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Vermeg passe sous le contrôle d'Advent, ADIA en co-investisseur
BOURSE, ECONOMIE

Vermeg passe sous le contrôle d'Advent, ADIA en co-investisseur

02/11/2026 16:01 21 vues Par Tera Finances

Le fonds Advent a signé, lundi 2 novembre 2026, un accord pour acquérir Vermeg, l'éditeur de logiciels financiers fondé par le Tunisien Badreddine Ouali. Une filiale détenue à 100 % par l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds souverain d’Abou Dhabi, s’associe à l’opération comme co-investisseur minoritaire. Le prix n'a pas été dévoilé. L'essentiel Acheteurs : Advent, chef de file, avec une filiale à 100 % d'ADIA en minoritaire. Vendeurs : le fonds britannique Charterhouse Capital Partners et Badreddine Ouali. Gouvernance : Badreddine Ouali reste actionnaire et devient vice-président du conseil ; Mike Ettling, d'Advent, prendra la présidence. Feuille de route : investissements accélérés dans les produits, l'intelligence artificielle et la relation client. Calendrier : finalisation attendue au premier trimestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires. Montant : ni le prix ni la valorisation n'ont été communiqués. Ce que prévoit l'accord L'annonce a été faite depuis Londres par Advent, l'un des plus grands investisseurs mondiaux en capital-investissement. Le groupe américain, fondé à Boston en 1984, rachète Vermeg à ses deux actionnaires : Charterhouse Capital Partners, l'une des plus anciennes sociétés de capital-investissement en Europe, et le fondateur Badreddine Ouali. Advent pilote la transaction. Une filiale détenue à 100 % par l'Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) y prend part en tant que co-investisseur minoritaire. Créée en 1976, ADIA investit pour le compte du gouvernement d'Abou Dhabi avec une stratégie de long terme. Le tandem n'est pas inédit. En juin 2026, une filiale d'ADIA était déjà entrée comme minoritaire significatif au capital de Sapiens, éditeur de logiciels d'assurance racheté par Advent l'année précédente. Advent a par ailleurs ouvert un bureau à Abou Dhabi en octobre 2026. Advent revendique plus de 109 milliards de dollars d'actifs sous gestion au 30 juin 2026, 18 bureaux sur cinq continents et 460 investissements réalisés dans 45 pays. Badreddine Ouali reste au capital, Mike Ettling à la présidence Le fondateur ne quitte pas l'aventure. Badreddine Ouali conservera une participation dans Vermeg après la transaction. Il occupera le poste de vice-président du conseil et restera impliqué dans les priorités stratégiques et la relation client. Dans le communiqué, il salue le travail accompli par les équipes, qui ont construit des logiciels dont dépendent marchés financiers et assureurs. Il estime qu'Advent apporte l'expérience et les moyens nécessaires au prochain chapitre, et se dit enthousiaste à l'idée de rester actionnaire et conseiller. À la finalisation, la présidence reviendra à Mike Ettling, partenaire opérationnel d'Advent. Ce dirigeant du logiciel d'entreprise, fort de plus de trente ans d'expérience, préside déjà deux sociétés du portefeuille d'Advent : Sapiens, dans les technologies de l'assurance, et Syspro, dans les logiciels pour l'industrie. Il souligne que Vermeg s'est imposé sur des marchés réglementés et techniquement exigeants, où ses clients lui confient des processus critiques. Deux métiers au cœur des infrastructures financières Vermeg s'organise autour de deux pôles. Marchés de capitaux : technologies de post-marché (traitement des opérations après négociation) et de gestion des garanties financières, ou collatéral. Les clients sont des banques centrales, des chambres de compensation, des dépositaires centraux de titres, des conservateurs et des institutions financières côté acheteur comme côté vendeur. Assurance vie et santé : systèmes centraux de gestion des contrats, destinés surtout aux assureurs en France et au Benelux. Selon ses données institutionnelles, le groupe compte plus de 160 clients dans plus de 40 pays, dont au moins 24 banques centrales. Plus de 30 % de ses effectifs travaillent en recherche et développement. En avril 2026, Vermeg a notamment été retenu par la Banque centrale des Émirats arabes unis pour moderniser son infrastructure financière. La thèse d'Advent Advent entend accompagner la direction dans l'accélération des investissements consacrés aux produits de Vermeg, à ses capacités en intelligence artificielle et à ses relations clients à l'échelle mondiale. Pour Douglas Hallstrom, directeur général chez Advent, Vermeg se situe au croisement de tendances structurelles qui transforment les marchés de capitaux. Il en cite trois : la complexité réglementaire croissante, l'harmonisation des processus de post-marché et la volonté grandissante des États de garder la maîtrise de leurs infrastructures de marché. Selon lui, ces évolutions alimentent la demande pour les logiciels critiques du groupe, dont l'expertise métier et la capacité à passer à l'échelle seraient sans équivalent sur ses marchés. L'opération s'inscrit dans une série de paris d'Advent sur les logiciels financiers. Le fonds a annoncé en 2025 le rachat de Sapiens pour 2,5 milliards de dollars, et vient de boucler une levée de 30 milliards de dollars pour son programme de fonds mondial, annoncée le 27 octobre 2026. Charterhouse sort après six ans Pour Charterhouse, l'accord marque la sortie d'un investissement engagé fin 2020, lorsque le fonds britannique avait repris la participation de Crédit Mutuel Arkéa dans Vermeg Group. Sous son actionnariat, le groupe a resserré son périmètre. En novembre 2024, Vermeg avait annoncé la cession de sa division de technologie réglementaire, Agile, à Regnology, pour se concentrer sur la gestion du collatéral et l'assurance. Un groupe aux racines tunisiennes L'histoire de Vermeg commence à Tunis. Ingénieur diplômé de l'École des mines de Saint-Étienne, Badreddine Ouali y fonde en 1993 BFI, un éditeur de logiciels bancaires. En 2002, il recrée l'activité sous le nom de Vermeg, avec un siège aux Pays-Bas, tout en gardant ses équipes de développement en Tunisie. Le groupe dispose toujours d'implantations à Tunis, notamment aux Berges du Lac. En juin 2026, il a reçu l'International Excellence Award lors du Tunisia Investment Forum. Le passage sous le contrôle d'un investisseur de la taille d'Advent, associé au fonds souverain d'Abou Dhabi, consacre ainsi le parcours d'une entreprise née dans l'écosystème tunisien et devenue fournisseur de banques centrales sur plusieurs continents. Le communiqué d'Advent ne détaille toutefois pas les intentions du nouvel actionnaire pour les activités tunisiennes du groupe. Ce qui reste à connaître La transaction doit encore lever les conditions habituelles, dont les autorisations réglementaires, avant sa finalisation prévue au premier trimestre 2027. Plusieurs points restent à préciser : le prix d'acquisition et la valorisation de Vermeg ; la répartition du capital entre Advent, ADIA et Badreddine Ouali ; l'éventuel maintien de l'équipe dirigeante actuelle ; les orientations pour les équipes et implantations tunisiennes.

Tiers payant : les pharmacies privées coupent le lien avec la CNAM depuis le 1er novembre
ECONOMIE

Tiers payant : les pharmacies privées coupent le lien avec la CNAM depuis le 1er novembre

02/11/2026 14:06 10 vues Par La rédaction

Faute de règlement des sommes dues et de respect des engagements pris, le Syndicat des pharmaciens d'officine de Tunisie (SPOT) a suspendu, depuis dimanche 1er novembre 2026, l'application du système du tiers payant au profit des assurés de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). Les assurés doivent désormais régler la totalité du prix de leurs médicaments en pharmacie privée. Une décision actée en instance nationale La suspension a été confirmée par l'instance nationale élargie du SPOT réunie le 27 octobre, puis annoncée par communiqué le vendredi 30 octobre. Le syndicat indique avoir averti la CNAM dès le 19 octobre de l'impossibilité de maintenir le dispositif en l'état, en lui accordant un délai jusqu'à la fin de la semaine pour régulariser la situation. Ce délai a expiré sans résultat, selon le SPOT. Dans le cadre du tiers payant, le pharmacien délivre le médicament à l'assuré sans encaisser la part prise en charge par la caisse, qu'il récupère ensuite auprès de la CNAM. Le mécanisme repose donc sur une avance de trésorerie consentie par l'officine, dont la soutenabilité dépend directement de la régularité des paiements de la caisse. Trois griefs mis en avant Le SPOT justifie sa décision par le non-respect, par la CNAM, de ses engagements contractuels et par le non-règlement des sommes dues aux pharmacies. Le syndicat n'a toutefois publié aucun montant permettant de mesurer l'encours des créances en souffrance. Il invoque également la pression fiscale qui pèse sur les officines ainsi que les pénuries de médicaments, qui fragilisent leur activité et leur approvisionnement. Un différend qui dure depuis près d'un an Cette suspension s'inscrit dans un conflit ancien. La convention sectorielle liant les pharmacies privées à la CNAM a expiré le 31 décembre 2025, dans un contexte de retards de paiement dépassant 185 jours. Le tiers payant avait déjà été suspendu en décembre 2025 ; la CNAM avait alors permis, à titre exceptionnel et à partir du 10 décembre, aux assurés de la filière privée de se faire rembourser les médicaments achetés en pharmacie privée. Un accord conclu à la mi-janvier 2026 avait permis de rétablir le dispositif. Mais les tensions ont ressurgi au cours de l'été : le 16 juillet, le SPOT avait adressé un ultimatum à la caisse, réclamant le règlement intégral des créances. Sur les trois tranches de paiement convenues, une seule a été versée, selon le syndicat. Les assurés en première ligne Concrètement, depuis le 1er novembre, les assurés sociaux qui s'approvisionnent en pharmacie privée doivent avancer l'intégralité du coût de leurs traitements, sans que les modalités d'un éventuel remboursement aient été précisées à ce stade. L'impact est particulièrement sensible pour les patients atteints de maladies chroniques, dont les dépenses de médicaments sont récurrentes et souvent élevées. À la date de rédaction de cet article, aucune réaction officielle de la CNAM n'a été relevée, qu'il s'agisse d'un calendrier de règlement des créances ou de la reconduction d'une procédure exceptionnelle de remboursement comme celle mise en place en décembre 2025. Un révélateur des tensions financières de la caisse Au-delà du bras de fer entre les deux parties, la répétition de ces suspensions met en lumière les difficultés de trésorerie de la CNAM, dont les retards de paiement se répercutent en cascade sur l'ensemble de la chaîne du médicament. L'issue de ce nouvel épisode dépendra de la capacité de la caisse à apporter des garanties de paiement jugées suffisantes par la profession.

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