Valeur sélectionnée :

Sociétés Analyses financières Technique

Tunis Stock Exchange

  • TUNINDEX 20 038,09
  • Day Change -0,16 %
  • YTD +50,19 %
  • Capitaux séance 81,14 MD

Plus fortes hausses

  • AST 84,90 +4,15 %
  • BHL 4,87 +4,05 %
  • TGH 0,82 +3,79 %
  • SOTET 25,72 +2,63 %

Plus fortes baisses

  • TJARI 89,90 -19,69 %
  • CIL 40,00 -4,69 %
  • SOTEM 2,21 -4,32 %
  • MNP 10,84 -2,34 %

Indices bourses arabes

  • ADX +0,36 %
  • TASI +0,43 %
  • EGX30 -0,35 %
  • MASI +0,59 %

Indices bourses mondiales

  • TOPIX +1,29 %
  • CSI 300 +0,85 %
  • STOXX 600 -0,12 %
  • S&P 500 +0,78 %

Key Dollar Metrics

  • Pétrole Brent 88,22 +1,40 %
  • Once d'or 4 051,36 -1,27 %
  • Eur/USD 1,1531 +0,06 %
  • VIX Index 16,04 -6,14 %
Dossier spécial — Banques cotées au 30 juin 2026 | Volet 4/4 : Résultat brut d’exploitation et Rentabilité opérationnelle
BOURSE

Dossier spécial — Banques cotées au 30 juin 2026 | Volet 4/4 : Résultat brut d’exploitation et Rentabilité opérationnelle

31/07/2026 14:35 19 vues Par Moez Hadidane

Au premier semestre 2026, les douze banques cotées tunisiennes ont dégagé un résultat brut d’exploitation cumulé de 2,050 milliards de dinars, contre 1,976 milliard de dinars un an auparavant. Le RBE du secteur progresse ainsi de 74,4 millions de dinars, soit 3,8 %. Cette évolution demeure positive, mais elle est inférieure à la croissance de 4,9 % du produit net bancaire. Les banques n’ont donc pas transformé intégralement l’augmentation de leurs revenus en résultat opérationnel supplémentaire. La principale explication réside dans la progression des charges opératoires, qui ont augmenté de 6,3 %, soit plus rapidement que le PNB. Les autres produits d’exploitation ont parallèlement reculé de 7,6 %, mais leur montant reste très faible au regard du PNB et leur incidence sur le RBE sectoriel demeure limitée. Le taux de marge sur RBE, qui mesure la proportion du PNB conservée après déduction des salaires et des charges générales d’exploitation, hors dotations aux amortissements des immobilisations propres, est ainsi passé de 54,73 % au premier semestre 2025 à 54,14 % au premier semestre 2026. Le secteur conserve donc un niveau de rentabilité opérationnelle élevé, mais sa marge se contracte de 0,59 point de pourcentage, soit environ 59 points de base. Cette évolution masque toutefois des situations très contrastées. Amen Bank enregistre la plus forte augmentation du RBE en valeur, tandis que la Banque de Tunisie combine une forte croissance du résultat opérationnel avec la meilleure marge du secteur. À l’inverse, la STB subit une baisse très importante de son RBE, sous l’effet simultané du recul de son PNB et de la hausse de ses charges. Le RBE du secteur franchit les 2 milliards de dinars. Le résultat brut d’exploitation cumulé des banques cotées atteint 2,050 milliards de dinars au 30 juin 2026, contre 1,976 milliard de dinars au 30 juin 2025. La hausse de 74,4 millions de dinars, soit 3,8 %, résulte de trois mouvements : une progression de 177 millions de dinars du PNB (+4,9%) ; une augmentation de 102,6 millions de dinars des charges opératoires (+6,3%) ; une baisse d’environ 0,9 million de dinars des autres produits d’exploitation. L’augmentation des charges a donc absorbé près de 58 % du PNB supplémentaire généré par les banques au cours du semestre. Cette évolution explique pourquoi le RBE progresse moins rapidement que les revenus. Pour chaque dinar de PNB supplémentaire, le secteur n’a conservé qu’environ 42 centimes sous forme de résultat brut d’exploitation additionnel. La performance opérationnelle demeure néanmoins positive, puisque les revenus ont encore permis de couvrir l’intégralité de la hausse des coûts et de dégager un supplément de RBE. La qualité de cette croissance varie cependant fortement selon les banques. Certains établissements ont enregistré une amélioration reposant sur une progression rapide du PNB, tandis que d’autres ont vu leurs charges absorber une part importante, voire la totalité, des revenus supplémentaires. Amen Bank réalise la plus forte hausse du RBE Amen Bank enregistre la première progression du secteur en valeur absolue. Son résultat brut d’exploitation passe de 194,8 millions de dinars au premier semestre 2025 à 240,3 millions de dinars au premier semestre 2026. Il augmente ainsi de 45,5 millions de dinars, soit 23,3 %. Cette performance explique plus de 61 % de la hausse totale du RBE des banques cotées. La progression provient principalement de l’augmentation de 54,4 millions de dinars du PNB. Les charges opératoires ont parallèlement augmenté de 8,9 millions de dinars, tandis que les autres produits d’exploitation sont restés presque stables. Amen Bank a donc conservé sous forme de RBE plus de 83 % de la hausse de son PNB. Cette forte conversion des revenus supplémentaires en résultat opérationnel lui permet également d’améliorer sensiblement son taux de marge. Le RBE représente désormais 66,29 % du PNB d’Amen Bank, contre 63,24 % un an auparavant. La marge augmente de 3,05 points de pourcentage, soit 305 points de base. Amen Bank se rapproche ainsi de la Banque de Tunisie, qui conserve la meilleure rentabilité opérationnelle du secteur. La performance d’Amen Bank résulte néanmoins en grande partie de la forte progression des revenus du portefeuille-titres, qui avait compensé la baisse de sa marge nette d’intérêt. La qualité de la croissance du RBE demeure donc étroitement liée à la capacité de la banque à maintenir ses revenus financiers. La Banque de Tunisie affiche la deuxième plus forte progression. La Banque de Tunisie enregistre une augmentation de 24,9 millions de dinars de son RBE, qui atteint 200,3 millions de dinars au premier semestre 2026. La croissance ressort à 14,2 %. Cette progression est inférieure en valeur à celle d’Amen Bank, mais elle repose sur une structure de revenus différente. La Banque de Tunisie avait bénéficié d’une forte hausse de sa marge nette d’intérêt, contrairement à la majorité des banques du secteur. Son PNB progresse de 30,9 millions de dinars, alors que ses charges opératoires augmentent de 6 millions de dinars. Les autres produits d’exploitation apportent parallèlement une contribution positive limitée. La banque convertit ainsi environ 81 % de la progression de son PNB en RBE supplémentaire. Son taux de marge sur RBE passe de 67,16 % à 68,58 %, soit une amélioration de 1,42 point de pourcentage. Avec un RBE représentant près de 69 % de son PNB, la Banque de Tunisie affiche la meilleure marge opérationnelle parmi les douze banques cotées. Cette performance est cohérente avec son coefficient d’exploitation particulièrement faible. Seulement 31,4 % de son PNB est absorbé par les salaires et les charges générales, contre 45,9 % pour le secteur. La Banque de Tunisie combine ainsi une bonne dynamique de revenus, une maîtrise relative des coûts et une forte capacité à transformer son PNB en résultat opérationnel. Attijari Bank, UIB et BNA soutiennent également la croissance. Attijari Bank augmente son RBE de 14,1 millions de dinars, soit 7,8 %, pour atteindre 194,5 millions de dinars. La banque bénéficie d’une progression de 18,3 millions de dinars de son PNB, alors que ses charges opératoires n’augmentent que de 4,2 millions de dinars. Cette évolution favorable lui permet d’améliorer son taux de marge de 1,28 point, à 51,90 %. L’UIB affiche une hausse de 13,3 millions de dinars de son RBE, soit 11,2 %, à 132,5 millions de dinars. La croissance repose sur une augmentation de 14,8 millions de dinars du PNB, accompagnée d’une hausse très limitée des charges opératoires, de seulement 1,4 million de dinars. L’UIB parvient ainsi à conserver plus de 90 % de son PNB supplémentaire sous forme de RBE. Son taux de marge passe de 46,12 % à 48,52 %, soit une amélioration de 2,39 points de pourcentage. La banque reste légèrement en dessous de la moyenne sectorielle, mais elle réduit sensiblement l’écart. La BNA enregistre une augmentation de 12,7 millions de dinars de son résultat brut d’exploitation, soit 3,7 %, à 357,2 millions de dinars. Son PNB progresse de 22,1 millions de dinars, mais les charges opératoires absorbent 9,5 millions de dinars supplémentaires. La marge opérationnelle de la banque recule légèrement, de 64,16 % à 63,88 %, tout en restant nettement supérieure à la moyenne du secteur. Avec un RBE de 357,2 millions de dinars, la BNA demeure la deuxième banque du secteur par le niveau absolu du résultat brut d’exploitation, derrière la BIAT. La BIAT conserve le premier RBE, mais sa croissance s’interrompt. La BIAT affiche le résultat brut d’exploitation le plus élevé du secteur, à 456,5 millions de dinars au premier semestre 2026. Son RBE est toutefois presque stable par rapport aux 457,1 millions de dinars enregistrés un an auparavant. Il diminue légèrement de 0,5 million de dinars, soit 0,1 %. Cette stagnation résulte d’un effet de ciseaux défavorable. Le PNB de la BIAT progresse de 14,6 millions de dinars, soit seulement 1,9 %, alors que ses charges opératoires augmentent de 15,1 millions de dinars. Les autres produits d’exploitation diminuent parallèlement de 0,6 million de dinars. La totalité du PNB supplémentaire est donc absorbée par la hausse des coûts. Le taux de marge de la BIAT passe ainsi de 57,99 % à 56,87 %, soit une baisse de 1,12 point de pourcentage. La banque reste néanmoins au-dessus de la moyenne sectorielle de 54,14 %. Son niveau absolu de RBE demeure également le plus élevé des douze banques, grâce à la taille de son PNB. La performance montre cependant qu’une forte position sectorielle ne suffit pas à garantir une croissance du résultat opérationnel lorsque les revenus progressent moins rapidement que les charges. UBCI poursuit l’amélioration de sa rentabilité opérationnelle. L'UBCI augmente son RBE de 8,5 millions de dinars, soit 12,1 %, pour atteindre près de 79 millions de dinars. Le PNB de la banque progresse de 17,7 millions de dinars, tandis que les charges opératoires augmentent de 9,2 millions de dinars. La croissance des revenus demeure donc supérieure à celle des coûts, ce qui permet à UBCI d’améliorer légèrement sa marge opérationnelle. Le taux de RBE sur PNB passe de 40,09 % à 40,83 %, soit une progression d’environ 74 points de base. Malgré cette amélioration, UBCI demeure nettement en dessous de la moyenne sectorielle. Près de 59 % de son PNB reste absorbé par ses charges opératoires. La banque affiche toutefois une dynamique positive, portée par une croissance simultanée de son activité de crédit et de son PNB. La BTE enregistre la plus forte croissance relative. La BTE réalise la plus forte progression relative du résultat brut d’exploitation parmi les banques cotées. Son RBE passe de 4,1 millions de dinars à 9,6 millions de dinars, soit une augmentation de 5,5 millions de dinars et de 132,6 %. Cette évolution résulte de la hausse de 25,6 % de son PNB, très supérieure à l’augmentation de 11,2 % de ses charges opératoires. La BTE enregistre également la plus forte amélioration du taux de marge. Celui-ci passe de 11,88 % à 22,00 %, soit une hausse de 10,12 points de pourcentage. Cette progression est importante, mais elle doit être appréciée à partir d’un niveau initial très faible. Avec un taux de marge de seulement 22 %, la BTE reste la banque la moins rentable sur le plan opérationnel. Ses charges absorbent encore près de 78 % du PNB. La forte progression du semestre constitue donc davantage un mouvement de rattrapage qu’un alignement sur les niveaux de rentabilité du secteur. Wifak améliore son RBE grâce à la croissance de son PNB Wifak International Bank affiche une progression de 25,4 % de son résultat brut d’exploitation, qui passe de 14,8 millions de dinars à 18,5 millions de dinars. La hausse atteint 3,8 millions de dinars. Le PNB de la banque augmente de près de 10 millions de dinars, tandis que ses charges opératoires progressent de 6,2 millions de dinars. Wifak parvient ainsi à préserver une croissance positive du RBE, mais une part importante de l’amélioration des revenus est absorbée par la hausse des coûts. Le taux de marge progresse de 29,54 % à 30,91 %, soit une augmentation de 1,37 point. Malgré cette amélioration, la rentabilité opérationnelle de Wifak demeure très inférieure à la moyenne sectorielle. Cette situation peut notamment refléter sa taille plus réduite et les charges associées à son développement. Le RBE de BH Bank recule malgré la hausse du PNB. BH Bank enregistre une baisse de 6,4 millions de dinars de son résultat brut d’exploitation. Le RBE revient de 179,4 millions de dinars au premier semestre 2025 à 173 millions de dinars au premier semestre 2026, soit un recul de 3,5 %. Cette contraction intervient alors que le PNB de la banque progresse de 13,2 millions de dinars. La hausse des revenus est cependant insuffisante pour couvrir l’augmentation de 19,6 millions de dinars des charges opératoires. Les autres produits d’exploitation diminuent également légèrement. BH Bank enregistre ainsi un effet de ciseaux particulièrement défavorable : ses charges progressent de 14,1 %, contre seulement 4,2 % pour son PNB. Son taux de marge chute de 56,38 % à 52,21 %, soit une baisse de 4,17 points de pourcentage. La banque passe ainsi d’un niveau supérieur à la moyenne sectorielle à un taux légèrement inférieur à celle-ci. La dégradation reflète principalement la forte hausse des frais de personnel et des charges générales d’exploitation observée au cours du semestre. La STB concentre l’essentiel de la baisse sectorielle. La STB enregistre de loin la plus forte contraction du résultat brut d’exploitation. Son RBE passe de 184 millions de dinars au premier semestre 2025 à 135,2 millions de dinars au premier semestre 2026. La baisse atteint 48,8 millions de dinars, soit 26,5 %. À elle seule, la contraction du RBE de la STB représente près de quatre fois les baisses cumulées enregistrées par BH Bank et la BIAT. Cette évolution s’explique par la combinaison de deux facteurs défavorables : le PNB de la banque diminue de 36,6 millions de dinars, soit 10,5 % ; les charges opératoires augmentent de 12,2 millions de dinars, soit 7,3 %. Les autres produits d’exploitation progressent très légèrement, mais leur contribution reste négligeable. La banque enregistre ainsi un effet de ciseaux particulièrement marqué. La baisse des revenus et la hausse des coûts se cumulent et amplifient la contraction du résultat opérationnel. Le taux de marge de la STB chute de 52,50 % à 43,08 %, soit une baisse de 9,43 points de pourcentage, ou environ 943 points de base. Il s’agit de la plus forte détérioration parmi les banques cotées. Au premier semestre 2025, la STB conservait encore plus de la moitié de son PNB sous forme de RBE. Un an plus tard, cette proportion tombe à seulement 43 %. La banque se situe désormais plus de onze points sous la moyenne sectorielle. L’ATB affiche une rentabilité opérationnelle toujours faible. L’ATB enregistre une légère progression de son résultat brut d’exploitation, qui passe de 51,5 millions de dinars à 53,3 millions de dinars. La hausse se limite à 1,8 million de dinars, soit 3,6 %. Le PNB progresse de 8,7 millions de dinars, mais les charges opératoires augmentent de 6,8 millions de dinars. La banque ne conserve ainsi qu’environ 21 % de son PNB supplémentaire sous forme de RBE additionnel. Son taux de marge diminue légèrement, passant de 30,03 % à 29,60 %, soit une baisse de 43 points de base. L’ATB demeure ainsi parmi les banques les moins rentables sur le plan opérationnel, devant seulement la BTE. Près de 70 % de son PNB est absorbé par les charges opératoires. La banque dispose donc d’une marge limitée avant prise en compte des amortissements, du coût du risque et de la fiscalité. Les autres produits d’exploitation restent marginaux. Les autres produits d’exploitation cumulés des banques cotées s’établissent à 10,9 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 11,8 millions de dinars un an auparavant. Ils reculent de 0,9 million de dinars, soit 7,6 %. Leur poids dans le calcul du RBE reste toutefois très faible. Ils représentent moins de 0,3 % du PNB sectoriel. La BIAT concentre plus de la moitié de ces produits, avec 5,8 millions de dinars. BH Bank arrive loin derrière, avec 2,1 millions de dinars, suivie par la STB, à 1,1 million de dinars. Pour l’ATB, Attijari Bank et Wifak International Bank, aucun autre produit d’exploitation significatif n’est présenté au premier semestre. La BTE enregistre même un montant négatif de 153 000 dinars. À l’échelle du secteur, l’évolution du RBE dépend donc presque exclusivement de l’écart entre le PNB et les charges opératoires. Les autres produits ne modifient que marginalement la lecture de la rentabilité. La marge opérationnelle du secteur recule de 59 points de base. Le taux de marge sur RBE des banques cotées passe de 54,73 % au premier semestre 2025 à 54,14 % au premier semestre 2026. Il diminue de 0,59 point de pourcentage, soit environ 59 points de base. Ce ratio constitue le complément du coefficient d’exploitation, sous réserve de la faible incidence des autres produits d’exploitation. Il indique que, pour 100 dinars de PNB, les banques cotées conservent en moyenne un peu plus de 54 dinars sous forme de résultat brut d’exploitation, avant dotations aux amortissements, coût du risque, éléments exceptionnels, impôts et résultat net. Le recul sectoriel reste modéré, mais il confirme que la hausse des charges absorbe une part croissante des revenus. Cette détérioration intervient alors que la progression du PNB repose très largement sur les revenus du portefeuille-titres. La capacité du secteur à préserver sa marge dépend donc à la fois de la maîtrise des coûts et de la pérennité de cette source de revenus financiers. Banque de Tunisie et Amen Bank dominent le secteur La Banque de Tunisie affiche la meilleure marge opérationnelle, à 68,58 %. Amen Bank arrive en deuxième position, avec un taux de 66,29 %, suivie par la BNA, à 63,88 %. Ces trois banques conservent près des deux tiers de leur PNB après couverture des frais de personnel et des charges générales d’exploitation. La BIAT se situe également au-dessus de la moyenne, avec un taux de 56,87 %. Attijari Bank atteint 51,90 %, tandis que BH Bank affiche 52,21 %. Ces deux banques restent proches de la moyenne sectorielle, même si leurs trajectoires sont opposées : Attijari Bank améliore sa marge, alors que BH Bank enregistre une forte détérioration. L’UIB se situe à 48,52 %, la STB à 43,08 % et UBCI à 40,83 %. Les niveaux les plus faibles sont observés chez Wifak International Bank, avec 30,91 %, l’ATB, avec 29,60 %, et la BTE, avec 22,00 %. L’écart entre la meilleure et la moins bonne marge atteint ainsi 46,6 points de pourcentage. Six banques améliorent leur taux de marge. Sur les douze banques cotées, six enregistrent une amélioration de leur taux de marge opérationnelle : la BTE, avec une hausse de 10,12 points ; Amen Bank, avec une progression de 3,05 points ; l’UIB, avec une amélioration de 2,39 points ; la Banque de Tunisie, avec une hausse de 1,42 point ; Wifak International Bank, avec une progression de 1,37 point ; Attijari Bank, avec une amélioration de 1,28 point ; UBCI, avec une hausse plus modérée de 0,74 point. À l’inverse, la marge se contracte à la STB, BH Bank, la BIAT, l’ATB et la BNA. La STB affiche la plus forte baisse, de 9,43 points, suivie par BH Bank, avec un recul de 4,17 points. La BIAT perd 1,12 point, tandis que les replis restent limités à l’ATB et à la BNA. Les améliorations les plus significatives sont généralement observées lorsque la croissance du PNB dépasse nettement celle des charges opératoires. Les détériorations apparaissent, au contraire, lorsque les coûts augmentent plus rapidement que les revenus ou lorsque le PNB recule. Une rentabilité opérationnelle encore solide, mais plus dispersée Le secteur bancaire coté conserve au premier semestre 2026 une rentabilité opérationnelle globalement élevée. Le RBE dépasse 2 milliards de dinars et progresse de 3,8 %. Le secteur conserve plus de 54 % de son PNB après couverture des charges opératoires (hors dotations aux amortissements sur immobilisations propres). Cette performance est toutefois moins favorable que ne le laisse penser la seule croissance du PNB. Les revenus progressent de près de 5 %, mais les charges augmentent de plus de 6 %. La marge opérationnelle se contracte donc légèrement. La moyenne sectorielle dissimule surtout une forte dispersion des performances. Amen Bank et la Banque de Tunisie combinent une croissance importante du RBE et une amélioration de leur marge. La BNA et la BIAT conservent des niveaux de rentabilité élevés, mais leur dynamique est moins favorable. Attijari Bank, l’UIB et UBCI améliorent leur conversion du PNB en résultat opérationnel. À l’inverse, BH Bank subit une hausse des coûts beaucoup plus rapide que celle de ses revenus. La STB cumule une baisse du PNB et une augmentation des charges, entraînant une chute de plus d’un quart de son RBE. La BTE enregistre un rattrapage très important, mais son niveau de marge reste le plus faible du secteur. L’ATB et Wifak International Bank demeurent également confrontées à une structure de coûts lourde par rapport à leur PNB. Le premier semestre 2026 montre ainsi que la croissance des revenus ne suffit pas à elle seule à garantir une amélioration de la rentabilité opérationnelle. La capacité à maîtriser les charges et à transformer le PNB supplémentaire en RBE devient le principal facteur de différenciation entre les banques cotées. Dans un contexte où le PNB dépend de plus en plus des revenus du portefeuille-titres, les banques devront également veiller à ne pas laisser une hausse structurelle de leurs coûts reposer sur une source de revenus potentiellement plus volatile. La rentabilité opérationnelle du secteur reste solide, mais elle devient plus inégale et davantage tributaire de la discipline de coûts propre à chaque établissement.

Dossier spécial — Banques cotées au 30 juin 2026 | Volet ¾ : la hausse des salaires dégrade légèrement la productivité du secteur
BOURSE

Dossier spécial — Banques cotées au 30 juin 2026 | Volet ¾ : la hausse des salaires dégrade légèrement la productivité du secteur

31/07/2026 13:19 18 vues Par Moez Hadidane

Au premier semestre 2026, les banques cotées tunisiennes ont continué d’augmenter leurs charges opératoires à un rythme supérieur à celui de leur produit net bancaire. Les charges opératoires cumulées des douze établissements ont atteint 1,737 milliard de dinars, contre 1,634 milliard de dinars au premier semestre 2025. Elles progressent ainsi de 102,6 millions de dinars, soit 6,3 %. Dans le même temps, le produit net bancaire du secteur n’a augmenté que de 4,9 %. Cette évolution défavorable entre les revenus et les dépenses se traduit par une légère détérioration du coefficient d’exploitation, qui passe de 45,3 % à 45,9 %. Autrement dit, les banques cotées ont consacré près de 46 dinars de charges opératoires pour générer 100 dinars de PNB au premier semestre 2026, contre environ 45 dinars un an auparavant. Cette dégradation reste modérée à l’échelle du secteur, mais elle masque des écarts considérables entre les banques. Amen Bank et la Banque de Tunisie améliorent nettement leur productivité, tandis que la STB et la BH Bank enregistrent une forte détérioration. La progression des charges provient presque exclusivement des frais de personnel. Les salaires ont représenté plus de 90 % de l’augmentation des charges opératoires du secteur, alors que les charges générales d’exploitation sont restées relativement maîtrisées. Les charges opératoires progressent plus rapidement que le PNB. Les charges opératoires cumulées des banques cotées sont passées de 1,634 milliard de dinars au premier semestre 2025 à 1,737 milliard de dinars au premier semestre 2026. La hausse atteint 102,6 millions de dinars, soit 6,3 %. Ces charges regroupent les frais de personnel et les charges générales d’exploitation. Elles n’intègrent pas les dotations aux amortissements et aux provisions sur les immobilisations propres. Leur progression est donc directement liée aux dépenses de fonctionnement courantes des banques : masse salariale, charges administratives, loyers, informatique, télécommunications, prestations externes et autres dépenses générales. L’augmentation de 6,3 % des charges opératoires est supérieure de 1,4 point à celle du PNB, qui s’est limitée à 4,9 %. Cet écart signifie que la croissance des revenus n’a pas entièrement absorbé la hausse des coûts. Pour l’ensemble du secteur, l’effet de ciseaux reste limité, mais il devient défavorable. La situation varie néanmoins fortement d’une banque à l’autre. Certaines ont enregistré une croissance du PNB suffisamment élevée pour absorber leurs charges, tandis que d’autres ont subi simultanément une hausse des dépenses et une faible croissance, voire une baisse, de leurs revenus. Plus de 90 % de la hausse provient des frais de personnel. Les frais de personnel des banques cotées se sont élevés à 1,236 milliard de dinars au premier semestre 2026, contre 1,143 milliard de dinars un an auparavant. Ils augmentent de 92,6 millions de dinars, soit 8,1 %. Les salaires ont ainsi représenté environ 90,2 % de la hausse totale des charges opératoires du secteur. À l’inverse, les charges générales d’exploitation n’ont progressé que de 10 millions de dinars, passant de 490,6 millions de dinars à 500,7 millions de dinars. Leur hausse se limite à 2 %. La dynamique des coûts du secteur est donc très clairement salariale. Les frais de personnel représentent désormais 71,2 % des charges opératoires des banques cotées, contre environ 70 % au premier semestre 2025. Les charges générales d’exploitation en constituent les 28,8 % restants. Cette évolution peut refléter des augmentations salariales, des recrutements, des dépenses liées aux avantages du personnel ou encore des ajustements conventionnels. Le fichier ne permet toutefois pas de distinguer précisément ces différents facteurs. Il montre en revanche que les banques ont globalement mieux maîtrisé leurs dépenses générales que leur masse salariale. BH Bank enregistre la plus forte hausse des charges. BH Bank affiche la plus forte augmentation des charges opératoires en valeur parmi les douze banques cotées. Ses dépenses passent de 138,8 millions de dinars au premier semestre 2025 à 158,3 millions de dinars au premier semestre 2026. Elles augmentent ainsi de 19,6 millions de dinars, soit 14,1 %. Cette hausse provient principalement des frais de personnel, qui progressent de 14,6 millions de dinars, soit 14,9 %. Les charges générales d’exploitation augmentent parallèlement de 5 millions de dinars, soit 12,3 %. Les deux composantes évoluent donc fortement, sans effet de compensation. Cette dynamique est d’autant plus défavorable que le PNB de BH Bank n’a progressé que de 4,2 %. La banque subit ainsi un important effet de ciseaux, ses charges augmentant plus de trois fois plus vite que ses revenus. BH Bank explique à elle seule près de 19 % de l’augmentation des charges opératoires de l’ensemble du secteur coté. BIAT supporte la deuxième plus forte hausse en valeur. La BIAT enregistre une augmentation de 15,1 millions de dinars de ses charges opératoires, qui atteignent 346,2 millions de dinars. La hausse reste toutefois contenue à 4,6 %, un rythme inférieur à la moyenne sectorielle de 6,3 %. La progression provient entièrement des frais de personnel, qui augmentent de 17,3 millions de dinars, soit 8,5 %. Les charges générales d’exploitation diminuent au contraire de 2,2 millions de dinars, soit 1,7 %. La BIAT est ainsi parvenue à compenser partiellement la hausse de sa masse salariale par une réduction de ses autres dépenses de fonctionnement. Malgré cette maîtrise des charges générales, les charges opératoires augmentent plus rapidement que le PNB de la banque, dont la progression s’est limitée à 1,9 %. Cette situation entraîne une détérioration modérée de sa productivité. La STB cumule hausse des coûts et baisse du PNB. Les charges opératoires de la STB progressent de 12,2 millions de dinars, soit 7,3 %, pour atteindre 178,6 millions de dinars au premier semestre 2026. Cette augmentation repose intégralement sur les frais de personnel, qui progressent de 17,2 millions de dinars, soit 14,6 %. Les charges générales d’exploitation diminuent parallèlement de 5 millions de dinars, soit 10,2 %. Cette baisse permet de limiter l’augmentation totale des coûts, mais elle ne suffit pas à neutraliser la hausse salariale. La situation de la STB est particulièrement défavorable, car son PNB a reculé de 10,5 % au cours de la même période. La banque cumule donc deux effets négatifs : une baisse de ses revenus et une hausse de ses coûts. Cette configuration explique la forte détérioration de son coefficient d’exploitation. UBCI et Wifak affichent également de fortes progressions. UBCI augmente ses charges opératoires de 9,2 millions de dinars, soit 8,7 %, à 114,5 millions de dinars. Cette hausse provient presque exclusivement des frais de personnel, qui progressent de 9,1 millions de dinars. Les charges générales d’exploitation restent pratiquement stables, avec une augmentation de seulement 73 000 dinars. La banque affiche toutefois une croissance du PNB de 10,1 %, supérieure à celle de ses charges. Elle parvient donc à améliorer légèrement sa productivité malgré l’augmentation de la masse salariale. Wifak International Bank enregistre la plus forte hausse relative des charges opératoires du secteur, à 17,6 %. Ses charges passent de 35,2 millions de dinars à 41,4 millions de dinars. Les frais de personnel progressent de 20,4 %, tandis que les charges générales augmentent de 10,2 %. Cette forte progression doit être relativisée par la taille encore réduite de la banque et par la croissance de 19,9 % de son PNB. Les revenus augmentant plus rapidement que les coûts, le coefficient d’exploitation de Wifak s’améliore légèrement. La BTE affiche également une hausse importante de ses charges, de 11,2 %. Cette augmentation reste néanmoins nettement inférieure à la croissance de 25,6 % de son PNB, ce qui permet à la banque d’enregistrer la plus forte amélioration de productivité du secteur. Attijari Bank et UIB maîtrisent le mieux leurs charges. Attijari Bank affiche une progression limitée de 2,4 % de ses charges opératoires, qui passent de 176 millions de dinars à 180,3 millions de dinars. Les frais de personnel augmentent de seulement 1,2 %, tandis que les charges générales d’exploitation progressent de 5,9 %. La croissance des charges demeure ainsi inférieure à celle du PNB, qui atteint 5,1 %. Cette évolution permet à la banque d’améliorer son coefficient d’exploitation. L’UIB enregistre la plus faible hausse des charges opératoires du secteur, à seulement 1 %. Ses charges passent de 139,2 millions de dinars à 140,6 millions de dinars. Les frais de personnel augmentent de 1,6 %, alors que les charges générales d’exploitation diminuent de 1 %. Cette maîtrise des coûts, associée à une croissance du PNB de 5,7 %, permet à l’UIB d’améliorer sensiblement sa productivité. La BNA affiche également une hausse relativement contenue de ses charges, de 4,9 %, proche de celle de son PNB, qui s’établit à 4,1 %. Son coefficient d’exploitation ne se dégrade donc que très légèrement. Les charges générales sont globalement maîtrisées. Les charges générales d’exploitation du secteur augmentent de seulement 2 %, à 500,7 millions de dinars. Cette progression nettement inférieure à l’inflation et à celle des frais de personnel témoigne d’un effort global de maîtrise des dépenses non salariales. Quatre banques enregistrent même une baisse de leurs charges générales. La STB affiche la réduction la plus importante, avec un recul de 5 millions de dinars, soit 10,2 %. La BIAT diminue ses charges générales de 2,2 millions de dinars, soit 1,7 %. L’ATB enregistre une baisse de 684 000 dinars, soit 1,7 %, tandis que l’UIB les réduit de 305 000 dinars, soit 1 %. UBCI maintient ses charges générales pratiquement inchangées. À l’inverse, BH Bank affiche la plus forte hausse en valeur, avec 5 millions de dinars supplémentaires. La BNA augmente ses charges générales de 4,7 millions de dinars, Attijari Bank de 2,6 millions et Amen Bank de 2,3 millions. En variation relative, les plus fortes hausses sont observées à la BTE, avec 16,6 %, à BH Bank, avec 12,3 %, et à Wifak International Bank, avec 10,2 %. Ces progressions doivent toutefois être appréciées en tenant compte de la taille plus réduite des bases de comparaison pour la BTE et Wifak International Bank. Le coefficient d’exploitation du secteur se dégrade de 59 points de base. Le coefficient d’exploitation cumulé des banques cotées passe de 45,27 % au premier semestre 2025 à 45,86 % au premier semestre 2026. Il augmente ainsi de 0,59 point de pourcentage, soit environ 59 points de base. Le coefficient d’exploitation mesure le poids des charges opératoires dans le PNB. Plus il est faible, plus la banque est considérée comme productive sur le plan opérationnel. Les charges opératoires retenues dans ce calcul comprennent les frais de personnel et les charges générales d’exploitation. Elles n’incluent pas les dotations aux amortissements sur les immobilisations propres. La légère hausse du ratio sectoriel signifie que le secteur a consommé une part plus importante de son PNB pour couvrir ses coûts de fonctionnement. La dégradation ne paraît pas spectaculaire, mais elle intervient alors que la croissance du PNB dépend fortement des revenus du portefeuille. Sans cette forte contribution des placements financiers, le coefficient d’exploitation aurait probablement enregistré une détérioration plus prononcée. La Banque de Tunisie affiche le meilleur coefficient d’exploitation. La Banque de Tunisie présente le coefficient d’exploitation le plus faible du secteur, à 31,4 % au premier semestre 2026. Le ratio s’améliore de 1,4 point par rapport aux 32,8 % enregistrés un an auparavant. Cette performance résulte d’une croissance de 11,8 % du PNB, nettement supérieure à la hausse de 7 % des charges opératoires. La banque ne se distingue donc pas par une baisse absolue de ses dépenses, mais par sa capacité à faire progresser ses revenus beaucoup plus rapidement. Avec 31,4 dinars de charges opératoires pour 100 dinars de PNB, la Banque de Tunisie affiche un niveau de productivité très supérieur à la moyenne sectorielle de 45,9 %. Amen Bank arrive en deuxième position, avec un coefficient d’exploitation de 33,7 %, contre 36,8 % au premier semestre 2025. L’amélioration atteint 3,1 points, soit 305 points de base. Amen Bank enregistre ainsi l’une des meilleures performances du secteur. Son PNB progresse de 17,7 %, alors que ses charges opératoires augmentent de 7,9 %. La BNA présente également un coefficient favorable, à 36,1 %, pratiquement stable par rapport aux 35,8 % enregistrés un an plus tôt. La BTE réalise la plus forte amélioration. La BTE affiche la plus forte baisse du coefficient d’exploitation, qui passe de 88,1 % à 78 %. L’amélioration atteint 10,1 points de pourcentage, soit plus de 1 000 points de base. Cette évolution résulte de la forte croissance de son PNB, en hausse de 25,6 %, alors que ses charges opératoires progressent de 11,2 %. Malgré cette amélioration spectaculaire, la BTE conserve le coefficient d’exploitation le plus élevé du secteur. Près de 78 % de son PNB restent absorbés par les charges opératoires. La banque a donc sensiblement amélioré sa productivité, mais son niveau de coûts demeure très élevé par rapport à ses revenus. L’UIB améliore également son coefficient d’exploitation, qui recule de 53,9 % à 51,5 %, soit une baisse de 2,4 points. Attijari Bank passe de 49,4 % à 48,1 %, tandis que Wifak International Bank s’améliore de 70,5 % à 69,1 %. UBCI affiche une amélioration plus limitée, de 59,9 % à 59,2 %. La STB enregistre la plus forte détérioration. Le coefficient d’exploitation de la STB passe de 47,5 % au premier semestre 2025 à 56,9 % au premier semestre 2026. Il se dégrade ainsi de 9,4 points, soit environ 943 points de base. Cette évolution constitue de loin la plus forte détérioration du secteur. Elle ne résulte pas seulement de la hausse de 7,3 % des charges opératoires. Elle est surtout liée à la baisse de 10,5 % du PNB de la banque. La STB consomme désormais près de 57 % de son PNB pour couvrir ses frais de personnel et ses charges générales, contre moins de 48 % un an auparavant. Cette détérioration réduit fortement le surplus opérationnel disponible avant amortissements, coût du risque et impôts. BH Bank enregistre la deuxième plus forte dégradation. Son coefficient d’exploitation passe de 43,6 % à 47,8 %, soit une hausse de 4,2 points. L’augmentation rapide des salaires et des charges générales, combinée à une progression limitée du PNB, explique cette évolution. La BIAT voit son coefficient augmenter de 42 % à 43,1 %, soit une détérioration de 1,1 point. L’ATB affiche une hausse plus limitée, de 70 % à 70,4 %, mais son ratio demeure très supérieur à la moyenne sectorielle. Des écarts de productivité très importants entre les banques Au premier semestre 2026, l’écart entre la banque la plus productive et la moins productive atteint près de 47 points. La Banque de Tunisie affiche un coefficient d’exploitation de 31,4 %, contre 78 % pour la BTE. Les banques peuvent être réparties en plusieurs groupes. La Banque de Tunisie, Amen Bank et la BNA présentent les niveaux les plus favorables, avec des coefficients compris entre 31 % et 36 %. La BIAT, Attijari Bank et BH Bank se situent autour de la moyenne sectorielle, avec des ratios compris entre 43 % et 48 %. L’UIB, la STB et UBCI affichent des coefficients plus élevés, compris entre 51 % et 59 %. Wifak International Bank, l’ATB et la BTE présentent les ratios les plus lourds, compris entre 69 % et 78 %. Un coefficient élevé peut être influencé par la taille de la banque, son modèle d’activité, son réseau, sa phase de développement ou des charges exceptionnelles. Il traduit néanmoins une faible capacité à transformer le PNB en résultat opérationnel avant amortissements et coût du risque. La maîtrise salariale devient le principal enjeu. Le premier semestre 2026 fait apparaître une situation contrastée. D’un côté, les banques cotées ont globalement contenu leurs charges générales d’exploitation. Celles-ci n’augmentent que de 2 %, et plusieurs établissements les ont même réduites. De l’autre, les frais de personnel progressent de 8,1 % et expliquent plus de 90 % de la hausse totale des charges opératoires. Le principal enjeu de productivité du secteur ne semble donc plus résider dans les dépenses administratives courantes, mais dans la capacité des banques à maîtriser leur masse salariale et à générer suffisamment de revenus supplémentaires pour l’absorber. La hausse des salaires n’est pas nécessairement négative lorsqu’elle accompagne une croissance du réseau, des investissements technologiques ou une amélioration de l’activité. Elle devient toutefois problématique lorsque le PNB progresse moins rapidement. Amen Bank, la Banque de Tunisie, Attijari Bank, UBCI, l’UIB, Wifak International Bank et la BTE ont réussi à faire croître leur PNB plus rapidement que leurs charges opératoires. À l’inverse, BH Bank, la BIAT, la BNA, l’ATB et surtout la STB ont enregistré une évolution moins favorable. Une productivité sectorielle encore solide, mais sous pression Avec un coefficient d’exploitation de 45,9 %, le secteur bancaire coté conserve globalement une capacité satisfaisante à transformer son PNB en marge opérationnelle. Plus de 54 % du PNB demeure disponible après couverture des frais de personnel et des charges générales d’exploitation, avant prise en compte des amortissements, du coût du risque et des autres éléments du résultat. La légère détérioration enregistrée au premier semestre 2026 constitue néanmoins un signal de vigilance. Les banques ont réussi à préserver la croissance de leur PNB grâce à la forte progression des revenus du portefeuille. Dans le même temps, leur masse salariale a augmenté plus rapidement que leurs revenus. Cette combinaison rend la productivité davantage dépendante de la capacité des placements financiers à continuer de générer une croissance suffisante. Les établissements présentant les meilleurs résultats sont ceux qui combinent une forte croissance du PNB avec une hausse maîtrisée des coûts. Amen Bank et la Banque de Tunisie illustrent particulièrement ce modèle. À l’inverse, la STB et BH Bank montrent qu’une augmentation rapide des charges devient fortement pénalisante lorsque les revenus progressent peu ou diminuent. Le premier semestre 2026 confirme ainsi que la maîtrise des charges reste un enjeu central pour les banques cotées. Mais au-delà de la réduction des dépenses générales, le véritable défi réside désormais dans l’évolution de la masse salariale et dans la capacité de chaque établissement à améliorer durablement la productivité de ses ressources humaines.

Publicité
Publicité
Publicité

Interviews

Vidéos

Publicité
Publicité

Nos références