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Moody’s alerte sur la situation de la France : Un cocktail risqué d'incertitudes budgétaires et politiques
ECONOMIE

Moody’s alerte sur la situation de la France : Un cocktail risqué d'incertitudes budgétaires et politiques

03/10/2026 21:24 3 vues Par Tera Finances

Le 1er octobre 2026, l'agence de notation américaine Moody's Investors Service a publié une note d'analyse ("Issuer In-Depth") particulièrement sévère concernant la dette souveraine de la France. Intitulé "Government of France: Draft budget highlights fiscal and political difficulties as sharp rise in yields add to credit risks", ce document préparatoire dresse le constat d'une impasse institutionnelle menaçant directement la notation du pays. À quelques semaines de l'évaluation officielle de la souveraineté financière tricolore, fixée au calendrier de l'agence le 23 octobre 2026, Moody's a exprimé de vives inquiétudes. Si l'organisme maintient pour le moment l'appréciation de la France au rang Aa3, cette note reste fermement assortie d'une perspective négative (orientation défavorable). L'agence est claire : au vu du contexte actuel, une dégradation de cette évaluation apparaît aujourd'hui nettement plus envisageable qu'un relèvement. Le défi budgétaire : un déficit ciblé à 5 % L'avertissement de Moody's intervient au moment même où les futures orientations budgétaires de l'Hexagone doivent être validées. Comme le souligne le titre du rapport de l'agence, le pays fait face à une forte hausse de ses rendements obligataires ("sharp rise in yields"), ce qui accroît mécaniquement le risque de crédit. Face à cette pression, l'exécutif français tente actuellement de manœuvrer pour rallier la représentation nationale autour d'un objectif de maîtrise des dépenses. La cible affichée par le gouvernement est de parvenir à ramener le déficit public à 5 % de la richesse nationale. Toutefois, la validation de cette trajectoire se heurte à des obstacles majeurs. Une remise en cause de la capacité politique française Le cœur du problème soulevé par l'institution financière n'est pas uniquement comptable, il est avant tout politique. Moody's remet ouvertement en cause l'aptitude de l'échiquier politique hexagonal à faire face à ces défis. Pour rétablir la situation, il faudrait pouvoir bâtir et préserver un consensus durable autour d'un plan pluriannuel d'assainissement des finances de l'État. Or, d'après l'analyse transmise début octobre, l'environnement institutionnel actuel ne permet pas d'atteindre cet objectif. L'instabilité et le morcellement des forces parlementaires à l'Assemblée empêchent l'émergence d'une majorité claire pour soutenir des lois de finances rigoureuses. Selon les conclusions de Moody's, cette fragmentation politique ne laisse présager aucune issue favorable à court terme pour la consolidation budgétaire de la France. En définitive, le rapport met en lumière la transformation directe d'une crise politique en risque financier tangible. Les marchés et les observateurs attendent désormais la date du 23 octobre 2026, où l'agence devra officiellement statuer sur la sanction — ou le sursis — de la dette souveraine française.

Castel : Romy gagne une bataille judiciaire à Singapour, Grégory Clerc conserve la direction du groupe
ECONOMIE

Castel : Romy gagne une bataille judiciaire à Singapour, Grégory Clerc conserve la direction du groupe

03/10/2026 16:12 15 vues Par Tera Finances

La crise de gouvernance du groupe Castel franchit une nouvelle étape. Vendredi 2 octobre 2026, la Haute Cour de Singapour a confirmé la révocation de Grégory Clerc de son mandat d’administrateur d’IBBM, donnant raison au camp de Romy Castel. Cette victoire ne lui transfère toutefois pas automatiquement les commandes du groupe : les conseils d’administration de Cassiopée et de DF Holding ont aussitôt renouvelé leur confiance au directeur général. Un mois après la guerre de communiqués, la bataille autour de l’avenir de Castel revient sur le terrain judiciaire. Dans notre article du 1er septembre, « Groupe Castel : la bataille de succession vire à la guerre de communication », nous décrivions les déclarations contradictoires sur l’unité de la famille et les tensions autour des structures de contrôle. La décision rendue à Singapour constitue désormais une avancée pour les contestataires, sans mettre fin à la lutte pour le pouvoir. Une victoire pour Romy Castel au sein d’IBBM Selon les comptes rendus de la décision, la Haute Cour de Singapour a confirmé la révocation de Grégory Clerc et de Pierre Baer de leurs fonctions d’administrateurs d’Investment Beverage Business Management, ou IBBM. Elle valide ainsi les résolutions adoptées lors de l’assemblée générale du 2 février 2026. La nomination de Romy Castel au conseil de cette société est également confirmée. L’enjeu dépasse la composition d’un conseil d’administration. Romy Castel entend faire de cette victoire le point de départ d’une remise en cause des mandats détenus par Grégory Clerc dans les différentes entités du groupe. Mais cet effet en cascade demeure, à ce stade, un objectif de son camp, et non une conséquence acquise du jugement. Romy et Alain Castel, alliés face au directeur général Le conflit oppose principalement Romy Castel, fille unique de Pierre Castel, et son cousin Alain Castel, neveu du fondateur, à Grégory Clerc. Ancien avocat fiscaliste de Pierre Castel, ce dernier a été nommé directeur général en 2023. Romy et Alain contestent la concentration des pouvoirs entre ses mains et souhaitent reprendre la main sur la gouvernance. Grégory Clerc affirme, de son côté, respecter l’organisation voulue par le fondateur, fondée sur une séparation entre les intérêts patrimoniaux de la famille et la gestion opérationnelle. La position des autres branches familiales reste au cœur d’une controverse. Fin août, un communiqué attribué aux « quatre branches majoritaires » avait désavoué les démarches de Romy Castel. Romy, Alain et Philippe Castel avaient contesté la légitimité de ce texte, notamment en raison de l’absence de signatures nominatives. Présenter le conflit comme une opposition clairement établie entre Romy et l’ensemble des autres membres de la famille serait donc réducteur. La direction maintient ses positions La riposte à la décision singapourienne a été immédiate. Dans un communiqué du 2 octobre, les conseils d’administration de Cassiopée et de DF Holding ont réaffirmé leur soutien à Grégory Clerc et contesté tout changement dans la conduite opérationnelle du groupe. Selon leur présentation, Cassiopée constitue la holding de tête et DF Holding la holding opérationnelle. Ils soutiennent que le pouvoir de nommer les administrateurs de Cassiopée appartient aux trustees, chargés de défendre les intérêts des bénéficiaires des trusts. Le contrôle d’IBBM ne suffirait donc pas, à lui seul, à emporter celui du groupe. Cette lecture est celle défendue par les conseils, au cœur du différend sur la portée de la victoire de Romy Castel. Le remplacement d’IBBM, prochain point de confrontation Un autre élément pourrait peser sur la suite du conflit. D’après le même communiqué, les trustees d’IBBF ont engagé le remplacement d’IBBM par un gestionnaire indépendant et agréé. Un candidat aurait été retenu, mais sa nomination resterait soumise à plusieurs conditions, dont la révocation d’IBBM par les porteurs de parts du fonds. Romy Castel a saisi la justice singapourienne pour suspendre temporairement ce processus. La bataille porte ainsi également sur le maintien du rôle d’IBBM dans l’organisation du groupe. Des choix industriels et financiers en arrière-plan Au-delà des mandats, Romy Castel expose désormais ses intentions pour l’entreprise. Selon les déclarations rapportées le 2 octobre, elle souhaite travailler avec ses cousins Philippe et Alain au renforcement de la branche vins, confrontée au recul de la consommation française. Elle entend également consolider les activités de boissons en Afrique et développer le pôle agricole. Cette confrontation intervient alors que Castel doit aussi traiter un important dossier fiscal en France. Selon les indications de l’entreprise rapportées par l’AFP, l’exposition pourrait atteindre un milliard d’euros dans l’hypothèse haute. Ce montant représente un risque évoqué, et non une somme définitivement arrêtée. La décision du 2 octobre modifie donc le rapport de force judiciaire sans régler la question du commandement. Romy Castel a obtenu gain de cause sur la gouvernance d’IBBM ; Grégory Clerc demeure, pour l’heure, directeur général du groupe. La prochaine étape déterminera si cette victoire peut se traduire par une redistribution effective des pouvoirs dans les structures qui dirigent les activités de Castel.   Post-scriptum — IBBM, quelle place dans l’organisation de Castel ? Investment Beverage Business Management (IBBM) est une société établie à Singapour qui assure la gestion du fonds IBBF, au sein du dispositif de détention des actifs du groupe Castel. Il faut distinguer cette fonction de celle de Cassiopée, présentée comme la holding de tête, et de DF Holding, la holding opérationnelle. Selon les conseils d’administration de ces deux entités, le pouvoir de nommer les administrateurs de Cassiopée appartient aux trustees, chargés de protéger les intérêts des bénéficiaires des trusts. Cette séparation entre gestion du fonds et gouvernance des activités explique pourquoi la victoire de Romy Castel au sein d’IBBM ne lui confère pas automatiquement la direction du groupe. La portée du pouvoir exercé à travers IBBM demeure précisément au cœur du conflit.

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