Tunis Stock Exchange
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La dégradation du déficit courant de la Tunisie s'est accentuée au premier semestre 2026. Selon les dernières statistiques publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT), le déficit courant s'est établi à 4 241 millions de dinars, soit 2,3 % du PIB, contre 2 844 millions de dinars (1,6 % du PIB) à la même période de 2025. Cela représente une aggravation de près de 49 % en glissement annuel. Cette détérioration s'explique essentiellement par l'alourdissement de la facture énergétique, qui continue de peser lourdement sur les équilibres extérieurs du pays. Une facture énergétique à un niveau record À fin juin 2026, les importations nettes d'énergie ont atteint 8 502 millions de dinars, contre 6 370 millions de dinars un an plus tôt, soit une hausse de 33,5 %. Elles représentent désormais 18 % de l'ensemble des importations de marchandises, illustrant le poids croissant de la dépendance énergétique dans les comptes extérieurs de la Tunisie. Cette envolée de la facture énergétique explique, à elle seule, l'essentiel de la dégradation du solde courant observée au cours du premier semestre. Hors énergie, les comptes extérieurs restent excédentaires. L'analyse de la balance courante hors composante énergétique met en évidence une réalité sensiblement différente. En excluant les échanges liés à l'énergie, la Tunisie affiche un excédent courant de 2 538 millions de dinars à fin juin 2026. Ce résultat montre que les autres postes de la balance des paiements – notamment les exportations de biens et de services, les recettes touristiques, les transferts des Tunisiens résidant à l'étranger et les revenus – contribuent globalement à compenser les sorties de devises au titre des opérations courantes. C'est donc principalement la facture énergétique qui transforme cet équilibre en déficit. Une dépendance énergétique qui demeure le principal défi extérieur Ces chiffres confirment que la vulnérabilité extérieure de la Tunisie reste avant tout liée à sa dépendance aux importations d'énergie. Tant que cette dernière continuera de progresser plus rapidement que les capacités de production énergétique nationale ou que les recettes en devises, elle exercera une pression durable sur la balance courante et les réserves en devises. Au-delà du constat conjoncturel, les données de la BCT rappellent ainsi que l'amélioration durable des équilibres extérieurs passe également par une réduction de la dépendance énergétique, à travers le développement de la production nationale, l'accélération de la transition énergétique et une meilleure maîtrise de la consommation d'énergie.
Au-delà de sa décision de maintenir son taux directeur inchangé à 7,00 %, le Conseil d'administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT), réuni le 29 juillet 2026, a adressé un message fort aux autorités économiques. L'institution estime que la maîtrise durable de l'inflation ne peut reposer sur la seule politique monétaire et appelle à une mobilisation cohérente de l'ensemble des leviers de la politique économique. Dans son communiqué, la Banque centrale souligne que si la politique monétaire demeure un instrument essentiel pour contenir les tensions inflationnistes, son efficacité dépend également de la cohérence des autres politiques publiques. La stabilité des prix, rappelle-t-elle, nécessite une action convergente de l'ensemble des acteurs économiques afin d'éviter que les déséquilibres internes ne compromettent les progrès réalisés ces derniers mois. La BCT insiste notamment sur la nécessité de maintenir l'évolution de la liquidité, de la dépense publique et de la demande intérieure en adéquation avec les capacités de production de l'économie nationale. Selon elle, cet équilibre est indispensable non seulement pour limiter les pressions inflationnistes, mais aussi pour préserver les équilibres extérieurs du pays, dans un contexte où les réserves en devises restent un enjeu majeur de stabilité macroéconomique. Le Conseil rappelle également que la consolidation de cette stabilité passe par une accélération des réformes structurelles. L'institution met en avant le renforcement de l'offre productive, la promotion de l'investissement ainsi que l'amélioration de la sécurité énergétique et alimentaire comme des priorités essentielles pour accroître la capacité de l'économie tunisienne à faire face aux chocs extérieurs. À travers ce communiqué, la Banque centrale réaffirme ainsi une position qu'elle défend régulièrement : la lutte contre l'inflation ne peut être gagnée par la seule action de la banque centrale. Elle suppose un cadre macroéconomique cohérent, dans lequel la politique budgétaire, les réformes structurelles et les politiques de soutien à la production évoluent de manière coordonnée avec la politique monétaire. En mettant l'accent sur cette nécessaire convergence des politiques économiques, la BCT dépasse le cadre de la simple gestion des taux d'intérêt et rappelle que la stabilité des prix constitue un objectif collectif, qui repose autant sur les choix budgétaires et les réformes économiques que sur les décisions de politique monétaire. Cette approche traduit sa volonté de voir s'installer une stabilité macroéconomique durable, fondée sur des fondamentaux économiques plus solides et une économie plus résiliente face aux risques internes et externes.