pb) et la BNA de 37,2 % à 38,0 % (+83 pb). Les meilleures performances vont à la BT (34,6 %, stable à -3 pb), à Amen Bank (35,3 %, en baisse de 299 pb, la deuxième plus forte amélioration du secteur) et à la BNA (38,0 %), soit dix à quatorze points sous la moyenne du secteur. À l'inverse, la BTE (82,9 %), la WIB (74,9 %), l'ATB (74,3 %) et l'UBCI (64,7 %) restent très au-dessus. Les moins productives s'améliorent toutefois : la BTE gagne 1 416 pb (97,1 % à 82,9 %), sa croissance du PNB (+25,3 %) l'emportant sur celle de ses charges (+7,0 %) ; la WIB, l'UBCI et l'ATB gagnent respectivement 125, 118 et 85 pb. L'UIB (54,1 %, -231 pb) et Attijari Bank (50,9 %, -128 pb) se rapprochent de la moyenne. RBE : +84 MDT pour le secteur, un taux de marge qui gagne 93 pb Le résultat brut d'exploitation (RBE), c'est-à-dire le PNB diminué des charges opératoires et augmenté des autres produits d'exploitation, progresse de 84 MDT (+4,4 %) à 1 980 MDT. Le taux de marge sur RBE, qui rapporte le RBE aux produits d'exploitation bancaire, s'améliore de 93 pb, de 27,6 % à 28,5 %, le RBE augmentant plus vite que les produits. Amen Bank est la grande gagnante du semestre : son RBE bondit de 44 MDT (+23,3 %) à 235 MDT et son taux de marge de 473 pb, de 30,3 % à 35,0 %. La BT gagne 20 MDT (+11,9 %) à 192 MDT et porte son taux de marge à 40,2 % (+285 pb), le plus élevé du secteur. Attijari Bank (+14 MDT, +8,0 %, à 193 MDT), l'UIB (+13 MDT, +11,6 %, à 126 MDT), la BH Bank (+11 MDT, +6,3 %) et la BNA (+10 MDT, +2,9 %, à 348 MDT) progressent aussi. Les petites banques changent d'échelle en pourcentage : le RBE de la BTE passe de 1 MDT à 7 MDT, avec un taux de marge de 8,1 % (+688 pb), celui de la WIB gagne 25,6 % et celui de l'UBCI 14,7 %. L'ATB (+13 MDT, +12,8 %, +256 pb) conserve le taux de marge le plus faible après la BTE (13,3 %). Deux banques font exception. La STB perd 49 MDT de RBE (-27,9 %), qui tombe à 127 MDT, avec un taux de marge en baisse de 506 pb, de 24,2 % à 19,1 % : sans elle, le RBE du secteur progresserait de 133 MDT (+7,7 %). La BIAT, première banque du secteur avec 436 MDT de RBE (22 % du total), recule légèrement (-4 MDT, -0,8 %), et son taux de marge perd 107 pb (34,3 %), le troisième du secteur derrière la BT et Amen Bank. Un modèle qui se déplace vers le portefeuille Ce semestre confirme un déplacement du centre de gravité des banques cotées : l'activité d'intermédiation fournit moins de revenus, le portefeuille-titres davantage, et les charges opératoires, portées par les salaires, absorbent une part croissante du PNB. Le RBE progresse, mais moins vite que le PNB, et repose sur un nombre restreint de banques : Amen Bank, la BT, Attijari Bank et l'UIB ont soutenu le secteur, tandis que la STB, dont la marge d'intérêt s'est effondrée, en a limité la hausse. Le prochain article franchira l'étape suivante, celle qui compte pour les actionnaires : du RBE au résultat net. Il examinera le coût du risque, l'impôt, les gains et pertes hors exploitation, le résultat net de chacune des douze banques, et la rentabilité de leurs fonds propres.
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