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Après la BCE, la Réserve fédérale relève à son tour ses taux directeurs
ECONOMIE

Après la BCE, la Réserve fédérale relève à son tour ses taux directeurs

17/09/2026 00:40 8 vues Par Tera Finances

La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé, mercredi 16 septembre 2026, son principal taux directeur de 25 points de base, portant la fourchette cible des fonds fédéraux à 3,75 %-4,00 %. Adoptée à l’unanimité, cette décision constitue la première hausse des taux américains depuis 2023 et la première modification de politique monétaire sous la présidence de Kevin Warsh. Elle intervient six jours seulement après une décision similaire de la Banque centrale européenne (BCE). Le 10 septembre, le Conseil des gouverneurs avait également augmenté ses trois taux directeurs de 25 points de base face aux tensions inflationnistes alimentées par le conflit au Moyen-Orient et le renchérissement de l’énergie. Les nouvelles conditions monétaires de la BCE sont entrées en vigueur le 16 septembre, le jour même de l’annonce de la Fed. Le taux de la facilité de dépôt est ainsi passé à 2,50 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %. En l’espace de moins d’une semaine, les deux principales banques centrales occidentales ont donc resserré leur politique monétaire, confirmant que le choc énergétique a éloigné les perspectives de détente des taux qui prévalaient auparavant. La Fed replace l’inflation au centre de ses priorités La hausse décidée par la Fed marque le retour de la lutte contre l’inflation au premier rang des priorités de la banque centrale américaine. À l’issue de la réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC), Kevin Warsh a estimé que l’économie des États-Unis s’était renforcée depuis la précédente réunion de juin et que le marché du travail évoluait à un niveau proche du plein emploi. Cette résistance de l’activité réduit la nécessité de soutenir l’économie par des conditions monétaires accommodantes. Elle permet surtout à la Fed de concentrer son action sur une inflation qui reste supérieure à son objectif de 2 % et dont les tendances sous-jacentes ne se sont pas sensiblement améliorées durant l’été. Selon Kevin Warsh, l’inflation demeure trop élevée et persistante. La hausse des prix de l’énergie, les tensions commerciales et les droits de douane appliqués par les États-Unis entretiennent les risques inflationnistes. Une nouvelle hausse largement anticipée en 2026 Les projections publiées à l’issue de la réunion montrent qu’une large majorité des responsables de la Fed envisage de poursuivre le resserrement monétaire. Sur les 18 membres ayant présenté une prévision, 16 anticipent au moins une hausse supplémentaire de 25 points de base avant la fin de 2026. La projection médiane situe ainsi le taux directeur entre 4,00 % et 4,25 % à la fin de l’année. Il resterait dans cette même fourchette à la fin de 2027, avant de diminuer progressivement en 2028 et d’atteindre 3,50 %-3,75 % en 2029. Ces projections individuelles, communément appelées « dot plot », ne constituent toutefois ni une décision déjà prise ni un calendrier contraignant. Elles présentent les trajectoires jugées appropriées par les responsables de la Fed sur la base des informations disponibles. Kevin Warsh s’est d’ailleurs gardé de fournir un engagement précis sur les mouvements futurs des taux. Les prochaines décisions dépendront notamment de l’évolution de l’inflation, de l’emploi, de l’activité et des conditions financières. L’inflation américaine ne reviendrait à 2 % qu’en 2029 Les nouvelles projections économiques soulignent la persistance des tensions sur les prix. L’inflation mesurée par l’indice des dépenses de consommation personnelle — PCE, indicateur privilégié par la Fed — atteindrait 3,7 % en 2026. Son retour à l’objectif de 2 % ne serait désormais attendu qu’en 2029. Parallèlement, la banque centrale prévoit une croissance économique de 2,3 % en 2026 et de 2,4 % en 2027. Le taux de chômage se maintiendrait autour de 4,1 %. Ces perspectives décrivent une économie encore solide malgré l’inflation, ce qui conforte la Fed dans sa capacité à relever les taux sans provoquer, à ce stade, un ralentissement brutal de l’activité. La BCE confrontée au même choc énergétique La décision américaine rappelle celle prise quelques jours plus tôt par la BCE. Le 10 septembre, Christine Lagarde avait expliqué que le conflit au Moyen-Orient continuait de générer des pressions inflationnistes et que l’inflation de la zone euro resterait supérieure à l’objectif pendant une période prolongée. Les services de la BCE prévoient désormais une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, de 2,5 % en 2027 et de 2,1 % en 2028. Hors énergie et produits alimentaires, elle atteindrait respectivement 2,5 %, 2,6 % et 2,3 %. La hausse des prix à la consommation dans la zone euro s’est accélérée à 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet. Cette progression provient principalement de l’énergie, dont l’inflation annuelle a atteint 14,3 %. La BCE a notamment relevé l’effet de l’augmentation des marges de raffinage sur les carburants liquides et celui du renchérissement des matières premières énergétiques. Comme la Fed, la BCE ne s’est toutefois engagée sur aucune trajectoire déterminée. Christine Lagarde a indiqué que les décisions seraient prises réunion par réunion, en fonction des données économiques, des perspectives d’inflation et de la transmission de la politique monétaire. La BCE avait déjà augmenté ses taux de 25 points de base en juin, avant de les maintenir en juillet. La décision de septembre constitue donc sa deuxième hausse de l’année. Un resserrement simultané, mais des trajectoires différentes La Fed et la BCE répondent au même risque général — une inflation alimentée par l’énergie et susceptible de se diffuser au reste de l’économie — mais elles évoluent dans des contextes différents. Aux États-Unis, la solidité de l’activité et la proximité du plein emploi offrent davantage de latitude pour resserrer la politique monétaire. Dans la zone euro, la croissance demeure plus modérée, même si l’économie s’est révélée plus résistante qu’anticipé. La BCE prévoit une croissance de 0,9 % en 2026, de 1,4 % en 2027 et de 1,5 % en 2028. Elle doit donc arbitrer entre une inflation durablement supérieure à l’objectif et le risque de freiner davantage une activité économique déjà peu dynamique. Le rapprochement des décisions ne signifie pas non plus que les taux américains et européens suivront automatiquement la même trajectoire. La Fed envisage explicitement une nouvelle hausse en 2026, tandis que la BCE affirme ne s’être engagée dans aucune direction pour sa prochaine réunion. Quelles conséquences possibles pour la Tunisie ? Le resserrement simultané des politiques monétaires américaine et européenne peut affecter la Tunisie par des canaux différents. La zone euro constitue le principal partenaire commercial et financier du pays. Une hausse des taux de la BCE peut se transmettre aux coûts de financement en euros et, progressivement, aux conditions appliquées aux emprunteurs publics et privés. Elle peut également peser sur la demande européenne, avec des répercussions possibles sur les exportations tunisiennes, le tourisme et l’investissement. Du côté américain, des taux plus élevés peuvent soutenir le dollar et accroître le rendement exigé par les investisseurs sur les actifs libellés dans cette devise. Une appréciation durable du billet vert augmenterait, toutes choses égales par ailleurs, la contrevaleur en dinars des importations facturées en dollars, notamment les produits énergétiques et certaines matières premières. Elle pourrait aussi renchérir le service de la dette extérieure libellée en dollars. La combinaison d’un euro soumis à une politique monétaire plus restrictive et d’un dollar potentiellement plus ferme place ainsi la Tunisie dans un environnement extérieur moins favorable : coût du financement plus élevé, facture énergétique sous tension et demande européenne susceptible de ralentir. Ces mécanismes constituent toutefois des risques économiques et non des effets déjà mesurés. Les décisions de la Fed et de la BCE ne provoquent aucune modification automatique du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie. Leur impact dépendra de la durée du resserrement monétaire, de l’évolution des devises, des prix de l’énergie et des conditions de financement effectivement appliquées à la Tunisie.

Information financière : le CMF engage des procédures judiciaires en référé contre plusieurs sociétés cotées
BOURSE

Information financière : le CMF engage des procédures judiciaires en référé contre plusieurs sociétés cotées

16/09/2026 23:00 10 vues Par Tera Finances

Le Conseil du Marché Financier (CMF) durcit le ton face aux manquements des sociétés cotées à leurs obligations d’information financière. Dans un communiqué publié le 15 septembre 2026, le régulateur annonce avoir engagé des procédures judiciaires en référé à l’encontre de plusieurs sociétés en infraction pour défaut de tenue de leurs assemblées générales ordinaires et de publication de leurs états financiers. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’action du CMF pour faire respecter les échéances légales et réglementaires qui encadrent l’information périodique et obligatoire des sociétés cotées. Vingt sociétés cotées sur 75 n’ont pas respecté les délais. Dans le cadre du suivi de la publication des états financiers intermédiaires relatifs au premier semestre 2026, le CMF indique avoir constaté que 20 sociétés, sur les 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis, n’ont pas respecté les délais légaux applicables. Ainsi, plus d’une société cotée sur quatre, soit 26,7 % de la cote, n’a pas publié ses comptes semestriels dans le délai réglementaire. L’article 21 bis de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier dispose que les sociétés dont les titres de capital, ou donnant accès au capital, sont admis à la cote doivent déposer et publier leurs états financiers intermédiaires au plus tard deux mois après la fin du premier semestre de l’exercice comptable. Pour les comptes arrêtés au 30 juin 2026, l’échéance réglementaire intervenait donc le 30 août 2026. Le CMF relève que, pour plusieurs sociétés, les retards ont largement dépassé le délai légal et raisonnable. La situation ne peut dès lors plus être assimilée, selon le régulateur, à un simple retard ponctuel ou occasionnel. Les sociétés concernées appartiennent par ailleurs à plusieurs secteurs économiques représentés à la Bourse de Tunis. Six banques parmi les sociétés retardataires Selon le décompte effectué par Tera Finances, six banques figurent parmi les 20 sociétés cotées qui n’ont pas publié leurs états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026 dans les délais réglementaires. À la date du 16 septembre 2026, deux de ces six banques n’avaient toujours pas publié leurs états financiers intermédiaires relatifs au premier semestre. La présence d’établissements bancaires parmi les sociétés retardataires revêt une importance particulière. Les banques occupent en effet une place centrale dans le financement de l’économie et représentent une composante majeure de la capitalisation et de l’activité de la Bourse de Tunis. Des procédures judiciaires pour défaut de tenue des AGO et de publication des comptes Le principal enseignement du communiqué réside dans l’annonce de l’engagement de procédures judiciaires. Le CMF indique avoir engagé des procédures en référé contre plusieurs sociétés en infraction pour deux types de manquements : le défaut de tenue des assemblées générales ordinaires appelées à statuer sur les états financiers et la non-publication desdits états. Les états financiers annuels des sociétés faisant appel public à l’épargne doivent être publiés au plus tard quatre mois après la clôture de l’exercice comptable. Cette obligation résulte notamment des articles 3 et 3 bis de la loi n° 94-117. Les obligations de dépôt et de publication s’appliquent également aux états financiers annuels consolidés des sociétés tenues d’en établir, conformément à l’article 21 ter de la même loi. Par ailleurs, l’article 275 du Code des sociétés commerciales prévoit que l’assemblée générale ordinaire doit se réunir au moins une fois par an et dans les six mois suivant la clôture de l’exercice comptable. Pour les sociétés dont l’exercice coïncide avec l’année civile, les comptes annuels doivent ainsi être publiés au plus tard à la fin du mois d’avril et l’assemblée générale ordinaire doit se tenir au plus tard à la fin du mois de juin. Le communiqué ne précise ni le nombre ni l’identité des sociétés faisant l’objet des procédures judiciaires. Il ne permet pas non plus d’affirmer que les sociétés visées correspondent nécessairement aux 20 entreprises ayant publié tardivement, ou n’ayant pas encore publié, leurs états financiers intermédiaires au 30 juin 2026. Les procédures annoncées concernent spécifiquement le défaut de tenue des assemblées générales ordinaires appelées à statuer sur les comptes annuels et le défaut de publication de ces comptes. Le juge des référés peut ordonner le respect des obligations légales Le recours au référé permet au CMF de saisir le président du Tribunal de première instance de Tunis afin d’obtenir rapidement des mesures contraignant les sociétés concernées à respecter leurs obligations. L’article 44 de la loi n° 94-117 prévoit que le président du Tribunal de première instance de Tunis peut, sur demande motivée du président du CMF, ordonner par voie de référé à toute personne dont les agissements contraires aux lois et aux règlements sont susceptibles de porter atteinte aux droits des épargnants d’y mettre fin. Le juge peut également ordonner aux personnes concernées d’accomplir ce qu’exigent les lois et les règlements et prendre les mesures conservatoires nécessaires à l’exécution de son ordonnance. Le CMF dispose ainsi d’un fondement légal lui permettant de demander à la justice de contraindre les sociétés en infraction à tenir leurs assemblées générales ou à publier les informations financières exigées. Les principaux délais applicables aux sociétés cotées Le tableau élaboré par Tera Finances présente plusieurs échéances importantes en matière de publication de l’information périodique et obligatoire des sociétés cotées. Il a été établi principalement à partir de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier, telle que modifiée et complétée, ainsi que du Code des sociétés commerciales pour le délai de tenue de l’assemblée générale ordinaire. Source : élaboration Tera Finances à partir notamment de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier et du Code des sociétés commerciales. Des justifications jugées « non sérieuses et non recevables » Le CMF adopte un ton particulièrement ferme à l’égard des explications présentées par certaines sociétés pour justifier leurs retards. Le régulateur considère que les justifications avancées sont « non sérieuses et non recevables », particulièrement lorsqu’elles émanent de sociétés cotées, tenues de faire preuve du plus haut niveau de rigueur, d’organisation et d’anticipation. Les difficultés ou contraintes internes à une entreprise ne peuvent, selon le CMF, constituer un motif valable pour retarder la publication d’une information dont les investisseurs ont légalement le droit de prendre connaissance dans les délais impartis. Le CMF entend utiliser l’ensemble des moyens à sa disposition. L’article 32 de la loi n° 94-117 charge le CMF de s’assurer que les publications prévues par les dispositions législatives et réglementaires sont régulièrement effectuées par les sociétés et organismes faisant appel public à l’épargne. Dans son communiqué, le régulateur prévient qu’il continuera à recourir à l’ensemble des moyens que lui confère le cadre légal et réglementaire afin d’amener les sociétés cotées à respecter leurs obligations. Cette démarche vise à garantir la discipline en matière de publication des états financiers annuels et intermédiaires ainsi que des indicateurs d’activité trimestriels. Au-delà du respect formel des échéances, la disponibilité d’une information financière régulière et suffisamment rapide constitue l’un des fondements de la transparence du marché, de l’égalité d’accès à l’information et de la protection des investisseurs. Des retards prolongés privent en effet le marché de données indispensables à l’évaluation des sociétés cotées et sont susceptibles d’accentuer l’asymétrie d’information entre les différentes catégories d’intervenants.

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